L’ IMMACULEE CONCEPTION

L ‘ IMMACULÉE CONCEPTION

 

 

Marie incarne pour le chrétien l’immaculée conception ; quelque chose que l’esprit de l’homme ne peut concevoir… Elle « qui avait été accordée en mariage à Joseph », se retrouve dans l’étonnement lors de la visitation de l’archange Gabriel, le messager de Dieu, venu lui annoncer l’enfantement d’un fils qui siégera sur le trône de David. « Comment serait-ce possible, puisque je ne connais pas d’homme ?» affirme Marie.

En fait ce que veut dire Marie c’est : «  je ne suis pas Homme (à l’image et à la ressemblance de Dieu) pour que le masculin de mon être épouse le féminin de mon être et enfante la Vraie Vie ». « Je ne suis pas Homme à faire naître en moi comme en l’autre de la vie ! ». Cette humilité de Marie la place sous le regard et la Volonté de Dieu pour en faire une Matrice de la Vraie Vie pour le monde, et d’une simple personne la Mère de tous les Hommes…

« Dans l’ordre des principes divins qui nous construisent, la maternité précède le mariage ! Dans cette perspective seule peut-être appréhendé le mystère chrétien de la virginité-maternité de Myriam, de celle qui unit en elle le monde divin Mi à celui de la Création Ma, reconstituant les Eaux matricielles primordiales Mayim ». Annick de Souzenelle.

 De ces Eaux naît le Fils divin. Alors Marie est couronnée : épousée de Dieu ; distingués l’un de l’autre sans être séparés, le Père et sa Création, sa Fille bien-aimée. A l’instar de Jésus devenu Christ, Nouvel Adam de l’Humanité, Marie devient la Nouvelle Eve (la Vivante).

Chacun de nous est vierge d’Israël, demeurant stérile jusqu’ à la pleine maturité de sa virginité : le détachement immuable! Mais tout être peut s’éveiller à sa véritable vocation, et la vierge-mère peut alors être épousée de Dieu – père. Ce mystère de la vierge-mère est commun à la conscience de tous les peuples. Il s’exprime dans leurs livres sacrés, leurs chants, leurs danses, leurs iconographies. Il s’exprime dans leur inconscient collectif par un comportement extérieur obéissant à un instinct compensatoire de la vocation intérieure non assumée. Une telle relation paraîtrait incestueuse si elle ne relevait pas d’une relation Père-fille, purement ontologique de la Création pour toute l’Humanité. Le sens de la naissance de Jésus à Bethléem, ce qui signifie la demeure de Dieu, nous est donné par Jean, 1 : « Celui qui demeure en lui voit le Fils comme le Père demeurer en lui ; et sa maison est une demeure de Dieu ! »

Par sa soumission à la Parole de Dieu et l’Incarnation du Verbe de Dieu qui s’ensuit, Marie signifie la toute-puissance de Dieu à travers l’Homme intérieur…La Jérusalem terrestre de son cœur est pénétrée de la Lumière de la Jérusalem céleste : toutes les réalités d’en haut deviennent les réalités d’en bas. Le monde phénoménal est éclairé de la Lumière du monde nouménal ; l’éphémère se transforme en éternel à la Lumière des 12 tribus d’Israël et des douze Apôtres. C’est pour cette raison que la fête de l’Immaculée Conception se situe le 8e jour du 12e mois de l’année. C’est la porte de passage de la finitude terrestre à l’infinitude céleste (le 8 : la verticalité de l’être que ne retrouve que l’Homme retourné à son cœur avec le « Viens et suis-moi » de Jésus…)

L’immaculée conception c’est ce que l’homme extérieur, étranger à son cœur, ne peut concevoir. La conception d’un enfant, au regard de Dieu, ne peut se concevoir qu’avec le cœur. « S’il faut 9 mois pour faire l’enfant extérieur il faut une vie toute entière pour faire l’enfant intérieur » dit Annick de Souzenelle. L ‘enfantement de la vie éternelle ne se fait, depuis la venue du Christ et dès cette vie sur terre, qu’au cœur de l’Homme, avec le cœur de l’Homme rempli de l’Amour de Dieu…

L’Immaculée Conception est aux yeux de l’Initié, du disciple, contenu dans le Saint Nom de Dieu : YHWH ; du Masculin de l’être unit au Féminin de l’être pour recevoir la Lumière(le Yod) et enfanter la Vie. Le Christ au cœur de l’Homme est ce « Soleil de Justice »que l’humanité toute entière attendait pour le pardon du péché originel et le retour au Père. « Ce n’est plus moi qui vit c’est le Christ qui vit en moi » dit Saint Paul dont la conversion (« Qui m’aime me suive… ») nous ramène à l’Espérance vivante de Dieu.

L’Immaculée Conception n’appartient qu’à Dieu : Elle émane de Dieu- manifeste Dieu-ramène tout à Dieu ! Elle est Sa Volonté au-delà de toute volonté. Elle n’est là que pour rappeler à l’Homme l’exigence de sens absolu qui l’habite : d’abandonner sa créature (sa création) pour redevenir à l’image et à la ressemblance de Dieu, créateur… « Vous devez renoncer à tout  ce que vous avez, à tout ce que vous êtes y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde dit Jésus  aux Apôtres ». La croix c’est la Sainte Trinité ; c’est l’Arbre de Vie qui porte l’Espérance, la Foi et la Charité de Dieu.

Et bien au-delà encore, c’est quand l’Homme repasse du créé à l’incréé qu’il retrouve l’image qu’il était bien avant qu’il ne soit, pour un retour à un face à face avec Dieu ! L’ordre de la Genèse est rétabli en vue de la Création… Et le retour à l’Un, Son Au-delà.