LES   QUATRE  MORTS

 

 

Si la mort physique est la destinée de chacun sur terre, à plus ou moins long terme, l’âme et l’esprit sont voués à d’autres morts selon le degré de conscience de l’être…

La mort physique appartient à la nature même de l’être, qu’elle soit minérale, végétale, animale ou humaine, selon la théorie de l’impermanence des choses, la théorie de l’évolution, de l’éphémère de la manifestation ; comme le soulignent les Bouddhistes : « Naître c’est commencer à mourir ! »

On pourrait, dès lors, pousser le raisonnement inverse que: mourir c’est commencer à vivre !

En fait, la justesse de la réflexion, ne peut se réaliser qu’en terme de dynamique, d’ « énergies », de potentialités de passage d’une porte qui ouvrirait sur le manifesté ; et d’une autre porte qui ouvrirait sur le non- manifesté. Une, qui nous mènerait dans la manifestation ; l’autre, au-delà de la manifestation.L’une qui nous tournerait vers l’extérieur ; l’autre vers l’intérieur. L’une qui demande la vue avec des yeux de chair ; l’autre qui exige la vision du cœur.Le besoin de voir s’efface devant la  grâce de la vision du cœur : « Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu !»

 

Accueillir la Mort comme un principe et non comme un simple état de fait, c’est comme accueillir un enfant lors de sa venue sur terre et le voir se transformer de jour en jour. Et si la marche du corps matériel (du corps manifesté) se fait dans l’horizontalité ; la marche du corps spirituel, s’effectue dans la verticalité.

Au-delà de toute croyance ou incroyance, fruits de la pensée humaine, qu’il est doux d’écouter avec le cœur la Parole du Christ affirmant que : « Maintenant tout se passe sur la Terre comme au Ciel » ; que  l’Unité (divine-universelle) triomphe toujours de la dualité (terrestre- humaine) !

« Je suis le Chemin- la Vérité- et la Vie » dit le Christ : l’Amour a vaincu la mort.

Ainsi, il est difficile de séparer, lors de la mort d’un proche, ce qui tient à l’accompagnement du mourant, de ce qu’il nous amène à vivre ; tant sa présence se fait de plus en plus pressante dans notre cœur !

 

Au delà du principe universel de la mort physique, dans lequel nous pouvons tous nous retrouver, le paradoxe de la Mort c’est d’offrir aux hommes 4 possibilités de vivre : Une vie strictement matérielle, conditionnée par sa relativité au fait.

           Une vie purement spirituelle, définie par le seul désir d’établir l’unité avec ses semblables.

           Une vie qui engloberait une partie de chacune de ces deux formes de vie terrestre.

           Une vie essentielle, consacrée à la prière de l’Au-delà, par la méditation, pour le bien de toute l’humanité.

 

La Mort comme la Vie mène à des transformations que les bouddhistes appellent « Bardos » : avant la mort- au moment de la mort- après la mort. Elle est comme l’enfant qui se transforme et nous transforme, pour nous transporter dans l’Univers de la Présence : un Au-delà de ce qui apparaît encore quelquefois, pour ceux qui n’ont pas reçu encore la Grâce de l’élévation, comme une absence.L’élévation ne se faisant en effet qu’au cœur de l’être, dans un coeur-à-coeur avec l’Autre. « Qui s’élèvera sera abaissé ; qui s ‘abaissera sera élevé ! ». L’absence de fait, devient présence au cœur de  l’être.

La seule vue de la chair, abaisse la conscience de l’homme ; la vision du cœur, l’élève…

 

 LA MORT MATERIELLE

 C’est la perte de l’âme et de l’esprit, par l’intellect et ses discussions stériles, la rationalité d’une vie relative au fait, esclave du fait ( du Satan).C’est le désir de biens matériels, de plaisirs, de désirs compensatoires de vides, de manques, d’absences, dans sa relation à soi, dans sa relation à l’autre. C’est la fuite du temps personnel, conjugal, familial, dans la profession de la quête du pouvoir intellectuel, social,économique, politique, religieux…etc.C’est  le mode d’existence de « l’enfant de l’homme ».

N’ayant plus la connaissance des valeurs morales, sous-tendues par les valeurs spirituelles, l’insouciant, l’inconscient, ne fait que courir après son besoin de reconnaissance.C’est l’homme extérieur qui court à sa ruine et précipite, par là, le monde en enfer. « On court précipitamment et on tombe dans les filets, les fosses, les pièges à la manière des animaux sauvages ; nul ne peut échapper »Livre de la Sagesse de Confucius.

« L’homme extérieur court à sa ruine. L’homme intérieur se renouvelle sans cesse. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme ». Lettre aux Hébreux(10), Saint Paul.

La mort matérielle symbolise « la chute de l’homme en enfer » par sa volonté égotique de servir ses intérêts. Elle est la cause constante de la tristesse de ce monde qui s’égare à la recherche de biens existentiels, sans se préoccuper de la sagesse  des anciens et de la jouissance d’un cœur rempli d’amour…

 

La mort matérielle est responsable de la plupart des morts physiques : la mort due à la folie meurtrière des hommes- la mort obligée ou subie des fatalités-la mort libératrice des douleurs morales ou physiques.

               

                        -La mort due à la folie meurtrière : Depuis des générations, pour ne pas dire depuis toujours, l’homme qui a perdu la volonté du culte de la vie, a le culte de la mort…Né lui-même dans un monde de plus en plus mortifère, ses enfants ont de plus en plus en plus le culte de la mort : leur ego s’empare du pouvoir eux-mêmes de mourir et de tuer ce monde au lieu d’être tué par lui. Les morts personnelles (les absences de père et de mère), entraînent les morts conjugales, familiales, sociales, culturelles, économiques…etc, plongeant l’enfant, dès sa naissance, dans un monde mortifère.La médiatisation à outrance de la mort détourne de plus en plus les humains, dès leur plus jeune âge, de la médiation de leur cœur. Ils peuvent de moins en moins, au fil des générations successives, passer la « Porte des hommes » : celle de leur intériorité. Le formatage collectif, au nom d’un principe d’égalité, empêche le développement de la personnalité même de l’enfant, de la personne qu’il est censé devenir ! Il n’a plus de propre vie ; de vie « propre », pure, simple, véritable…La culture de la « res publica », de la chose publique, ne lui permet plus de se plonger dans les eaux du Baptême, de la libération, de la purification, de la simplification de sa vie.Tout est de plus en plus dur pour lui, impossible, infernal. Les générations qui ont précédé sa venue sur terre ont continué à faire le choix de la mort ; Que la mort, en effet, est généreuse : elle nous évite d’écouter, de voir, de comprendre, pour être, dire ou faire. Qu’il est doux et agréable, sur le moment, de se contenter d’exister sans vivre, sans bouger, changer, évoluer, progresser, en attendant je ne sais quoi, sinon la fatalité !

L’homme moderne depuis son plus jeune-âge joue, tellement, virtuellement, à tuer l’autre, qu’il finit par ne plus «  vivre » que pour le tuer réellement.

Le degré grandissant de l’insouciance, de l’inconscience , de l’incapacité à aimer leur propre vie, fait, des parents « des animaux privés de raison » disait Maître Eckhart au Moyen-âge, et de leurs enfants des monstres  au service de la violence !

C’est par le retour aux valeurs spirituelles de la religion, que les hommes redeviendront de véritables hommes avec des valeurs morales qui recréeront des valeurs familiales, sociales, universelles de sagesse et d ‘amour.

« Le malheur pour l’homme c’est son inculture » dit Platon. Le malheur, encore plus grand, tient au fait que l’intellect de l’homme, son ego, s’est emparé du pouvoir de la culture au détriment de l’esprit.

Mais le drame essentiel de l’humanité c’est son ignorance des Commandements de Dieu, et par voie de conséquences de leur vécu. Cela tient au fait que dans un monde matériel , les seuls dieux sont l’argent et le sexe. Un monde qui voudrait nous faire croire qu’il n’y a plus de place pour le salut de l’âme ou l’amour de son prochain…

 La laïcité de nos différentes républiques est venue proposée un nivellement des valeurs dans un totalitarisme égalitaire strictement horizontal, autrement dit complètement mortifère.La laïcité n’étant que le laïcat (l’ horizontalité comme la verticalité, l’horizontalité et la verticalité) amputé de la spiritualité. C’est le monde de la science (le savoir intellectuel) sans la connaissance (fruit de l’élévation de la conscience).C’est le monde de la division, de la séparation, de la dualité, génératrices des guerres idéologiques, engendré par le reniement de la spiritualité des hommes dans le combat à mener pour « le vivre ensemble ». La religion c’est ce qui relie ; il n’y a donc pas de guerres de religions, comme les commentateurs de l’existence continuent à l’affirmer . Ce n’est pas la religion qui fait peur aux hommes ; ce ne sont pas des hommes qui vivent en eux, avec eux, pour eux, comme avec l’autre, pour l’autre, qui peuvent contribuer à la destruction de ce monde ! Ce sont les hommes de la religiosité, du sentiment religieux, qui s’accaparent le pouvoir « religieux » et entraînent des guerres qui ne servent toujours qu’au profit de quelques uns aux détriments de tous les autres.

Le combat de l’être religieux ? Il est intérieur. « Point de salut sans combat dans son intériorité » dit Saint Augustin.Il n’est pas d’aller faire la guerre ; ou de riposter à la guerre par la guerre. «  Cessons de tourner en rond autour du fait prenons le rayon qui nous ramène au centre » dit Plotin. « Là où il y a de la haine, de la colère, de l’agressivité, il faut mettre de la paix, de la sagesse, de l’amour ». « L’amour est fort comme la mort » : comme la mort nous coupe de la vie, l’amour nous coupe de la mort . Cantique des cantiques, ch 8.

Tant que l’homme ne combattra pas intérieurement son ego, il n’aura pas l’humilité, la simplicité, pour vivre dans l’amour et le respect de l’un comme de l’autre.

Dans l’horizontalité de l’existence, tout est prétexte pour la division, la séparation, la dualité ; dans la verticalité de l’esprit, tout fait est matière à un écoute nouvelle, une vision nouvelle, pour transcender le fait (la libération, la purification) et recevoir la Lumière pour créer une vie meilleure, un monde meilleur…

 

                                   – La mort obligée (ou subie) : Dans une vie de servitude, d’esclavage du monde moderne ; dans une vie toujours relative au fait, en fuite dans des terres extérieures à la recherche de systèmes compensatoires aux vides, manques, absence de lui en lui, absences d’écoute, de vision de ce qui est juste et bon , l’homme fait inconsciemment le choix du fait par rapport à son propre fait. Il se vide « de sa substantifique moelle » disait Rabelais, de sa capacité à vivre en lui. Sa vie est faite d’obligations, de contraintes, de goûts, d’envie, de besoins, égotiques qui le mènent au mal, au mal-être, à la maladie et assurément à la mort ! C’est la victimologie de l’homme de son propre négatif. C’est le culte du fait qui nous fait faire le choix inconscient de la fatalité. C’est la mort obligée avant l’heure…c’est la conséquence de tout ce qui nous arrive,maladies, accidents, drames, catastrophes. « En ce qui concerne les actes dont nous ne sommes apparemment responsables : les calamités naturelles, les tourments occasionnés par autrui, les maladies, les accidents ; ces faits ne sont dus ni au hasard, ni à une volonté divine, ni à une prédestination inéluctable. Elles sont la conséquence de nos propres actions : des flèches que nous avons tirées et qui reviennent sur nous ». «  Il n’y a pas de bien ni de mal, il n’y a que le bien et le mal que nos pensées et nos actes engendrent ; nous sommes responsables de nos vies comme l’architecte, l’intention, et le maçon, l ‘acte, répondent de la qualité d’une maison ! » dit Matthieu Ricard, moine tibétain. Pour cette raison les bouddhistes nous disent que «  passer du sommeil à l’éveil, c’est veiller à toujours être dans l’esprit, pour ne pas tomber dans le jeu du fait. »

                           

                           -La  mort libératrice : c’est la mort qui vient libérer le corps psychique ou physique de douleurs devenues insupportables pour le commun des mortels. Ces douleurs reflétant elles-mêmes toutes les autres douleurs : mentales, morales,affectives, comportementales, conjugales, familiales, sociales, matérielles, professionnelles…etc.L’accumulation de tous les maux rend parfois la douleur  tellement atroce qu’ elle amène au désir de la mort tant de la part du mourant, qui attend la mort comme une délivrance, que de la part des accompagnants qui ne peuvent plus supporter la déchéance de l’humanité de l’être cher. Cette seule constatation du fait, pose la question récurrente de l’euthanasie, pour tous ceux qui n’ont pas la symbolique de la vie, qui confondent toujours existence et vie ; et qui ont perdu, depuis des générations, la notion de l’âme et de l’esprit.

C’est ce sens de la vie, qui  a permis la mise en place de soins palliatifs, pour rendre le passage de la vie terrestre à la mort, le plus « confortable »possible. Ils excluent complètement le maintien artificiellement en vie, par une « machination » de prouesses technologiques, d’un être cliniquement mort !

La mort imminente, ou réelle, met le praticien à l’épreuve de sa volonté, de son courage, de sa force, de son autorité, dans l’aide si nécessaire à apporter aux proches. C’est sa connaissance de la vie, son combat quotidien pour la préserver le mieux possible, le plus longtemps possible, qui lui procure la force de sa vocation à la vie de l’autre ; et à ceux qui l’entourent.Devant la mort, encore plus que face à la maladie, le docteur fait place au médecin qui remédie aux maux de l’âme et de l’esprit…

Mais le médecin d’aujourd’hui, dans son vrai rôle préventif, devrait, pour cela, redevenir le prêtre qu ‘il était autrefois ! « Prêtre au sens de guide et de maître, et non pas, d’arbitre de la morale » dit A. de Souzenelle, dans le symbolisme du corps humain. Et, « c’est par l’effet d’un véritable renversement de la vapeur qu’il aurait, tout d’abord opéré en lui-même, que ce maître pourrait amener l’autre à stopper son processus d’involution et le mettre ensuite sur un chemin d’évolution. Toute autre médecine laisse l’homme dans une impasse, ou sur un palier nécessaire pendant un temps, mais qui de toute manière appelle toujours un autre palier. »

Pour cette raison, «  l’être spirituel est le médecin de sa vie, et celui qui est en capacité d’opérer la rupture, n’a plus besoin d’être opéré ». Cette rupture n’étant rien d’autre que le passage du besoin à la nécessité. Il ne s ‘effectue qu’avec l’aide d’un guide, d’un maître, dont la présence n’a pour but que de nous amener à cette dimension en nous-même. La présence du maître n’étant là que pour nous sauver d’un ego qui condamne la vie en nous comme autour ; la force de l’ego est de nous en nous amener à penser ou à croire, ou à nous penser ou à nous croire, parce que l’on n’est pas !

« Le Maître est un compagnon, un garde-fou ; car l’ego est tellement puissant qu’il peut nous égarer à chaque instant et celui qui a la prétention de cheminer seul à toutes les chances de se perdre ! »dit Khaled Bentounès , Maître soufi. Le maître est l’accompagnant de la vie pour la Vie :de la vie qui précède la mort ; de la vie du défunt après la mort ; de la vie de tous ces proches…Ces trois temps sont les trois « bardos » des bouddhistes : le temps avant la mort- le temps de la mort-le temps après la mort. « A côté des dépouilles mortelles se tiennent toujours des dépouilles vivantes » dit Sogyal Rinpoché, dans le Livre tibétain de  la vie et de la mort. Dépouillé de l’écoute et de la vision de la sagesse et de l’amour, l’homme existe mais ne vit pas. Il n’est plus le maître de la création, tel qu’il a été créé dans le Livre de la Genèse, il est devenu esclave de la matière… 

 

La mort matérielle concerne « l’enfant de l’homme ».

 

 LA  MORT  SPIRITUELLE

 « Qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car  déjà il passe de la mort à la vie…L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix : alors ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre ; ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. » Jean 5, 17-30

 » Amen, Amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Jean 12, 24-26

« Il faut mourir au fait, pour  ne pas mourir dans le fait… »disent les théologiens. Il faut mourir au fait, signifie le détachement du fait : le non-besoin que dans le fait les choses se passent de telle manière qu’elles satisfassent notre ego, notre besoin.

« L’esprit perd sa liberté et gémit sous un lourd fardeau, toutes les fois qu’il se charge des choses terrestres et fragiles. N’est-ce-pas là en effet un lourd fardeau qui rend l’esprit aveugle et débile, qui lui enlève toute sa force et toute sa vertu ? Qu’il y renonce donc, qu’il rejette bien de lui tout fardeau terrestre, s’il veut être noble et libre, car seule la pauvreté est libre de tout. Seule, par conséquent ,elle est la véritable grandeur de l’âme ; seule, la vraie liberté.

Cette liberté est un complet détachement, un entier dépouillement de tout:elle s’étend jusqu’à l’éternité. Sans doute, l’être qui ne dépend de rien, qui n’a besoin de rien, est propre à Dieu et à Dieu seul ; c’est pourquoi la pauvreté est est une qualité de l’être et non de la créature ordinaire.Voilà pourquoi c’est aussi une vraie liberté.Un esprit libre a renoncé à tout ce qui est périssable et créé, il est entré dans le bien incréé qui est Dieu Lui-même ! ( Le livre de la pauvreté spirituelle de Jean Tauler)

La mort spirituelle est le temps de la méditation des « orientaux », de ceux qui réorientent leur vie vers leur cœur. Il consiste à ramener l’esprit en lui-même, à porter une attention particulière, princeps à sa vie intérieure. La méditation est un état de calme, vigilant et spacieux.

La pratique de l’attention, grâce à laquelle nous ramenons en lui-même l’esprit dispersé et rassemblons ainsi les différents aspects de notre être, est appelée « demeurer paisiblement » par les bouddhistes. Cette pratique permet d’accomplir trois choses : -Premièrement, les divers aspects fragmentés de nous-mêmes, qui étaient en conflit, déposent leurs armes, se dissolvent et s’harmonisent. L’être intérieur commence alors à apercevoir la splendeur de sa nature fondamentale.

                      -Deuxièmement, la pratique de l’attention désamorce notre négativité, notre agressivité et la turbulence de nos émotions, héritées directement de notre manque d’initiation et des nombreuses vies qui ont précédées la notre. Plutôt que de les refouler ou de nous y complaire, il importe ici d’en reprendre le pouvoir, la maîtrise, avec une sympathie, une générosité et une reconnaissance aussi ouvertes et vastes que possible.  Tout malheur est bon quand on sait l’interpréter. La bonne interprétation est celle de la vie qui s’offre à partir du fait dans l’au-delà du fait ; du fait qui n’est plus subi mais transcendé. « Cette générosité est si chaleureuse, si douce et si agréable qu’on se sent enveloppé et protégé par elle comme par un manteau de soleil » disent les maîtres tibétains.

                       -Troisièmement, cette pratique dissout et élimine en nous le mal et la dureté, dévoilant et révélant ainsi notre Bon Coeur fondamental. Alors seulement commencerons- nous à être utile à autrui. Nous aurons quitter notre «  tunique de peau », l’apparent, le futile, pour revêtir l’essentiel : le Christ. L’essentiel, l’utile c’est l’Amour. «  En supprimant graduellement en nous toute dureté et agressivité grâce à la pratique de l’action, nous permettrons à notre Bon Cœur authentique, à cette Bonté fondamentale- notre vraie nature- de resplendir et de créer l’environnement chaleureux au sein duquel s’épanouira la vie de tout être véritable »dit Sogyal Rinpoché. La méditation est une cause puissante d’éveil de soi-même pour autrui! En effet, l’esprit ordinaire ne reçoit que des apparences d’intensité et de profondeur très différentes de la nature de l’esprit.

 Le travail de libération de notre vie de son conditionnement au fait, lui permet de passer la porte des hommes, celle de l’intériorité, et quitter la terre d’exil, de la servitude, pour rentrer dans celle de la maîtrise. C’est le passage de l’insouciance, de l’inconscience, de l’incapacité, de l’irresponsabilité, à la volonté, le courage, la force, le pouvoir de prendre de plus en plus, de mieux en mieux, toutes ses responsabilités.

« Laissez venir à moi les petits enfants » dit le Christ. L’enfant plongé dans les eaux du Baptême, passe de la mort à la vie, par la libération et la purification (l’eau, la vie) de son âme et de son esprit, du péché originel, la tentation de l’extériorité qui entraîne sa chute. « Si,par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. »Romains 6,4. Grâce au Baptême, la Résurrection apparaît, dès cette vie sur terre, dans le « Ici et Maintenant » du Christ, comme la possibilité de revivre en soi, selon Sa Parole : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». L’intériorité de l’homme est la transcendance de son humanité.

C’est le temps de la Passion du Christ, du redressement de l’homme, de son passage de l’horizontalité à la verticalité, de son retour à la conscience, de son élévation spirituelle (sa croissance) qui définit le « lèves-toi et marches » du Christ au paralytique. L’homme responsable est un homme debout et en marche, qui chaque jour, franchit de nouvelles étapes dans sa vie, dans sa relation à lui comme à l’autre. Il réoriente sa vie par une marche libératrice vers son cœur, l’ « orient » de sa vie. C’est une résurrection, une capacité retrouvée à vivre en lui, avec lui, pour lui ; « charité bien ordonnée commence par soi-même! » ; C’est « l’Ordo ab Chao »:l’ordre intérieur dégagé du désordre extérieur. Chaque détachement d’un fait, est une mort et résurrection. Ces morts et résurrections successives transforment l’homme pour que le monde se transforme autour de lui !

La mort spirituelle est une libération croissante  qui mène l’Homme à l’unité de la vie en lui, avec lui, pour lui, en vue de s’unir de plus en plus, de mieux en mieux, au monde.C’est le retour au Vivant (à l’être qui vit « en »lui). « L’homme ordinaire est en vie. Seul le sage est vivant » ; dit Sénèque dans la vie heureuse.

La mort spirituelle est le Chemin de la Sagesse ; c’est la mort initiatique qui ramène l’Homme au Christ (au cœur de lui-même) ; c’est la mort symbolique, qui redonne du sens à la vie par le détachement du fait. C’est l’Exode du peuple juif : du peuple qui quitte la Terre d’exil (l’extériorité) pour la Terre sainte (l’intériorité).Elle libère l’homme des goûts, des envies, des besoins,des illusions, des sentiments, des concepts intellectuels, de son ego, pour vivre le sens de la nécessité du devoir (des deux voirs)…

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »Jean 3, 35-36.

« Écoutes Israël ! Quand donc écouteras -tu ma Parole avec ton cœur ? Sans quoi il n’y aura sur cette terre que pleurs et grincements de dents » Deut, 8.

 

« Tout au long de l’histoire, les saints et les mystiques ont paré leurs réalisations de  noms divers et leur ont donné des visages et des interprétations variés ; mais fondamentalement, leur expérience est celle de la nature essentielle de l’esprit. Les chrétiens et les juifs l’appellent « Dieu », les hindous « le Soi », « Shiva », « Brahman », « Vishnou » ; les mystiques soufis la nomment « l’Essence cachée » et les bouddhistes « la Nature de Bouddha ». Au cœur de toutes les religions se trouve la certitude qu’il existe une Vérité fondamentale, et que cette vie, ici et maintenant, offre une opportunité sacrée d ‘évoluer et de la réaliser ». (Sogyal Rinpoché)

Le mystère de la foi dès lors s’accomplit…

 

La mort spirituelle concerne «  l’enfant de Dieu ».

 

LA   MORT  DIVINE

 » Ceux qui veulent connaitre la perfection du bonheur (il n’y a pas de bonheur sans perfectionnement) et la beauté qui est cachée aux yeux des hommes, doivent cultiver cette qualité de l’amour : vous devez être détaché de tout et cependant tout aimer  »  dit Krishnamurti.

C’est la mort ontologique, génératrice et créatrice de vie. A l’écoute de Saint Paul nous disant : « ce n’est pas moi qui vit ; c’est le Christ qui vit en moi », l’Homme qui vit en christ reçoit la vision du Christ vivant et ressuscité d’entre les morts.

« Nous nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères ». (1 Jean 3-11)

L’Homme ne rencontre l’Amour Infini et Éternel de Dieu qu’en plongeant  dans l’abîme insondable de son être qui le mène à son cœur. « Vous devez renoncer à tout ce que vous avez, tout ce que vous êtes, y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde » dit le Christ aux Apôtres. La croix du Christ symbolise la verticalité de l’être ; l’esprit de l’homme tourné vers le Ciel (l’Esprit) et non vers la Terre (la Matière) . La vocation divine, c’est la voix de l’action qui participe à la création d’une vie meilleure, d’un monde meilleur. « Au lieu de chercher à plaire aux hommes, vous feriez mieux de chercher à plaire à Dieu ! » dit le Christ. « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent ». « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux! ». Pour cette raison et toute autre, le Seul et Véritable Maître c’est le Christ ! Car, « nul ne pourra retourner au Père sans passer par moi », dit Jésus. Ce qui plaît à Dieu c’est l’unité. C’est l’unité de la vie en soi comme en l’autre qui constitue le corps mystique du Christ dont Il est la tête. Cette unité de vie est le fruit de l’Amour de Dieu établi selon Ses Commandements : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force ; et, tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

« Ce qui fait que Dieu est Dieu cela repose sur son détachement impassible : de là, sa pureté, sa simplicité, son immutabilité. Si donc l’homme doit devenir semblable à Dieu, cela ne peut être que par le détachement : de là, sa pureté, sa simplicité, son immutabilité. Et ces qualités produisent une ressemblance entre Dieu et l’Homme. Cette ressemblance est produite par la Grâce, qui ne fait qu’élever l’Homme au- dessus du temporel  et le purifie de tout ce qui est passager. » dit Maître Eckhart.

Ce détachement impassible est la mort divine qui rend l’incarnation du Verbe possible. « Pourquoi Dieu s’incarne en l’Homme ? C’est pour que l’Homme devienne dieu. L’Amour manifesté en l’Homme, à travers l’Homme,est la divinité de l’Homme. C’est le pur amour, l’amour désintéressé de l’Homme pour l’homme… C’est le cœur pur, Marie, la Matrice de Feu de l’arbre des Séphiroths des Hébreux (l’Arbre de la Sagesse de l’Homme : son arbre de vie).

La mort divine c’est la vie de la symbolique opérative : celle de la Bonne Nouvelle ; celle qui consiste à l’écoute nouvelle, la vision nouvelle, pour une vie sans cesse renouvelée. « Celui qui vient à moi, n’aura plus jamais faim ni jamais soif, car il sera devenu lui-même la source d’eau vive et éternelle ». A l’écoute de la Parole, il devient le « Bon Samaritain ». C’est le passage de l’avoir à l’être…

L’amour est une grâce : c’est la Miséricorde de Dieu. « Même si  le méditant abandonne la  méditation, la méditation n’abandonne pas le méditant. »dit Dudjom Rinpoché. La méditation, la prière, ne sont pas stagnations mais actions à la source de l’action. « Celui qui se dénude de soi-même et de Dieu, est dégagé de tout agir. Alors Dieu agit Lui-même en lui, libre qu’Il est d’agir »dit Jean Tauler.

La mort divine est celle de la Transfiguration : « Croyez-moi : je suis dans le Père , et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles -mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom,moi, je le ferai. »Jean, 14.

Les «  parfaits »  sont ceux qui cherchent sans cesse la perfection : plaire à Dieu ! Car, « comment voulez-vous aimer Dieu que vous ne voyez pas, si vous n’aimez pas l’autre que vous voyez ? » dit Saint Paul.

La vie est respiration : inspiration et expiration. La mort survient quand l’inspiration ne fait plus suite à l’expiration ; quand l’expir, l ‘amour des hommes, ne reçoit plus l’inspir, la lumière de l’esprit.

 

La  mort divine  concerne « le fils de l’Homme ».  

 

LA  MORT  ESSENTIELLE

C’est la mort mystique de l’homme qui vit éternellement en christ…

Apocalypse14,13 : J’ai entendu une voix qui venait du Ciel. Elle disait :Écris : Heureux dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes les suivent ! » C’est la Grâce de l’Esprit Saint qui sauve le monde !

« Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là  qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.Quand paraîtra le christ, votre Vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire ». Lettre de Saint Paul apôtre aux Colossiens3, 1-4.

« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé !»L’orgueil de l’homme depuis la Genèse entraîne sa chute.Son humilité (sa pauvreté)permet son élévation. Le mystère de Dieu s’accomplit dans le cœur du fidèle qui a su faire taire son ego dans son retournement au Père. « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux »dit le texte des Béatitudes. L’âme de l’Homme parvenu au tréfonds de son être, est élevée par la main de Dieu à des champs de conscience dont il ne peut avoir conscience, car « comme Dieu est constitué ,l’âme l’est aussi ; car ci elle ne l’était pas , elle ne pourrait pas devenir Dieu, ni par la Grâce ni au-dessus de toute grâce. Et pourtant  l’âme doit devenir plus grande encore, à l’image de l’Amour divin »dit Maître Eckhart. C’est le Temps de la Contemplation où le cœur de l’Homme devient le Temple de l’Homme et le Temple de Dieu.

La mort essentielle, c’est la vie de l’Homme couronnée de la Sagesse et de l’Intelligence de Dieu.C’est l’esprit de l’Homme tourné vers le Ciel, à la quête du Sens qui vient du Ciel. « Demandez on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira !» Ev de Matthieu. La mort essentielle est le passage de l’être individuel à l’être personnel :celui qui prend conscience qu’il n’est personne sans l’Autre ; et que s’il n’est personne pour l’autre, c’est qu’il n’est encore personne pour lui. C’est celui qui sait Maintenant qu’il n’est personne sans les trois Personnes : le Père, le Fils  et le Saint Esprit.

La mort essentielle est la Matrice du crâne de l’Arbre des séphiroths des Hébreux : le Christ ressuscité et vivant au cœur de l’apôtre.C’est le prisme qui donne à la vie de l’homme la Seule et Véritable Lumière…

« Ne laisse jamais nos vies tout au long du jour manquer à la Lumière ; recharge-les du poids d’amour qui les entraînent vers le Père » demandent les apôtres au Christ.

La mort essentielle est la mort salvatrice qui ouvre les portes de la vie éternelle.

« Les dons que le Christ a faits, ce sont les Apôtres et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le Corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la Foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans Sa plénitude. » Éphésiens, 4.

« Même parmi ceux qui obtiennent une naissance humaine, rares sont ceux qui ont la bonne fortune d’entrer en contact avec les enseignements. Et ceux qui prennent véritablement ces enseignements à cœur et les concrétisent par leurs actes sont encore plus rares ; aussi rares, en vérité, que des étoiles en plein jour »dit Sogyal Rinpoché.

« Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec Lui dans la gloire. » Colossiens 3, 1-4  La mort essentielle est le retour auprès du Dieu Vivant … 

 » C’est en vous séparant et vous délivrant de toutes choses, en dérobant entièrement et sans réserve votre esprit à vous-même et à tout le reste que vous monterez vers le rayon suressentiel des divines ténèbres « . Jean Tauler ( Le Livre de la pauvreté spirituelle ). C’est la  » nuit mystique  » signifiée par Saint Jean de la croix.                                                                                                                                                                                                                              

 La mort essentielle concerne « le fils de Dieu ».

 

 

Les différentes morts symboliques sont autant de portes de passage à de nouveaux champs de conscience qui changent le cours de la vie des hommes sauvés par le Pardon du Père accordé au Fils sur la croix disant : « pardonnes leur Seigneur… ils ne savent pas ce qu’ils font! ».

Il faut mourir à son ego pour renaître à la vraie vie : passer de la mortification à l’ombre du fait, à la vie éternelle;de la faillite de l’être matériel, à la richesse de l’être spirituel ;de la complexité de la dualité, à la simplicité de l’unité ; du sommeil, à l’éveil de la conscience par la découverte de la symbolique ; du sentiment, à l’amour;de la sensibilité, à l’intelligence du cœur ;de l’inconscience animale, à la connaissance réelle de la nature de l’esprit ; de la chute dans les ténèbres, à l’élévation à la Conscience Suprême…

 Les bases de cet entraînement constituent ce que l’on appelle « les trois outils de la sagesse »:la sagesse de l’écoute et de l’entente, la sagesse de la contemplation et de la réflexion, et la sagesse de la méditation.Grâce à ces outils, nous sommes amenés à nous éveiller de nouveau à notre vraie nature et à découvrir, puis à personnifier, la joie et la liberté de notre être véritable – ce que nous appelons la sagesse du non-ego », dit Sogyal Rinpoché. Nous échapperons ainsi à la tragédie que constitue la chute continuelle dans l’illusion et le retour incessant dans la ronde douloureuse des naissances et des morts, des compensations et des décompensations. Cette vie représente la seule occasion et le seul lieu qui nous soient offerts pour nous préparer au salut de nos âmes, et nous ne pourrons le faire que par une pratique spirituelle assidue et fervente. « Nous devons vivre chaque jour comme si nous allions mourir demain »disent les bouddhistes. C’est la Méditation du Bouddha, la Sagesse de Confucius, l’Ésotérisme des maîtres soufis, l’Amour du Christ… qui donnent le sens de la vie sur terre : faire des mortels des vivants…

Quand l’homme redevient vivant, il rend le monde vivant et l’univers tout entier se rend vivant en son cœur : c’est une grâce de L’Esprit que de voir et de savoir que si les petits-enfants sont le fleuve, les enfants la rivière, les parents le torrent, les grands-parents le ruisseau, les arrières grands- parents la source, de la vie sur terre, et que cette source à son origine au ciel, car tout vient du Ciel, pour se jeter dans l’Océan infini de la vie. Les uns ne peuvent exister sans les autres : c’est l’interdépendance du monde essentiel et du monde phénoménal. Il ne s’agit donc pas , pour ceux que nous considérons comme disparus physiquement, de ne pas continuer à vivre…et de les voir vivants au cœur des vivants !  

 

En résumé, les trois morts sont des champs de conscience essentiels à la vie : « la mort spirituelle » est renaissance à la vraie vie, la vie intérieure, la vie en soi, avec soi, pour soi ; « la mort méditative » est accession à la vie spirituelle faite de partage et d’amour ; « la mort contemplative » est renaissance(résurrection) à la vie céleste, à l’élévation de la nature immortelle et infinie de l’esprit à la Conscience Suprême.

Blake écrit : « Si les portes de la perception étaient purifiées, toute chose apparaîtrait…telle qu’elle, infinie ».

 » Les processus de purification, aussi douloureux que nécessaires, traversent toute l’histoire; ils traversent la vie des hommes qui se sont donnés au Christ. Dans cette purification, le mystère de la mort et de la résurrection est toujours présent. Les hommes vont souvent trop loin dans leur quête d’expansion ; ce qui a trop poussé, à travers l’exaltation de l’homme, doit être, comme la vigne, émondé.  » De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus si vous ne demeurez pas en moi  » ( Jean 15, 1-8). C’est seulement à travers ces processus de mort que la fécondité se préserve et se renouvelle « . Benoît XVI

Les eaux du Baptême, l’Initiation, régénèrent la vie de l’être humain, vouée autrement à la mort, à la dénaturation, à la chute en suivant l’instinct de son animalité. Par son intériorisation, par la reconstruction du temple de sa vie intérieure, l’homme retrouve sa nature divine originelle par l’Amour du Christ, il est racheté du péché originel et élevé à la conscience de sa surnature essentielle.  » Il est vrai qu’avec le temps et petit à petit, on peut arriver à n’avoir plus besoin de mourir au péché, en ce sens qu’on aura pu atteindre un tel degré de perfection que les créatures et les hommes ne trouveront plus rien à mortifier ; on se sera tellement détaché  de soi-même  et de tout  ce qui est créé que tout sera devenu, selon l’expression de Saint Paul,  » ordure et balayure de la rue « . Mais encore faut-il convenir que cette mort multiple et variée est tellement secrète et cachée que les hommes ne peuvent en juger. Toutefois, ce qui est certain et ce qu’on ne doit pas oublier, c’est que jamais en ce monde l’homme n’arrive à un tel état de mort spirituelle, à une telle perfection de vie que Dieu ne trouve quelque chose encore à mortifier en lui. Par conséquent, l’homme pauvre et détaché de tout se livrera bien à l’action mortifiante de Dieu, mais non à celle de la créature qui ne trouve plus rien à détruire en cette âme « . Jean Tauler

N’oublions pas que nous sommes des voyageurs du temps hors du temps. La vie sur terre n’est qu’une étape ; nos corps un refuge temporaire !

                        

VEILLEZ  ET  PRIEZ

Beaucoup sont enlevés par une mort soudaine et imprévue : Car le Fils de l’homme viendra à l’heure qu’on ne pense pas. Quand viendra cette dernière heure, vous commencerez à juger tout autrement de votre vie passée, et vous gémirez amèrement d’avoir été si négligent et si lâche.

Qu’heureux et sage  est celui qui s’efforce d’être tel dans la vie qu’il souhaite d’être trouvé à La mort ! Car rien ne donnera une si grande confiance de mourir heureusement, que le parfait mépris du monde, le désir ardent d’avancer dans la vertu, l’amour de la régularité, le travail de la pénitence, l’abnégation de soi-même et la constance à souffrir toutes sortes d’adversités pour l’amour de Jésus-Christ.

Etudiez-vous maintenant à vivre de telle sorte qu’à l’heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de craindre. Apprenez maintenant à mourir au monde afin de commencer alors à vivre avec Jésus Christ. Apprenez maintenant à tout mépriser, afin de pouvoir aller librement à Jésus Christ. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les chose du monde ne sont rien. Conservez votre cœur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente.

Trop de vies donnent la mort ; alors qu’une seule mort suffit à donner toute la vie …

 

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