LEVER LE VOILE…

Lever le voile…

Dans le fait, le voile est fait pour cacher quelque chose au regard du monde ; dans l’esprit il est le symbole d’une intériorisation, d’une intimité profonde, secrète…

Il signifie une volonté propre de vivre en soi, avec soi, pour soi ; d’entrer dans une relation intime à soi, dans un véritable désir de Dieu. La religion est « ce qui relie » et charité bien ordonnée commence par soi-même !

Celui qui n’intègre pas le sens propre de sa vie ne peut intégrer ce qui fait le sens de sa vie dans sa relation à l’autre. Celui qui n’a pas intégré que celui qui n’est pas juif, (juste), qui n’écoute pas la Parole de Dieu avec son cœur, ne peut pas être chrétien et vivre dans l ‘amour de son prochain comme de lui-même selon le premier commandement de Dieu : « Aimes ton prochain comme toi-même ; car celui qui n’aime pas demeure dans la mort »Jean, 1. Et celui qui n’est pas chrétien ne peut pas être musulman(« celui qui se met sous le regard de Dieu »)selon la Parole de Saint Paul : « Au lieu de regarder les réalités d’en bas, vous feriez bien de regarder les réalités d’en haut ! ». Saint Paul annonce la troisième et dernière des prophéties !

Nous comprenons dès lors que l’intégration pleine et parfaite de la Vraie Vie se fait au cœur de l’Homme et avec son cœur et par l’élévation de son âme… « Qui s’élèvera sera abaissé et qui s’abaissera sera élevé ! »

L’intégration pour l’homme qui était étranger à son cœur et à son esprit se fait par son intériorisation et son retour au féminin de son être dans des épousailles divines, infinies et éternelles ! La puissance du masculin de son être rejoint dans sa vie intérieure la douceur et la paix du féminin de son être. L’homme intérieur est à l’écoute de Saint Paul : «  L’homme extérieur court à sa ruine ; l’homme intérieur se renouvelle sans cesse ! ».

Le voile symbolise l’intimité dans laquelle tout se crée dans sa relation à l’autre. Il oriente la vie vers la révélation de l’unité entre l’esprit, l’âme et le corps ; évitant la tentation de succomber à la  prostitution de son corps exhibé au regard de tous les autres… La revendication occidentale de la féminité consiste à ne vouer qu’un culte à son corps au détriment et au risque d’y perdre son âme.

A l’opposé de ce monde perverti par l’homme (qui ne retourne pas au Père), la féminité de certaines se voit affublée d’un carcan idéologique, intégriste : la burqa ! Elle symbolise l’emprisonnement de la volonté propre de ces femmes, la victimologie de tous, dans des pensées et des croyances diaboliques d’une masculinité vouée au culte de la mort. Cet intégrisme dit « religieux » n’est que le fruit de la non -intégration de chacun de ce qu’il est juste et bon d’être, de dire et de faire pour qu’à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme, de créature retournée au cœur d’elle-même, redevienne créateur de vie meilleure et d’un monde meilleur.

Pour l’être spirituel, la différence est source d’enrichissement ; pour l’être matériel c’est le prétexte à la séparation, l’opposition, le conflit…

Les trois religions monothéistes revendiquent le Principe d’un Seul et Même Dieu. Ces commandements sont pour son peuple élu : celui qui a été choisi par Lui pour aimer. Celui qui aime n’appartient à personne il n’appartient qu’à l’Amour c’est-à-dire à Dieu. La faiblesse de l’humanité s’exprime dans les sentiments et les ressentiments. La force de la divinité dans l’Amour : la genèse et la création d’une vie meilleure infinie et éternelle.

« Tous les chemins mènent à Rome ! » et à Jérusalem, où vivent et se tolèrent les trois communautés c’est le Grand Pardon de Dieu. Elle est le symbole éternel sur terre du Shalom (du salut) par le retournement au Je (Dieu).

Tous les sages et tous les maîtres de toutes les cultures et de toutes les traditions affirment que le salut de l’homme passe par son intériorité ; son extériorité n’aboutit toujours qu’ à l’affrontement d’égos.

Le voile de Marie est  celui de la séduction de la Grâce qui offre à l’Homme la pureté, la virginité, la fécondité infinies et éternelles…

Il faut lever le voile de l’inculture de la Parole ou de son interprétation erronée à des fins diaboliques, pour que le voile de Marie, la Mère de tous les hommes, nous dise : « Heureux les cœurs purs ; le Royaume des cieux est à eux ! » « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car Il m’a vêtue des vêtements du salut, Il m’a couverte du manteau de la Justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux ». Isaïe 61, 10. Désormais,avec le Christ, son Fils, l’Homme (tout homme) au cœur de lui-même, « Tout se passe sur la Terre comme au Ciel… » « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » et tous les voiles seront levés…Dans « l’ennuagement du cœur » le maître soufi Ruzbehan parle des 70 voiles qui mènent à Dieu. De même dans la Sainte Loi il est écrit : « Tout vous sera pardonné 70 fois 7 fois ! ». Ce qui signifie que c’est dans la Connaissance de Dieu que s’accomplit la perfection ; c’est à la Lumière de l’Esprit de Dieu ( le Yod, le 10) que Dieu établit l’Homme à Son Image et à Sa Ressemblance (le 7, la perfection).

Dans le monde matériel, la res publica, certains demandent à d’autres d’enlever le voile ! Comme si le voile musulman n’était pas le voile juif ou chrétien ? Comme si la religion s’arrêtait au palier des maisons, des immeubles ou des foyers…

Dans le monde spirituel, « lever le voile » c’est vivre :

1) en suivant la Sagesse de Dieu : en conformant sa vie à Sa Parole

2) en écoutant Sa parole avec son cœur, en incarnant Marie : la pureté, la simplicité,la fécondité…

3) en vivant selon Sa Volonté de Genèse et  de Création d’une Vie meilleure, d’un monde meilleur…

Mais, c’est encore et peut-être toujours : « Beaucoup d’appelés et peu d’élus !» Car « seulement quelques uns sont appelés à la conscience de la nouvelle humanité !» dit Annick de Souzenelle ; 

Accomplir son retour à sa divinité c’est se convertir au travail en soi, sur soi ; c’est cheminer intérieurement ; « Lever le voile » c’est s’intérioriser pour « découvrir » la beauté de son âme. Ce qui permet d’inverser l’involution en évolution personnelle, puis familiale et par voie de conséquence sociétale ; car « de vivre c’est bien encore faut-il que ce soit beau ! » disent tous les théologiens. Et ce, peu importe le chemin extérieur dicté par l’essence, la culture, la tradition ancestrale de chacun. L’extériorité n’est que le reflet de notre intériorité ; et le retour à la Justice de Dieu en son cœur, en son âme et conscience permet d’accomplir le Commandement de Dieu : « Tu ne jugeras point ! »

La non-intégration par chacun de l’écoute, de la vision, de la compréhension nécessaire à la Vie génère l’intégrisme de la haine, de la violence et de la mort. L’absence de culte de la vie engendre dans l’inconscient collectif le culte de la mort !

Lever le voile c’est intégrer le sens de la nécessité de la vie de chacun pour tous pour construire l’Assemblée constituante d’un Seul Corps dans un même Esprit…

LE TOMBEAU VIDE

LE TOMBEAU VIDE

Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc   24, 1-12

 Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.

Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.

Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.

Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol.

Ils leur dirent : « Pourquoi  cherchez – vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pêcheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.

Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.

C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux apôtres.

Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.

Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls.

Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Les aromates que portent les femmes qui vont au tombeau n’ont trait qu’au corps.

La pesanteur de la manifestation nécessite des aromates pour atténuer l’odeur de la putréfaction.

La « légèreté » de la résurrection porte en elle la délicate senteur de l’Amour de Dieu.

Jésus ressuscité signifie que la résurrection est le parfum de l’Amour de Dieu.

Le tombeau respire ce parfum de l’Amour Divin qui l’a embaumé ; et qui n’a nécessité aucun aromate …

  • Marie Madeleine symbolise la conversion.
  • Jeanne figure le féminin de l’être de Jean, le Fils de la Lumière.
  • Marie, mère de Jacques fait référence à saint Jacques, le symbole de l’Eglise.

Les trois femmes sont les Vierges noires ; et Marie qui en apparence n’est pas là, est partout à travers ces trois Marie.

Les trois femmes symbolisent le féminin de l’être (l’intériorité) et reçoivent la vision des deux hommes en habit éblouissant (la dualité), mais pas lumineux (l’unité).

C’est bien le féminin de l’être qui va enfanter la vie de l’Eglise, autrement dit le passage de la dualité à l’unité pour que nous soyons tous membres d’un Seul et Même Corps !

La pierre roulée sur le côté du tombeauc’est l’Eglise qui vit et se transforme, et ceci en sortant du tombeau, et en se libérant de tout concept religieux ! Car l’Eglise qui resterait dans sa religiosité ne serait plus religion, et resterait enfermée, prisonnière de son tombeau.

Pierre se leva et courut au tombeau signifie que Pierre est appelé et élevé …

« Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! » Saint Jean : ce qui est important dans le tombeau vide, c’est de ne plus voir ; de cesser de voir avec ses yeux de chair pour voir avec son cœur …

« Au lieu de regarder les réalités d’en bas (Pierre se pencha et vit les linges et eux seuls), vous feriez mieux de regarder les réalités d’en haut. » Saint Paul

Pierre se pencha et vit les linges et eux seuls : « Vous devez quitter votre tunique de peau pour revêtir le Christ » Saint Paul

Pourquoi alors cette incrédulité chez les apôtres ?

Parce – qu’ils étaient littéralement incroyants, autrement dit, ils (leur ego) n’étaient pas morts : leur cœur n’était pas vide de tout concept comme l’était le tombeau !

Qu’est devenu le corps de Jésus ? Il s’est transmuté, transformé, transfiguré en Corps du Christ : c’est la Pierre roulée (le Cercle qu’a défini le Point).

Le mot tombeau fait référence à celui qui tombe vers le haut, qui s’abandonne à Dieu : il plonge alors dans l’abîme de Dieu …

Par la grâce du tombeau vide, la résurrection de Jésus devient Incarnation du Verbe.

Le tombeau vide est l’invitation, pour celui qui cherche la Lumière, à passer du visible (les linges et eux seuls) à l’invisible, et grâce à Dieu voir ainsi l’invisible se rendre éternellement visible.

Pour cela, il faut être appelé, invité à rentrer dans le tombeau : c’est-à-dire mourir spirituellement.

Les apôtres n’ont pas cru ce que leur disaient les femmes parce – qu’ils n’en avaient pas encore  la vision.

La Vision n’est donnée qu’à celui qui renonce à ce qu’il est pour que Dieu soit ; à l’image des apôtres de Jésus qui ne devinrent Apôtres que par la résurrection du Christ.

C’est le symbole du tombeau vide qui fait que les apôtres de Jésus sont devenus Apôtres du Christ.

Ceci parce – qu’ils sont Apôtres pour nous, c’est-à-dire pour que nous soyons apôtres.

La Vision de Dieu est celle de l’au-delà !

Ceci préfigure le Corps Mystique du Christ, autrement dit la plénitude de la Vie Spirituelle.

« Le Christ viendra ouvrir vos tombeaux pour libérer vos âmes et vos esprits enfermés et emprisonnés dans des terres d’exil … » Saint Paul

C’est Dieu Lui-même qui a fait  rouler la Pierre ! C’est le Point qui définit le Cercle …

LE CHEMIN DE LA LUMIERE

LE CHEMIN DE LA LUMIERE

LE PREMIER JOUR : Le Principe Unique de toute chose – l’Appel- l’éveil à la conscience de la divinité endormie au cœur de l’Homme. C’est le Jour de l’Initiation au Baptême, de la conversion (du détachement) : « Laissez venir à moi les petits enfants » (les humbles de cœur et d’esprit) dit Jésus aux Apôtres. Dans les miracles du Christ, Jésus réveille ceux qui n’étaient pas morts mais seulement endormis…

LE DEUXIÈME JOUR : Le regard de l’Autre. « Saluer l’autre c’est saluer Dieu qui est en l’autre ! » affirme Saint Paul. C’est le marcher ensemble : la dualité se transforme, avec le cœur, l’Amour de Dieu, en unité de vie…Le 2 se meurt dans le 1 pour donner le 3 !

LE TROISIÈME JOUR : « Celui qui va au cœur de lui-même voit le bois du supplice se transformer en Arbre de Vie ! »Saint Paul. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit Jésus. La Sainte Trinité éclaire les pas de celui qui rentre sur le chemin du : « Viens et suis-moi ! » Le culte de la Parole vivante devient récolte de vie infinie et éternelle…

LE QUATRIÈME JOUR : La persévérance dans la constance amène à la stabilité ; La Lumière devient genèse et création : le Manifesté (le 4) reçoit le 10 (le Yod : la Lumière des Hébreux). C’est l’Arche d’Alliance, de la Présence dans la traversée du désert de l’intériorité …

LE CINQUIÈME JOUR : La Quintessence de la Vie : La main de l’Homme tendue à nouveau vers Dieu- La Main de Dieu donnée à l’Homme. La Quintessence c’est la main de Dieu qui redonne sens à la vie de l’Homme. « Vous pouvez avoir une foi à déplacer les montagnes ; sans l’Amour de Dieu vous ne faites rien ! » Saint Paul.

LE SIXIÈME JOUR : Le jour du non-encore accompli. Chaque nouveau jour (le 2) se transforme en Jour nouveau grâce à l’Esprit (le 3) : c’est la vie parfaite ; de l’être parfaitement dans l’esprit. L’Amour a vaincu la Mort. Le non encore-accompli fait passer l’Homme de la vue du fait à l’infinitude de la vision du cœur, à la Lumière de la Sainte Trinité. Le nombre se transforme en son au-delà : la multitude…

LE SEPTIÈME JOUR: Le jour du Sabbat ; le jour du repos. Le Jour de la Communion ; de l’Incorporation, de l’Incarnation du Verbe. L’Homme repose en christ, reçoit le Christ, la Lumière infinie et éternelle : « Il n’y aura plus de jour ni de nuit, ni le soleil ni la lune, mais une Seule et Même Lumière : le Christ »…  « Je suis ce que je suis » et « J’étais bien avant qu’Abraham ne fut » : le vieil Adam annonce ( la Prophétie) le Nouvel Adam ..

LE HUITIÈME JOUR : Le sens de l’Au-delà : l’élévation, la verticalisation de l’être parti à la rencontre de l’Être suprême.  C’est le Jour de la Résurrection (le 8 : l’Infini céleste) avec le Christ Vivant et Ressuscité d’entre les morts ; et maintenant assis à la droite du Père. Saint Paul aux chrétiens : « Au lieu de regarder les réalités d’en bas, vous feriez bien de regarder les réalités d’en haut! ». C’est le jour de la Révélation, de la transformation de la vue en vision ; de la Transfiguration du Christ en vue de l’Evangélisation … « Qui a vu le Fils voit le Père ! ».

LE NEUVIÈME JOUR : Le jour de la Sanctification, de la Confirmation de la Grâce de l’Esprit Saint : « Celui qui vient après moi accomplira des œuvres bien plus grandes que moi » dit le Christ. Désormais tout se passe sur la Terre comme au Ciel ! L’Homme redevient à l’Image et à la Ressemblance de Dieu : c’est la sainteté de son humanité. L’Homme devient sur terre l’au-delà du Christ… C’est la Béatitude : « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux !

LE DIXIÈME JOUR : Le face-à-face avec Dieu : « Seigneur ce n’est que devant ta face que mes yeux seront ouverts » dit Saint Augustin. Le jour du Seigneur : de Sa Seule Volonté. Le jour de la levée des 70 voiles qui ennuageaient le cœur (Ruzbehan) : le jour de son inconnaissance … La rencontre de l’Alpha et de l’Oméga : il n’y a plus ni commencement ni fin ; il n’y a plus qu’un Seul et Même Jour : Dieu Lui-même ! La Lumière de l’Au-delà …

LES NOCES DE CANA

THEOLOGIE ET MYSTIQUE DU MIRACLE DES NOCES DE CANA

« Le troisième jour, il y eut un mariage » : le troisième jour symbolise la trinité, mais aussi le temps présent, qui était et qui vient.

Le temps présent, qui était et qui vient ; c’est-à-dire les trois temps qui en présence de Jésus, qui n’est pas encore le Christ, ne font qu’un.

Ce qui préfigure le temps de Marie qui vient, mais n’est pas encore venu …

« Il y eut … » : ce n’est pas encore le temps présent.

« La mère de Jésus était là » : la présence de Marie à ce mariage symbolise bien la pureté de l’intention, la simplicité, l’humilité, la virginité, et signifie que c’est une volonté de Dieu qui s’accomplit. En effet, l’homme « se marie » pour la vie car c’est Dieu qui unit. Marie symbolise déjà les épousailles du Christ bien que la « mère de Jésus » ne soit pas encore Marie, la Mère de Dieu, de tous les vivants.

« Jésus aussi avait été invité » : c’est la reconnaissance inconsciente de Dieu qui fait que Jésus et ses disciples sont invités. Dieu est invité à travers Jésus, mais à travers Jésus  c’est l’Homme qui est invité. Comme Jésus répond à cette invitation, l’homme devra répondre à l’invitation de Dieu, comme Dieu a ici répondu à l’invitation de l’homme. Cette invitation est exprimée par Saint Luc 18, 18-27 : « viens et suis-moi ».

« On manqua de vin » : « on » signifie l’homme encore impersonnel, qui n’est rien sans les trois personnes qui transforment l’eau en vin, ce qui préfigure la transformation de l’homme en Dieu. Il n’a pas été visité comme Marie par l’archange Gabriel. Par le détachement du fait, l’homme va au cœur de lui-même et le vin qui symbolise le partage, est le premier signe d’amour.

« La mère de Jésus dit : ils n’ont pas de vin » : ils n’ont pas encore été transformés parce qu’ils n’ont pas reçu la Lumière. La mère de Jésus veut signifier : ils n’ont pas encore été transformés comme moi, autrement dit, ils ne sont pas encore disciples de Dieu. La conversion de l’homme par l’Eau du Baptême, le ramène à sa divinité, à son principe créateur symbolisé par l’eau transformée en vin.

« Femme que me veux-tu, mon heure n’est pas encore venue » : la mère de Jésus lui parle « d’avoir » alors que Jésus symbolise l’homme appelé à être.

« Mon heure n’est pas encore venue » : signifie que Jésus qui renferme en lui le Y (iod) des hébreux, la Lumière Divine, n’a pas encore suivi Sa Passion pour être Christ et passer véritablement, au regard des hommes éclairés, conscientisés, de l’avoir à l’être; et dont le sens est de ne plus être pour que Dieu soit. Jesus symbolise le pouvoir de la transformation, du miracle qui s’accomplit en l’Homme, à travers l’Homme. Le Christ symbolise la Transfiguration: la Foi de ce « que l’homme n’a pas vu, n’a pas entendu, n’est pas venu à l’esprit de l’homme » selon Saint Paul.

« Sa mère dit à ceux qui servaient : tout ce qu’il vous dira, faites-le » : sa mère (qui n’est plus la maman de Jésus), signifie ainsi sa soumission à la Parole de Dieu. Sa soumission est une invitation à l’autre à se soumettre à cette même Parole. Quand l’homme est à l’écoute de la Parole de Dieu, tout se transforme (« faites tout ce qu’il vous dira »). Ce mariage qui s’arrêtait faute de vin va pouvoir se poursuivre. La mère de Jésus qui en est consciente préfigure Marie, Mère de Dieu et Mère de tous les Hommes. Le besoin d’avoir du vin, se transforme avec Marie appelée à être la Mère de toute l’humanité, en nécessité d’être.

« Tout ce qu’il vous dira » : ce totum exclut toute pensée, croyance, discussion.

« Six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures » : les six jarres symbolisent les 6 jours de la Création et l’Homme encore inaccompli. Elles servaient aux baptêmes des Juifs c’est-à-dire à la purification du corps des souillures du monde. Ces ablutions devaient être rituellement répétées. Elles symbolisent le besoin de purification pour les Hébreux avant chaque cérémonie, eux qui n’ont pas encore connu le seul baptême pour le chrétien,  accompli par Jean le Baptiste.

Si le jour du Shabbath pour les Hébreux est le jour de l’inactivité, pour le Chrétien c’est le jour du repos, le jour où l’homme se repose, se recentre dans son cœur pour rentrer en religion avec Dieu. C’est sa vie en Christ au cœur de lui-même qui lui apporte la vision du Christ de la Lumière du monde qui constitue le septième jour, l’Homme parfait, c’est-à-dire perfectionné chaque jour davantage par l’amour inconditionnel, infini et éternel de Dieu le Père, car « qui a vu le Fils voit le Père » Jean 1.

Le Baptême pour le Chrétien n’est pas purification du corps des souillures du péché originel, mais libération de l’âme et de l’esprit par le détachement du fait, en l’absence de tout jugement. Le Baptême chrétien dans son intégralité symbolise le Principe Divin : le Principe Unique de toute chose.

Le Baptême n’est pas don d’une bonne conscience, mais élévation de la conscience à une toute autre Conscience; une Conscience au-delà de toute conscience : La Volonté de Dieu!

La Puissance de Dieu incarnée par Jésus et l’eau transformée en vin, symbolisent le passage de l’Ancien au Nouveau Testament. Le fait que Jésus se serve de ces jarres de pierre signifie qu’il ne renie  pas l’Ancien Testament, mais qu’il l’intègre, l’incorpore pleinement pour le transcender en vin c’est-à-dire en sang de l’Alliance Nouvelle et Eternelle qui sera versé une fois pour toute l’humanité. Le sang versé est la vie du chrétien dans sa relation à l’autre (qui va « vers » le « et »)

L’eau symbolise le Baptême, ou libération.

Le vin symbolise la Communion, ou transformation de l’homme en Christ.

L’homme est confirmé en Dieu par le sang versé du Christ : du flanc droit transpercé par la lance du Centurion Romain, s’écoule l’eau et le sang.

Ce sang versé du Christ, c’est la Communion d’âme et d’esprit entre Jésus et l’Homme.

C’est alors la Confirmation de l’Homme vivant en Christ et dont la vie est totalement consacrée à Dieu par la Grâce qui lui est donnée et à laquelle il rend grâce éternellement.

Le « sang versé » est la vie de l’Homme tourné vers le Et, vers l’Unité : « aimer l’autre, c’est aimer Dieu qui est en l’autre » Saint Paul.

L’Homme ne peut se figurer ce qu’est l’Amour de Dieu, c’est pourquoi il en est transfiguré.

Si la Communion est la Théologie de l’Amour, la Confirmation en est la Mystique.

Le temps du mariage préfigure (« mon heure n’est pas encore venue ») les épousailles du Christ.

La préparation du mariage prédispose aux épousailles du Christ, de la vie en soi comme en l’autre.

L’être éclairé n’épouse pas l’autre, il épouse la vie en lui comme en l’autre, pour lui comme pour l’autre, selon le commandement de Dieu d’aimer son prochain comme soi-même. L’Amour est l’acte créateur de la vie: l’écoute nouvelle, la vision nouvelle, l’action nouvelle, qui transforme chaque jour en Jour (en Lumière) Nouveau.

L’Amour transforme la créature en être créateur : la seule et véritable transfiguration.

L’homme ne sait pas ce à quoi Dieu l’appellera, l’amènera, l’invitera à être, à dire, à faire, pour la vie de l’autre.

« Chacune contenait deux à trois mesures » : certains sont naturellement et volontairement selon Dieu, prédisposés. D’autres demeurent encore dans la dualité et nécessitent d’être convertis.

Le cœur de l’homme n’est Temple de Dieu que si celui-ci est Juif (juste) pour devenir Chrétien (amour) et ensuite Musulman (purement spirituel). Car selon Saint Paul, au lieu de chercher à plaire aux hommes (à quelques hommes seulement) vous feriez bien de plaire à Dieu (à tous les hommes).

« Les jarres furent remplies jusqu’au bord » : c’est le plérome de l’esprit, c’est-à-dire la plénitude de l’esprit ; autrement dit quand l’homme est pleinement dans l’esprit, c’est la grâce de l’Esprit Saint qui s’accomplit.

« Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas » : les serviteurs de Dieu portent en eux l’écoute, la vision et la compréhension nécessaire à celui qui veut devenir maître pour pouvoir partager (le repas).

Les serviteurs des hommes à travers le sens de l’eau transformée en vin, autrement dit du Baptême, sont devenus des serviteurs de Dieu, et sans le seul et véritable Maître qu’est le Christ, aucun homme ne peut se prétendre maître.

Le Seul et Véritable Maître, c’est Dieu ; et aucun homme ne peut être maître si ce n’est Dieu qui est Maître en lui.

Jésus par le miracle des noces de Cana vient appeler les faux maîtres et les faux prophètes à la Vérité.

« Le maître du repas ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau » : celui qui ne va pas puiser au plus profond de son être ne peut pas savoir, c’est-à-dire ne peut pas recevoir la Lumière (l’Intelligence Suprême) car il n’a pas l’intelligence du cœur. Le maître du repas symbolise l’homme dans le fait, condamné à ne faire que constater le fait en bien comme en mal,  sans en comprendre le sens (il ne savait pas d’où venait ce vin).

Le devenir de l’être n’est défini que par le sens qu’il reçoit au cœur de lui-même. L’homme ne peut rien voir et donc rien savoir s’il ne va pas au coeur de lui-même (le Baptême), s’il n’est pas (la Communion), et s’il ne demeure pas (la Confirmation) pleinement et parfaitement en lui. C’est son passage du futile et de l’éphémère, à l’essentiel et à l’éternel : des noces de Cana aux Epousailles du Christ.

C’est parce que l’homme continue à participer aux noces de Cana que Dieu espère le voir participer à nouveau aux noces de la vie céleste.

« Alors le maître du repas appelle le marié » : comme le maître du repas a été appelé à voir, il appelle le marié à comprendre ; cela signifie le passage de l’illusion et du sentiment, de la dualité de la fonction à la compréhension de la nécessité du partage.

Par la présence de Jésus, l’ivresse de l’homme, son avidité, se transforme en soif de Dieu. Le marié symbolise l’homme qui vient épouser et qui n’accomplit parfaitement son mariage que par la grâce de la Présence de Dieu qui l’appelle à participer aux épousailles du Christ, c’est-à-dire à épouser la vie en lui comme en l’autre.

Les noces de Cana préfigurent les épousailles du Christ pour la vie éternelle.

  • L’ivresse de l’homme : le besoin
  • La soif de Dieu : la nécessité

La présence de Marie symbolise véritablement le mariage de l’homme qui se prépare à épouser la pureté, la virginité, la simplicité, la fécondité. C’est dans ce sens que Marie est la mère de tous les hommes.

« Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » : Jésus était Dieu, il est à la fois l’alpha et l’omega, le commencement et la fin. Ce miracle des noces de Cana n’est que le symbole et la synthèse de tous les autres miracles que Jésus a accomplis dans son Christ historique et qu’il ne cessera jamais d’accomplir dans son Christ ontologique, c’est-à-dire au cœur de tout homme vivant et ressuscité en Dieu.

Le miracle des noces de Cana symbolise le commencement de l’écoute, de la vision et de la compréhension nécessaire au mariage : à l’unité des hommes qui constitue l’Eglise.

Les jarres de pierre remplies d’eau symbolisent la transformation du cœur de pierre en cœur de chair. Sans la vie spirituelle, qui émane de Dieu, l’homme ne peut répondre à l’injonction du Christ lui demandant de devenir une pierre vivante pour participer à la construction de l’édifice. Les noces de Cana invitent, comme Jésus a été invité, à la participation du sens de l’au-delà. Le miracle ne s’accomplit pas dans le fait, dans le futile et l’éphémère, mais dans la révélation de la connaissance de l’essentiel : « heureux ceux qui ont cru sans avoir vu » Jean 20, 24-29.

L’ IMMACULEE CONCEPTION

L ‘ IMMACULÉE CONCEPTION

 

 

Marie incarne pour le chrétien l’immaculée conception ; quelque chose que l’esprit de l’homme ne peut concevoir… Elle « qui avait été accordée en mariage à Joseph », se retrouve dans l’étonnement lors de la visitation de l’archange Gabriel, le messager de Dieu, venu lui annoncer l’enfantement d’un fils qui siégera sur le trône de David. « Comment serait-ce possible, puisque je ne connais pas d’homme ?» affirme Marie.

En fait ce que veut dire Marie c’est : «  je ne suis pas Homme (à l’image et à la ressemblance de Dieu) pour que le masculin de mon être épouse le féminin de mon être et enfante la Vraie Vie ». « Je ne suis pas Homme à faire naître en moi comme en l’autre de la vie ! ». Cette humilité de Marie la place sous le regard et la Volonté de Dieu pour en faire une Matrice de la Vraie Vie pour le monde, et d’une simple personne la Mère de tous les Hommes…

« Dans l’ordre des principes divins qui nous construisent, la maternité précède le mariage ! Dans cette perspective seule peut-être appréhendé le mystère chrétien de la virginité-maternité de Myriam, de celle qui unit en elle le monde divin Mi à celui de la Création Ma, reconstituant les Eaux matricielles primordiales Mayim ». Annick de Souzenelle.

 De ces Eaux naît le Fils divin. Alors Marie est couronnée : épousée de Dieu ; distingués l’un de l’autre sans être séparés, le Père et sa Création, sa Fille bien-aimée. A l’instar de Jésus devenu Christ, Nouvel Adam de l’Humanité, Marie devient la Nouvelle Eve (la Vivante).

Chacun de nous est vierge d’Israël, demeurant stérile jusqu’ à la pleine maturité de sa virginité : le détachement immuable! Mais tout être peut s’éveiller à sa véritable vocation, et la vierge-mère peut alors être épousée de Dieu – père. Ce mystère de la vierge-mère est commun à la conscience de tous les peuples. Il s’exprime dans leurs livres sacrés, leurs chants, leurs danses, leurs iconographies. Il s’exprime dans leur inconscient collectif par un comportement extérieur obéissant à un instinct compensatoire de la vocation intérieure non assumée. Une telle relation paraîtrait incestueuse si elle ne relevait pas d’une relation Père-fille, purement ontologique de la Création pour toute l’Humanité. Le sens de la naissance de Jésus à Bethléem, ce qui signifie la demeure de Dieu, nous est donné par Jean, 1 : « Celui qui demeure en lui voit le Fils comme le Père demeurer en lui ; et sa maison est une demeure de Dieu ! »

Par sa soumission à la Parole de Dieu et l’Incarnation du Verbe de Dieu qui s’ensuit, Marie signifie la toute-puissance de Dieu à travers l’Homme intérieur…La Jérusalem terrestre de son cœur est pénétrée de la Lumière de la Jérusalem céleste : toutes les réalités d’en haut deviennent les réalités d’en bas. Le monde phénoménal est éclairé de la Lumière du monde nouménal ; l’éphémère se transforme en éternel à la Lumière des 12 tribus d’Israël et des douze Apôtres. C’est pour cette raison que la fête de l’Immaculée Conception se situe le 8e jour du 12e mois de l’année. C’est la porte de passage de la finitude terrestre à l’infinitude céleste (le 8 : la verticalité de l’être que ne retrouve que l’Homme retourné à son cœur avec le « Viens et suis-moi » de Jésus…)

L’immaculée conception c’est ce que l’homme extérieur, étranger à son cœur, ne peut concevoir. La conception d’un enfant, au regard de Dieu, ne peut se concevoir qu’avec le cœur. « S’il faut 9 mois pour faire l’enfant extérieur il faut une vie toute entière pour faire l’enfant intérieur » dit Annick de Souzenelle. L ‘enfantement de la vie éternelle ne se fait, depuis la venue du Christ et dès cette vie sur terre, qu’au cœur de l’Homme, avec le cœur de l’Homme rempli de l’Amour de Dieu…

L’Immaculée Conception est aux yeux de l’Initié, du disciple, contenu dans le Saint Nom de Dieu : YHWH ; du Masculin de l’être unit au Féminin de l’être pour recevoir la Lumière(le Yod) et enfanter la Vie. Le Christ au cœur de l’Homme est ce « Soleil de Justice »que l’humanité toute entière attendait pour le pardon du péché originel et le retour au Père. « Ce n’est plus moi qui vit c’est le Christ qui vit en moi » dit Saint Paul dont la conversion (« Qui m’aime me suive… ») nous ramène à l’Espérance vivante de Dieu.

L’Immaculée Conception n’appartient qu’à Dieu : Elle émane de Dieu- manifeste Dieu-ramène tout à Dieu ! Elle est Sa Volonté au-delà de toute volonté. Elle n’est là que pour rappeler à l’Homme l’exigence de sens absolu qui l’habite : d’abandonner sa créature (sa création) pour redevenir à l’image et à la ressemblance de Dieu, créateur… « Vous devez renoncer à tout  ce que vous avez, à tout ce que vous êtes y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde dit Jésus  aux Apôtres ». La croix c’est la Sainte Trinité ; c’est l’Arbre de Vie qui porte l’Espérance, la Foi et la Charité de Dieu.

Et bien au-delà encore, c’est quand l’Homme repasse du créé à l’incréé qu’il retrouve l’image qu’il était bien avant qu’il ne soit, pour un retour à un face à face avec Dieu ! L’ordre de la Genèse est rétabli en vue de la Création… Et le retour à l’Un, Son Au-delà.

LA FORCE

La Force

Après l’étude de la Justice vient logiquement celle de la Force, qui se subdivise ainsi :

  • La Force en elle-même
  • Son acte principal qui est le Martyre
  • Les vices qui lui sont contraires

La Force est-elle une vertu ?

Il semble que non car « La vertu ne se déploie que dans la faiblesse » Saint Paul 2 Cor 12:9.

De même : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » Saint Paul 2 Cor 12:10.

Quand Saint Paul écrit « dans la faiblesse », il faut comprendre « dans mon humanité ».

C’est dans mon humanité que Dieu déploie sa Force (c’est-à-dire exprime sa Force).

La conscience de la faiblesse est la reconnaissance d’une humanité qui ne trouve sa force qu’en Dieu.

La Force de l’Esprit de Dieu ne s’exprime pas dans un  par-rapport à la faiblesse, mais pour  transcender et  transformer celle-ci en force. Cette transformation est le passage pour l’homme de son humanité à sa divinité. C’est une force qui aspire l’homme vers une transcendance de son fait (sa faiblesse) en Dieu (sa force).

C’est quand l’homme prend conscience de sa faiblesse qu’il libère son âme de sa condition humaine.

La véritable force ne trouve pas son expression dans le fait, mais pour la vie au-delà du fait. L’homme ordinaire se place toujours dans un rapport de force, de pouvoir, de potentialité de l’un par rapport à l’autre.

L’homme ordinaire se plaçant dans l’éphémère, ce pouvoir n’est que potentialité éphémère et temporaire.

L’homme retourné (par la conversion) au plan divin, devient l’expression même de la Force de Dieu, de sa puissance créatrice, (référence au Grand Architecte), qui est infinie et éternelle. C’est cette Force même (cette Force qui aime !) qui fait passer l’homme de l’image à la ressemblance.

La notion de force, pour l’homme encore dans le manifesté, apparait comme une dimension temporelle émanant de la limitation due à son existence terrestre. Ce n’est que dans les cœurs purs que cette dimension, dès cette vie sur terre, devient éternelle.

La force de l’homme éclairé et initié est qu’il n’a plus de raison particulière. Il n’a plus à faire preuve de raison car il n’a plus de volonté propre, et qu’il tient sa force uniquement de la Volonté de Dieu. Il n’y a donc strictement aucune force dans celui qui pense ou qui croit. Il n’y a qu’un besoin illusoire de penser la force. Or la force ne se pense pas, elle se donne !

Saint Thomas d’Aquin : « Que l’homme reconnaisse sa propre faiblesse, cela relève de la perfection que l’on appelle l’humilité ».

L’humilité est la conscience de l’homme ; l’orgueil son inconscience.

Dans le Livre de la Sagesse 8-7, il est dit que la sagesse enseigne tempérance et prudence, justice et vertu ; ce mot désignant ici la force.

Il est donc normal que la force soit considérée comme une vertu au regard des hommes.

Toujours au regard des hommes, la force apparait comme expression d’une solidité, d’une fermeté. Ce que confirme Aristote disant que toute vertu doit être ferme.

Pour l’être éclairé et initié, la force n’est que la traduction d’une fermeté de l’âme à qui Dieu a conféré la Force.

C’est dans l’agir ferme et inébranlable que se traduit l’immutabilité de l’âme.

Il revient à la vertu de force d’écarter l’empêchement qui retient la volonté de suivre la raison.

La raison, dit Jean Tauler (disciple de Maître Eckhart, mystique du moyen âge), est le stade intermédiaire tout puissant qui ramène à Dieu.

C’est pourquoi la force s’appuie sur la crainte de Dieu, qui libère l’âme de la crainte des choses difficiles, susceptibles de retenir la volonté de suivre la raison.

Au fur et à mesure que l’homme se détache du fait pour arriver au détachement impassible, la force est le soutien indispensable à l’âme et à l’esprit pour atteindre le cœur de l’homme.

La crainte de Dieu est donnée par la force, qui libère l’âme et l’esprit de la crainte des hommes.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas : l’homme parvenu au cœur de lui-même a rejoint la Justice de Dieu et sa toute puissance créatrice, devant laquelle s’efface la nécessité de la force qui conduit la raison jusqu’à Lui.

Saint Grégoire parle de la force des justes quand il dit : « Aimez les épreuves de ce monde, en vue des récompenses éternelles. » C’est la force des hommes qui se rendent à la Justice. La force du juste a pour vocation les récompenses éternelles. Elle est alors le fruit de l’Espérance de Dieu ; du Père qui a fait sortir l’homme de l’errance.

La véritable force n’est pas une opposition à la contrainte, elle est capacité de libération en vue du salut.

Tel est le sens du martyre.

Saint Augustin déclare que « la force est un amour qui supporte facilement tout pour ceux qui l’aiment », et que « c’est un don qui ne craint ni la mort ni aucune adversité. »

Par la force, (par la grâce de l’Esprit), Dieu s’est emparé de l’âme pour la sauver.

Thomas d’Aquin écrit : « Il faut que toutes les passions de l’âme soient amenées au juste milieu par une vertu. » Cette vertu, c’est la force. Aucune vertu ne se situe aux extrêmes. Or la crainte de la mort qui est  la crainte la plus forte chez les hommes, est à l’extrême, selon Aristote. Donc la vertu de force ne se limite pas aux craintes mortelles. Il revient à la vertu de force de protéger la volonté de l’homme afin qu’elle ne recule pas devant un bien raisonnable par crainte d’un mal corporel.

La justice, pour l’être éclairé et initié, est de bénéficier de la force qui, dès cette vie sur terre, le fait passer de la mort à la vie, du fait à l’esprit, alors que le but de la faiblesse est de faire de l’homme un humain. Nous pouvons définir l’humain comme étant l’homme qui a perdu la main (de Dieu) c’est-à-dire l’amen ! Ayant perdu l’humilité de se laisser amener par la main de Dieu à l’écoute et à la vision de ce qui est juste et bon pour la vie, il donne au Satan le pouvoir de s’emparer de son âme et de son esprit pour le faire tomber en enfer. La faiblesse de l’humain le prive d’un retour possible à l’image en vue de recevoir la grâce de la promesse qui lui a été faite à l’origine de vivre selon la ressemblance.

L’homme n’est pas appelé fort au sens absolu, parce qu’il supporte bien les plus grands maux ; mais parce qu’il les transcende. Il est le témoin de l’inconditionnalité de la force.

Ce qui est dur me rend fort, l’épreuve me fait faire l’expérience du salut. D’où la compréhension de la soumission du martyr à son supplice.

Le supplice du martyr est la porte de salut de toute l’humanité. En effet, pour être sauvé, il faut être sauveur ; mais pour être sauveur, il faut être sauvé.

Le martyre est le symbole de l’humanité sauvée de son inhumanité dans son retour à sa divinité. C’est pour cette raison que le martyr prie pour ses bourreaux en reconnaissance de la volonté suprême de Dieu de faire le Sacré. Le Sacrifice de Dieu est de faire le Sacré, l’unité entre les hommes selon sa Foi : la certitude que demain sera meilleur.

Le meilleur pour l’homme, c’est son cœur. Il n’y a rien d’autre de meilleur.

Dieu donne l’exemple de ce qui est bien et de ce qui est mal ; à l’homme libre de faire son choix.

L’homme éclairé et initié, libéré de tout concept humain, retrouve la pleine conscience que c’est là sa propre liberté. Liberté qui ne consiste qu’à exprimer la Parole en paix : « Père, Ta Volonté et non la mienne. » L’homme ne retrouve sa pleine liberté qu’au jardin d’Eden symbolisé par son cœur.

La liberté de l’homme n’est rien d’autre que sa libération de plus en plus juste, de plus en plus pure, de plus en plus vraie, selon la Parole du Christ : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. »

Il s’en suit que si l’homme ne s’enfuit pas devant les dangers mortels, c’est que sa vie se place déjà dans l’au – delà.

Il faudrait que l’homme soit dépourvu d’esprit pour pouvoir craindre la mort.

Jean Tauler : « Pour l’être spirituel, l’esprit guide le corps ; pour l’être matériel, le corps commande la tête. » La vie spirituelle étant l’au-delà de la vie matérielle.

Les martyrs ne peuvent supporter les sévices corporels que par la connaissance du Souverain Bien qui est Dieu. Ils ne font que signifier que si leur corps appartient à la terre, et encore de manière éphémère et temporelle, leur âme et leur esprit, dès cette vie sur terre, n’appartiennent qu’à Dieu.

Cette appartenance à Dieu est la seule véritable raison de leur persécution par des gens, (tous ceux qui n’ont pas été appelés à être), qui appartiennent au Satan.

Dieu a créé le Satan, l’Adversaire (le Satan Ontologique) qui se dresse devant l’homme pour que l’homme se redresse et pour le mettre à l’épreuve de la tentation. Le Satan, c’est ce qui tend vers l’extériorité.

Confucius : « Quand le cœur s’en va où la passion l’entraîne, le cœur n’est pas réglé mais agité et troublé ».

C’est pour cette raison que Dieu le Père a envoyé son Fils sur terre pour que cette passion que l’homme a de l’extériorité soit transformée, par le rappel de l’homme à Dieu, en Passion du Christ.

« Nul ne pourra retourner à Dieu sans passer par moi » dit le Christ.

Dans la Passion du Christ, la faiblesse de l’humain se transforme et est transcendée par la Force du Divin.

L’humain tombé en tentation donne au Satan le pouvoir qui était en lui pour en faire le diable.

Et comme l’exprime Jean Tauler : « Si le démon pouvait retourner à Dieu et se remettre sous son obéissance, il ne resterait pas dans l’affreux malheur du péché .Or les hommes qui eux ont cette volonté, lorsqu’ils le refusent sont réellement pires que le démon. »

C’est la Passion du Christ qui permet à l’homme de recouvrer les forces de sa nature divine originelle, sa surnature.

Le Christ est venu sur terre pour révéler dans Son humanité la nature divine de l’homme.

La Passion du Christ n’est que le rappel de l’homme à la Vraie Vie (une vie qui n’est plus relative au fait). L’homme vivant en suivant les pas du Christ retrouve la force, c’est-à-dire la possibilité de combattre le Satan.

Saint Augustin : « Point de salut sans combat dans son intériorité ».

L’homme qui a combattu et vaincu le Satan par le Sang de l’Agneau, c’est-à-dire sa vocation divine, et par son témoignage de la Parole, ne peut plus exprimer que de l’amour. Il ne peut rien faire d’autre que d’aimer ses ennemis.

 

La force procure à l’homme la possibilité de combattre. En effet, pour l’homme déchu, il est plus difficile de combattre que de supporter. Supporter ses faiblesses comme celles de l’autre, c’est signifier le manque de la force d’aimer. C’est exprimer le pouvoir du diable dans le reniement de Dieu.

La force de l’homme n’est qu’une manifestation de la Toute-Puissance de Dieu.

La plus grande et la plus belle preuve de la force est l’amour de son prochain.

C’est ainsi que la force émane de l’intérieur et s’exprime à l’extérieur dans l’amour de la vie : sa genèse et sa création.

L’homme fort est celui qui a reçu le pouvoir d’aimer. La seule et véritable force est la force d’aimer. L’homme fort ne fait qu’exprimer sa nature divine.

Saint Ambroise : « Les œuvres des vertus, et en particulier de la force, sont appelées des fruits parce qu’elles réconfortent l’esprit de l’homme par une délectation sainte et pure. »

Dans tout acte, l’homme fort n’éprouve aucune délectation particulière. Tous ses actes ne sont que les fruits d’un Esprit de charité, de paix et de joie.

La beauté de la force trouve sa pleine expression dans le Véritable Amour, l’amour désintéressé du fait.

Avec la force, l’homme touche au sens véritable de la vie. C’est la force d’aimer qui crée la vie ; le sens du sacrifice, c’est de faire le sacré c’est-à-dire que ce qui est cher au regard de Dieu, ce qui importe, ce n’est pas le fait mais toujours l’au-delà du fait. Tel est le sens du plan divin, du Grand Architecte de l’Univers.

« La conversion de l’homme est chose bien plus admirable que la création du ciel et de la terre » selon Jean Tauler, mystique du moyen-âge et disciple de Maître Eckhart. Pourquoi ? Parce-que Dieu a créé l’homme à Son Image et que par l’amour, il est à Sa Ressemblance ; et que Dieu selon le livre de la Genèse, au commencement de l’humanité, a placé l’homme au centre de Sa Création. Le Centre de Sa Création est le cœur de l’Homme, et le cœur de l’Homme c’est le Christ. Tout homme vivant en christ voit le Christ vivant et ressuscité d’entre les morts.

Jean Tauler : « Lorsqu’un homme vit dans la Passion du Christ, le Christ s’empare de lui, en fait un autre christ, l’unit au Christ ; et tant que son âme demeure dans cette union amoureuse, elle ne peut ni errer, ni déchoir, ni s’arrêter ».

Jean Tauler ne fait qu’évoquer cette parole de Saint Paul (1-Corinthiens) : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

Le salut de l’homme le mène à son apostolat.

Nous comprenons mieux Marc 5,18 : « Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n’écoutez pas parce-que l’amour vous fait peur ».

Cette parole du Christ aux apôtres les rappelle à la foi exprimée par cette injonction : « Ne craignez plus, un monde nouveau s’offre à vous ».

L’homme rendu vertueux par la grâce de la vie de son âme, ne connait plus que la force d’aimer.

Le vice est d’accepter que sa vie soit toujours relative au fait. La vertu consiste à signifier que la vie c’est l’au-delà du fait.

Le retour à la force est symbolisé par la maîtrise en toutes circonstances. Cette maîtrise est le fruit du détachement, jusqu’au détachement impassible qui peut, au regard des humains, paraitre indifférence ou  insensibilité alors qu’il n’est que pureté et capacité à recevoir la Seule et Véritable Lumière capable d’aimer : le Christ.

Le témoignage de la force n’est que paix, calme, sérénité, fermeté.

Quand la porte du ciel est ouverte (le cœur de l’homme), c’est parce-que les portes de la fragilité, de l’affectivité, de la faiblesse, sont fermées.

L’homme ne retrouve la vraie vie qu’au cœur de lui-même.

La force est-elle une vertu cardinale ?

Une vertu cardinale concerne les problèmes autour desquels tourne la vie humaine, de même qu’une porte tourne sur ses gonds (du latin « cardine »). Cependant  la force ne concerne pas les périls mortels mais le pouvoir recouvré de la création d’une vie et d’un monde meilleurs.

Pour cette raison, Saint Grégoire, Saint Ambroise et Saint Augustin comptent la force parmi les quatre vertus cardinales, c’est-à-dire primordiales.

Depuis la chute de l’homme sur terre, la primauté des vertus cardinales redonne à l’homme la possibilité de l’Imitation de Jésus Christ selon sa Parole.

L’ensemble de ces vertus de tempérance, de clémence, de prudence, de justice sont unies et rassemblées dans la force. Cette force est le cœur, le centre ontologique de ces quatre vertus qui vont faire passer progressivement de l’humain à l’homme, de l’Homme au Christ, et du Christ à Dieu.

Ces quatre vertus centralisées par la force préfigurent les trois vertus théologales, car émanant purement et uniquement de Dieu, c’est-à-dire d’Espérance, de Foi et de Charité. Ces trois vertus à venir sont l’expression de l’Amour éternel et infini de Dieu.

Ces quatre vertus cardinales empêchent l’homme de tourner en rond dans le fait, et lui permettent de sortir de la quadrature du cercle (de l’esprit enfermé, emprisonné dans la matière) en retournant au centre ontologique de sa vie qui est son cœur. Ce qui nous est confirmé par la parole de Saint Paul Corinthiens 1 : « Le Christ viendra ouvrir vos tombeaux pour vous en faire sortir. Il viendra libérer, sauver vos âmes et votre esprit enfermés, emprisonnés dans des terres d’exil. »

De même pour Plotin (néo Platonicien du IIème siècle) : « Cessons de tourner en rond autour du fait, prenons le rayon qui nous ramène au centre. »

Comparaison entre la force et les autres vertus cardinales :

Selon Saint Ambroise : « la force est plus élevée que les autres vertus. La vertu concerne le difficile et le bon ; or la force concerne ce qu’il y a de plus difficile pour l’homme qui est d’aimer. »

La force est la plus élevée de toutes les vertus cardinales car si elles sont toutes relatives au fait, seule la force concerne l’au-delà du fait par la genèse et la création de la vie.

La véritable force ne concerne que l’amour

Elle est à la mesure de la bonté par la sauvegarde de la justice. La force sans la justice favorise l’iniquité, l’opposition. Dans les mains de la justice, la force procure la bonté, l’équilibre, l’harmonie, la vérité. « Ce qui est juste est bon ! » : le livre de la genèse nous rappelle que la bonté ne se réfère qu’à la création.

A propos du martyre, le sens du martyre est d’être témoin du Christ (martyr voulant dire témoin).

Les souffrances corporelles des martyrs subies jusqu’à la mort, rendent témoignage non à une vérité quelconque, mais à la vérité religieuse que le Christ nous a révélée. Aussi sont-ils appelés martyrs du Christ, comme étant ses témoins. Le martyre ne concerne pas l’individu, mais l’ensemble de la communauté fraternelle vivant en christ. De plus ce n’est pas une volonté propre de subir, mais un témoignage d’une possibilité qu’a l’homme, de vivre pleinement et parfaitement en christ avec le Christ, en se détachant de tout fait, y compris de son propre fait.

Jean Tauler : « La volonté est parfaite quand l’homme a renoncé à tout ce qui n’est pas Dieu, et qu’il s’est éloigné de toutes les créatures. »

Le Christ aux apôtres : « Vous devez renoncer à tout ce que vous avez, tout ce que vous êtes y compris vous-mêmes,  pour porter ma croix dans le monde. »

Aussi : « Vous serez tous jugés, condamnés et traînés devant les tribunaux, à cause de mon nom. »

Tout véritable chrétien dans la force d’aimer, est un martyr du Christ. Ce qui le concerne ne peut être que le salut de l’autre et non le sien.

La foi seule est cause du martyre.

Matthieu 5,10 : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice. »

Au – delà de sa volonté, le martyr témoigne de l’imitation la plus pure de la vie en christ, allant jusqu’à sa mort et sa résurrection.

Saint Maxime de Turin dit dans un panégyrique : « Il est vainqueur en mourant pour la foi, alors qu’il aurait été vaincu en vivant sans la foi. »

L’œuvre du martyre nous propose de mépriser le monde visible, quand l’homme n’a pas su s’en détacher à l’écoute de l’intelligence de Dieu, selon la Lettre aux Hébreux (11.34).

Si le bourreau peut prendre le corps du martyr, il ne peut lui prendre ni son âme, ni son esprit, qui appartiennent depuis toujours à Dieu.

Galates 2,19b-20 : « Avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »

Le martyre symbolise la méditation constante et permanente de la Passion et de la mort de notre Seigneur.

Celui qui vit en martyr est sauvé. Celui qui ne vit pas en martyr est martyrisé.

Il semble que la mort ne soit pas incluse dans la raison de martyre car Saint Jérôme écrit : « Je dirais à bon droit que la Mère de Dieu fut vierge et martyr, bien qu’elle ait terminé sa vie dans la paix. »

Saint Grégoire : « Bien qu’il y manque l’occasion de mourir, la paix a son martyre, car si nous ne livrons pas notre tête à l’arme du bourreau, nous mettons à mort, par le glaive spirituel, les désirs de notre chair. »

Saint Augustin : « Le martyre est un acte de la vertu de force, et il appartient à celle-ci de ne pas craindre non seulement la mort, mais non plus les autres adversités. » Il y a en effet beaucoup d’adversités autres que la mort, que l’on peut supporter pour la foi au Christ. Le martyre est un acte méritoire, mais un acte méritoire ne peut être postérieur à la mort. Il la précède donc, et ainsi la mort n’est pas essentielle au martyre. Le martyre pour la foi est donc essentiellement une mort symbolique à tout ce qui n’est pas Dieu.

Saint Augustin évoque ici la Passion du Christ qui est le chemin, qui d’étape en étape remet l’homme sur le chemin de la vérité pour se retourner et recouvrer la Vraie Vie.

« Est appelé martyr celui qui est témoin de la foi chrétienne, qui nous propose de mépriser le monde visible pour les réalités invisibles », selon la Lettre aux Hébreux 11,34.

Il appartient au martyre que l’homme témoigne de sa foi, en montrant par ses actes qu’il méprise toutes les choses présentes, pour parvenir au bien futur et invisible.

D’où cette insinuation de Satan contre Job (Jb 2,4) : « Peau pour peau, tout ce que l’homme possède, il le donnera pour son âme » ;  c’est-à-dire pour sa vie physique. C’est pourquoi, afin de réaliser parfaitement la raison de martyre, il est requis de choisir la mort pour le Christ : le détachement du fait, de tout fait y compris de son propre fait ; la mort pour vivre en christ afin que le Christ soit, ce qui est la condition nécessaire à sa deuxième venue sur terre.

Cette volonté n’est parfaite que parce qu’elle émane de Dieu.

Cette raison de martyre n’est déterminée que par l’utilité de la mort pour atteindre à la résurrection.

« Pour Dieu qui pénètre les cœurs, la raison de martyre a valeur de récompense », comme le dit Sainte Lucie.

Le mérite du martyr (ce qui lui mérite sa place au Ciel), ne se situe ni dans la mort ni après la mort, mais dans l’acceptation de la mort infligée par les hommes et tant désirée par les chrétiens. La mort du martyr n’est là que pour signifier aux yeux des hommes sa volonté de ne plus s’appartenir pour n’appartenir qu’à Dieu. De ce fait, ne peut être appelé chrétien que celui qui n’a pour toute vie que la foi au Christ.

Si Jésus signifie le « Je Suis », autrement dit la Présence de Dieu sur terre, le Christ symbolise la seule porte de passage de la mort à la Résurrection. Si le Christ est vivant et ressuscité d’entre les morts, ce n’est que pour ramener l’homme de la mort à la Vraie Vie car Lui seul ici, maintenant, et depuis toujours, est et demeure éternellement vivant. Nous comprenons ainsi que  martyr signifie témoin de ce qui était, de ce qui est, et de ce qui vient ; car on ne rend témoignage qu’à la Vérité.

La conscience du martyr de la Vraie Vie fait qu’il ne connait pas la mort. Si la mort vient se faire connaitre à lui, ce n’est que pour qu’il soit ressuscité d’entre les morts. Il passe d’une simple mort existentielle à une mort et à une résurrection.

Si la mort physique est nécessaire à la plupart des hommes, pour que leur âme et leur esprit soient libérés d’un corps attaché au fait, le martyr dont la chair accède, dès cette vie sur terre, à la résurrection, voit sa mort mener son âme et son esprit au paradis pour s’assoir à la droite du Père et du Fils. Celui qui voue sa vie à Dieu se voit rectifié par la foi, qui le mène tout droit pour vivre désormais après la mort auprès de Dieu. L’homme d’aujourd’hui, initié et éclairé, ne peut plus perdre la mémoire du jugement dernier où le Christ viendra sur terre pour juger les vivants et les morts.

« Si le grain de froment ne meurt, après qu’on l’a jeté en terre, il demeure seul ; mais quand il est mort, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24-25).

Jean Tauler : « En toute vérité, il en est ainsi. Celui qui veut produire tous les fruits de vie doit mourir de toutes les morts possibles. Or c’est là ce que fait, et lui seul, le pauvre d’esprit. Il disait vrai ce maître de la vie spirituelle enseignant qu’une vie conforme à l’Evangile est une croix et un véritable martyre. Seul le vrai pauvre d’esprit porte cette croix et endure ce martyre ; seul aussi, il recueille tous les fruits de la vie. Au-delà de la mort physique apparente, se situent la mort spirituelle (l’unité de la vie en soi), la mort ontologique (l’incarnation du Verbe, Amour du Dieu Vivant), la mort essentielle (le retour à l’Un). Le pauvre d’esprit jouit d’une mort si multiple qu’il vit de plus en plus éternellement. Pour lui, chaque instant se transforme en une présence de Dieu. Il meurt aux contingences de l’existentiel pour croître et fructifier dans la Conscience de l’essentiel. Sa croissance est le fruit de son retour à l’essence, au Un. Le pauvre d’esprit aspire à une mort intérieure qui le libère de l’horreur d’une mort extérieure. Cette mort intérieure lui procure une joie pure. Celui qui en fait l’expérience est le sage par excellence. »

La mort spirituelle consiste à ne vouloir que ce que Dieu veut, autrement dit tout ce que l’homme ne veut pas, ne souhaite pas, ne désire pas !

 

A propos du don de force :

Isaïe (11,2) : « Enumère la force parmi les dons du Saint Esprit. »

La force implique une certaine fermeté d’âme qui est requise pour faire le bien comme pour résister au mal. Mais l’âme est entrainée plus haut par le Saint Esprit afin de pouvoir achever toute entreprise commencée dans sa vie terrestre. C’est ainsi que la force se place dans le dépassement de la nature humaine. C’est le Saint Esprit qui opère cela dans l’homme lorsqu’il conduit son âme et son esprit jusqu’à la vie éternelle, qui est la fin de toutes les œuvres bonnes que l’homme avait à accomplir durant sa vie terrestre, lui faisant échapper ainsi à tous les périls à travers son corps mortel. C’est pourquoi le Saint Esprit infuse dans l’âme une maîtrise et une confiance à toute épreuve garanties par la foi gardée en Dieu ; seule et véritable expression de la force.

La force en chaque homme n’est que grâce de l’Esprit Saint qui se donne pleinement aux cœurs purs. Heureux les cœurs purs, le royaume des cieux est à eux !

Pour l’être matériel, le sens de la force ne s’applique qu’à des situations difficiles pour lui à concevoir ; pour l’être spirituel, la force n’a pour but que la contemplation de l’Homme et de Dieu.

La force de l’Homme n’est plus de résister au diable, mais d’aimer Dieu …

 

L’AMOUR EST FORT COMME LA MORT …

Comme la mort nous coupe de la vie, l’amour coupe de la mort !

L’amour est l’acte qui génère en soi et crée autour de soi la vie, la Vraie Vie, Transcendance du fait, « Au-delà » du fait, Elle est le fruit de l’amour ; de l’acte accompli selon la Parole vivante : le Verbe de Dieu qui s’incarne en l’Homme, en son cœur, pour lui parler et le rendre vivant pour que le monde demeure éternellement vivant…

« Jésus n’est pas venu apporter la paix mais le glaive ! » dit Jean. Et, « celui qui demeure en lui voit le Fils comme le Père demeurer en lui ! » .C’est Dieu qui est Amour. L’amour de l’Homme n’est qu’une grâce de l’Amour de Dieu. Il est conscience de l’unique nécessaire à la vie sur terre : d’être, de dire, de faire, pour toujours créer une vie meilleure, un monde meilleur ; « Devenir meilleur est une nécessité » dit Confucius.

Par l’amour l’Homme passe de l’Image que Dieu a de lui (sa configuration à Lui) à Sa Ressemblance ; Or, il n’y a que Dieu qui puisse ressembler à Dieu! Saint Paul : « Je peux toutes choses avec Dieu qui me fortifie ». Saint Jean : « Vous pouvez avoir une foi à déplacer les montagnes ; sans l’Amour de Dieu vous ne faites rien ! ». C’est l’Amour qui donne aux actes le sens de la vie, de leur au-delà…Quand la raison ne peut aller plus loin, c’est la force de la foi qui amène la volonté à prendre son essor au-dessus d’elle.

A l’écoute et à la vision de la Lumière essentielle, l’homme quitte la lumière apparente pour recouvrer la lumière naturelle de la grâce. Il renonce à sa nature ordinaire pour retrouver sa nature divine originelle pénétrée de sa nature essentielle, sa surnature. «  Celui qui s’attachera à sa vie la perdra ; et celui qui renoncera à sa vie la gagnera pour la vie éternelle » dit le Christ aux Apôtres. Isaïe : « C’est Dieu qui opère toutes nos œuvres ! »La vocation de l’homme à Dieu n’est que reconnaissance de Sa Grâce qui consiste à Lui rendre gloire. Dans la hauteur de Dieu se résorbent la bassesse et la petitesse de toutes les créatures. Ce qui est cher à Dieu c’est l’Unité. L’unité révèle la force ; la dualité la faiblesse. La faiblesse entraîne inexorablement vers la mort ; l’amour élève l’âme à la vie éternelle. La pureté et la simplicité de la vie, dès cette vie sur terre, témoignent de la divinisation et de la déification de l’âme et de l’esprit de l’Homme, de son image et de sa ressemblance. Saint Paul : «  Pourquoi Dieu s’incarne en l’Homme ? C’est pour que l’Homme devienne dieu » ; « Par l’amour vous êtes des dieux auprès de Dieu ». C’est la mort spirituelle (le détachement) qui fait accéder l’homme à la vie éternelle dès cette vie sur terre. Le Baptême est le commencement de sa résurrection…L’homme de désir est converti à l’Homme du Désir (de Dieu). Il redevient tel que Dieu le veut pour participation à Son Grand Œuvre, de genèse et de création infinies et éternelles…de ce qui est, qui était et qui vient !

LES QUATRE MORTS

LES   QUATRE  MORTS

 

 

Si la mort physique est la destinée de chacun sur terre, à plus ou moins long terme, l’âme et l’esprit sont voués à d’autres morts selon le degré de conscience de l’être…

La mort physique appartient à la nature même de l’être, qu’elle soit minérale, végétale, animale ou humaine, selon la théorie de l’impermanence des choses, la théorie de l’évolution, de l’éphémère de la manifestation ; comme le soulignent les Bouddhistes : « Naître c’est commencer à mourir ! »

On pourrait, dès lors, pousser le raisonnement inverse que: mourir c’est commencer à vivre !

En fait, la justesse de la réflexion, ne peut se réaliser qu’en terme de dynamique, d’ « énergies », de potentialités de passage d’une porte qui ouvrirait sur le manifesté ; et d’une autre porte qui ouvrirait sur le non- manifesté. Une, qui nous mènerait dans la manifestation ; l’autre, au-delà de la manifestation.L’une qui nous tournerait vers l’extérieur ; l’autre vers l’intérieur. L’une qui demande la vue avec des yeux de chair ; l’autre qui exige la vision du cœur.Le besoin de voir s’efface devant la  grâce de la vision du cœur : « Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu !»

 

Accueillir la Mort comme un principe et non comme un simple état de fait, c’est comme accueillir un enfant lors de sa venue sur terre et le voir se transformer de jour en jour. Et si la marche du corps matériel (du corps manifesté) se fait dans l’horizontalité ; la marche du corps spirituel, s’effectue dans la verticalité.

Au-delà de toute croyance ou incroyance, fruits de la pensée humaine, qu’il est doux d’écouter avec le cœur la Parole du Christ affirmant que : « Maintenant tout se passe sur la Terre comme au Ciel » ; que  l’Unité (divine-universelle) triomphe toujours de la dualité (terrestre- humaine) !

« Je suis le Chemin- la Vérité- et la Vie » dit le Christ : l’Amour a vaincu la mort.

Ainsi, il est difficile de séparer, lors de la mort d’un proche, ce qui tient à l’accompagnement du mourant, de ce qu’il nous amène à vivre ; tant sa présence se fait de plus en plus pressante dans notre cœur !

 

Au delà du principe universel de la mort physique, dans lequel nous pouvons tous nous retrouver, le paradoxe de la Mort c’est d’offrir aux hommes 4 possibilités de vivre : Une vie strictement matérielle, conditionnée par sa relativité au fait.

           Une vie purement spirituelle, définie par le seul désir d’établir l’unité avec ses semblables.

           Une vie qui engloberait une partie de chacune de ces deux formes de vie terrestre.

           Une vie essentielle, consacrée à la prière de l’Au-delà, par la méditation, pour le bien de toute l’humanité.

 

La Mort comme la Vie mène à des transformations que les bouddhistes appellent « Bardos » : avant la mort- au moment de la mort- après la mort. Elle est comme l’enfant qui se transforme et nous transforme, pour nous transporter dans l’Univers de la Présence : un Au-delà de ce qui apparaît encore quelquefois, pour ceux qui n’ont pas reçu encore la Grâce de l’élévation, comme une absence.L’élévation ne se faisant en effet qu’au cœur de l’être, dans un coeur-à-coeur avec l’Autre. « Qui s’élèvera sera abaissé ; qui s ‘abaissera sera élevé ! ». L’absence de fait, devient présence au cœur de  l’être.

La seule vue de la chair, abaisse la conscience de l’homme ; la vision du cœur, l’élève…

 

 LA MORT MATERIELLE

 C’est la perte de l’âme et de l’esprit, par l’intellect et ses discussions stériles, la rationalité d’une vie relative au fait, esclave du fait ( du Satan).C’est le désir de biens matériels, de plaisirs, de désirs compensatoires de vides, de manques, d’absences, dans sa relation à soi, dans sa relation à l’autre. C’est la fuite du temps personnel, conjugal, familial, dans la profession de la quête du pouvoir intellectuel, social,économique, politique, religieux…etc.C’est  le mode d’existence de « l’enfant de l’homme ».

N’ayant plus la connaissance des valeurs morales, sous-tendues par les valeurs spirituelles, l’insouciant, l’inconscient, ne fait que courir après son besoin de reconnaissance.C’est l’homme extérieur qui court à sa ruine et précipite, par là, le monde en enfer. « On court précipitamment et on tombe dans les filets, les fosses, les pièges à la manière des animaux sauvages ; nul ne peut échapper »Livre de la Sagesse de Confucius.

« L’homme extérieur court à sa ruine. L’homme intérieur se renouvelle sans cesse. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme ». Lettre aux Hébreux(10), Saint Paul.

La mort matérielle symbolise « la chute de l’homme en enfer » par sa volonté égotique de servir ses intérêts. Elle est la cause constante de la tristesse de ce monde qui s’égare à la recherche de biens existentiels, sans se préoccuper de la sagesse  des anciens et de la jouissance d’un cœur rempli d’amour…

 

La mort matérielle est responsable de la plupart des morts physiques : la mort due à la folie meurtrière des hommes- la mort obligée ou subie des fatalités-la mort libératrice des douleurs morales ou physiques.

               

                        -La mort due à la folie meurtrière : Depuis des générations, pour ne pas dire depuis toujours, l’homme qui a perdu la volonté du culte de la vie, a le culte de la mort…Né lui-même dans un monde de plus en plus mortifère, ses enfants ont de plus en plus en plus le culte de la mort : leur ego s’empare du pouvoir eux-mêmes de mourir et de tuer ce monde au lieu d’être tué par lui. Les morts personnelles (les absences de père et de mère), entraînent les morts conjugales, familiales, sociales, culturelles, économiques…etc, plongeant l’enfant, dès sa naissance, dans un monde mortifère.La médiatisation à outrance de la mort détourne de plus en plus les humains, dès leur plus jeune âge, de la médiation de leur cœur. Ils peuvent de moins en moins, au fil des générations successives, passer la « Porte des hommes » : celle de leur intériorité. Le formatage collectif, au nom d’un principe d’égalité, empêche le développement de la personnalité même de l’enfant, de la personne qu’il est censé devenir ! Il n’a plus de propre vie ; de vie « propre », pure, simple, véritable…La culture de la « res publica », de la chose publique, ne lui permet plus de se plonger dans les eaux du Baptême, de la libération, de la purification, de la simplification de sa vie.Tout est de plus en plus dur pour lui, impossible, infernal. Les générations qui ont précédé sa venue sur terre ont continué à faire le choix de la mort ; Que la mort, en effet, est généreuse : elle nous évite d’écouter, de voir, de comprendre, pour être, dire ou faire. Qu’il est doux et agréable, sur le moment, de se contenter d’exister sans vivre, sans bouger, changer, évoluer, progresser, en attendant je ne sais quoi, sinon la fatalité !

L’homme moderne depuis son plus jeune-âge joue, tellement, virtuellement, à tuer l’autre, qu’il finit par ne plus «  vivre » que pour le tuer réellement.

Le degré grandissant de l’insouciance, de l’inconscience , de l’incapacité à aimer leur propre vie, fait, des parents « des animaux privés de raison » disait Maître Eckhart au Moyen-âge, et de leurs enfants des monstres  au service de la violence !

C’est par le retour aux valeurs spirituelles de la religion, que les hommes redeviendront de véritables hommes avec des valeurs morales qui recréeront des valeurs familiales, sociales, universelles de sagesse et d ‘amour.

« Le malheur pour l’homme c’est son inculture » dit Platon. Le malheur, encore plus grand, tient au fait que l’intellect de l’homme, son ego, s’est emparé du pouvoir de la culture au détriment de l’esprit.

Mais le drame essentiel de l’humanité c’est son ignorance des Commandements de Dieu, et par voie de conséquences de leur vécu. Cela tient au fait que dans un monde matériel , les seuls dieux sont l’argent et le sexe. Un monde qui voudrait nous faire croire qu’il n’y a plus de place pour le salut de l’âme ou l’amour de son prochain…

 La laïcité de nos différentes républiques est venue proposée un nivellement des valeurs dans un totalitarisme égalitaire strictement horizontal, autrement dit complètement mortifère.La laïcité n’étant que le laïcat (l’ horizontalité comme la verticalité, l’horizontalité et la verticalité) amputé de la spiritualité. C’est le monde de la science (le savoir intellectuel) sans la connaissance (fruit de l’élévation de la conscience).C’est le monde de la division, de la séparation, de la dualité, génératrices des guerres idéologiques, engendré par le reniement de la spiritualité des hommes dans le combat à mener pour « le vivre ensemble ». La religion c’est ce qui relie ; il n’y a donc pas de guerres de religions, comme les commentateurs de l’existence continuent à l’affirmer . Ce n’est pas la religion qui fait peur aux hommes ; ce ne sont pas des hommes qui vivent en eux, avec eux, pour eux, comme avec l’autre, pour l’autre, qui peuvent contribuer à la destruction de ce monde ! Ce sont les hommes de la religiosité, du sentiment religieux, qui s’accaparent le pouvoir « religieux » et entraînent des guerres qui ne servent toujours qu’au profit de quelques uns aux détriments de tous les autres.

Le combat de l’être religieux ? Il est intérieur. « Point de salut sans combat dans son intériorité » dit Saint Augustin.Il n’est pas d’aller faire la guerre ; ou de riposter à la guerre par la guerre. «  Cessons de tourner en rond autour du fait prenons le rayon qui nous ramène au centre » dit Plotin. « Là où il y a de la haine, de la colère, de l’agressivité, il faut mettre de la paix, de la sagesse, de l’amour ». « L’amour est fort comme la mort » : comme la mort nous coupe de la vie, l’amour nous coupe de la mort . Cantique des cantiques, ch 8.

Tant que l’homme ne combattra pas intérieurement son ego, il n’aura pas l’humilité, la simplicité, pour vivre dans l’amour et le respect de l’un comme de l’autre.

Dans l’horizontalité de l’existence, tout est prétexte pour la division, la séparation, la dualité ; dans la verticalité de l’esprit, tout fait est matière à un écoute nouvelle, une vision nouvelle, pour transcender le fait (la libération, la purification) et recevoir la Lumière pour créer une vie meilleure, un monde meilleur…

 

                                   – La mort obligée (ou subie) : Dans une vie de servitude, d’esclavage du monde moderne ; dans une vie toujours relative au fait, en fuite dans des terres extérieures à la recherche de systèmes compensatoires aux vides, manques, absence de lui en lui, absences d’écoute, de vision de ce qui est juste et bon , l’homme fait inconsciemment le choix du fait par rapport à son propre fait. Il se vide « de sa substantifique moelle » disait Rabelais, de sa capacité à vivre en lui. Sa vie est faite d’obligations, de contraintes, de goûts, d’envie, de besoins, égotiques qui le mènent au mal, au mal-être, à la maladie et assurément à la mort ! C’est la victimologie de l’homme de son propre négatif. C’est le culte du fait qui nous fait faire le choix inconscient de la fatalité. C’est la mort obligée avant l’heure…c’est la conséquence de tout ce qui nous arrive,maladies, accidents, drames, catastrophes. « En ce qui concerne les actes dont nous ne sommes apparemment responsables : les calamités naturelles, les tourments occasionnés par autrui, les maladies, les accidents ; ces faits ne sont dus ni au hasard, ni à une volonté divine, ni à une prédestination inéluctable. Elles sont la conséquence de nos propres actions : des flèches que nous avons tirées et qui reviennent sur nous ». «  Il n’y a pas de bien ni de mal, il n’y a que le bien et le mal que nos pensées et nos actes engendrent ; nous sommes responsables de nos vies comme l’architecte, l’intention, et le maçon, l ‘acte, répondent de la qualité d’une maison ! » dit Matthieu Ricard, moine tibétain. Pour cette raison les bouddhistes nous disent que «  passer du sommeil à l’éveil, c’est veiller à toujours être dans l’esprit, pour ne pas tomber dans le jeu du fait. »

                           

                           -La  mort libératrice : c’est la mort qui vient libérer le corps psychique ou physique de douleurs devenues insupportables pour le commun des mortels. Ces douleurs reflétant elles-mêmes toutes les autres douleurs : mentales, morales,affectives, comportementales, conjugales, familiales, sociales, matérielles, professionnelles…etc.L’accumulation de tous les maux rend parfois la douleur  tellement atroce qu’ elle amène au désir de la mort tant de la part du mourant, qui attend la mort comme une délivrance, que de la part des accompagnants qui ne peuvent plus supporter la déchéance de l’humanité de l’être cher. Cette seule constatation du fait, pose la question récurrente de l’euthanasie, pour tous ceux qui n’ont pas la symbolique de la vie, qui confondent toujours existence et vie ; et qui ont perdu, depuis des générations, la notion de l’âme et de l’esprit.

C’est ce sens de la vie, qui  a permis la mise en place de soins palliatifs, pour rendre le passage de la vie terrestre à la mort, le plus « confortable »possible. Ils excluent complètement le maintien artificiellement en vie, par une « machination » de prouesses technologiques, d’un être cliniquement mort !

La mort imminente, ou réelle, met le praticien à l’épreuve de sa volonté, de son courage, de sa force, de son autorité, dans l’aide si nécessaire à apporter aux proches. C’est sa connaissance de la vie, son combat quotidien pour la préserver le mieux possible, le plus longtemps possible, qui lui procure la force de sa vocation à la vie de l’autre ; et à ceux qui l’entourent.Devant la mort, encore plus que face à la maladie, le docteur fait place au médecin qui remédie aux maux de l’âme et de l’esprit…

Mais le médecin d’aujourd’hui, dans son vrai rôle préventif, devrait, pour cela, redevenir le prêtre qu ‘il était autrefois ! « Prêtre au sens de guide et de maître, et non pas, d’arbitre de la morale » dit A. de Souzenelle, dans le symbolisme du corps humain. Et, « c’est par l’effet d’un véritable renversement de la vapeur qu’il aurait, tout d’abord opéré en lui-même, que ce maître pourrait amener l’autre à stopper son processus d’involution et le mettre ensuite sur un chemin d’évolution. Toute autre médecine laisse l’homme dans une impasse, ou sur un palier nécessaire pendant un temps, mais qui de toute manière appelle toujours un autre palier. »

Pour cette raison, «  l’être spirituel est le médecin de sa vie, et celui qui est en capacité d’opérer la rupture, n’a plus besoin d’être opéré ». Cette rupture n’étant rien d’autre que le passage du besoin à la nécessité. Il ne s ‘effectue qu’avec l’aide d’un guide, d’un maître, dont la présence n’a pour but que de nous amener à cette dimension en nous-même. La présence du maître n’étant là que pour nous sauver d’un ego qui condamne la vie en nous comme autour ; la force de l’ego est de nous en nous amener à penser ou à croire, ou à nous penser ou à nous croire, parce que l’on n’est pas !

« Le Maître est un compagnon, un garde-fou ; car l’ego est tellement puissant qu’il peut nous égarer à chaque instant et celui qui a la prétention de cheminer seul à toutes les chances de se perdre ! »dit Khaled Bentounès , Maître soufi. Le maître est l’accompagnant de la vie pour la Vie :de la vie qui précède la mort ; de la vie du défunt après la mort ; de la vie de tous ces proches…Ces trois temps sont les trois « bardos » des bouddhistes : le temps avant la mort- le temps de la mort-le temps après la mort. « A côté des dépouilles mortelles se tiennent toujours des dépouilles vivantes » dit Sogyal Rinpoché, dans le Livre tibétain de  la vie et de la mort. Dépouillé de l’écoute et de la vision de la sagesse et de l’amour, l’homme existe mais ne vit pas. Il n’est plus le maître de la création, tel qu’il a été créé dans le Livre de la Genèse, il est devenu esclave de la matière… 

 

La mort matérielle concerne « l’enfant de l’homme ».

 

 LA  MORT  SPIRITUELLE

 « Qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car  déjà il passe de la mort à la vie…L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix : alors ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre ; ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. » Jean 5, 17-30

 » Amen, Amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Jean 12, 24-26

« Il faut mourir au fait, pour  ne pas mourir dans le fait… »disent les théologiens. Il faut mourir au fait, signifie le détachement du fait : le non-besoin que dans le fait les choses se passent de telle manière qu’elles satisfassent notre ego, notre besoin.

« L’esprit perd sa liberté et gémit sous un lourd fardeau, toutes les fois qu’il se charge des choses terrestres et fragiles. N’est-ce-pas là en effet un lourd fardeau qui rend l’esprit aveugle et débile, qui lui enlève toute sa force et toute sa vertu ? Qu’il y renonce donc, qu’il rejette bien de lui tout fardeau terrestre, s’il veut être noble et libre, car seule la pauvreté est libre de tout. Seule, par conséquent ,elle est la véritable grandeur de l’âme ; seule, la vraie liberté.

Cette liberté est un complet détachement, un entier dépouillement de tout:elle s’étend jusqu’à l’éternité. Sans doute, l’être qui ne dépend de rien, qui n’a besoin de rien, est propre à Dieu et à Dieu seul ; c’est pourquoi la pauvreté est est une qualité de l’être et non de la créature ordinaire.Voilà pourquoi c’est aussi une vraie liberté.Un esprit libre a renoncé à tout ce qui est périssable et créé, il est entré dans le bien incréé qui est Dieu Lui-même ! ( Le livre de la pauvreté spirituelle de Jean Tauler)

La mort spirituelle est le temps de la méditation des « orientaux », de ceux qui réorientent leur vie vers leur cœur. Il consiste à ramener l’esprit en lui-même, à porter une attention particulière, princeps à sa vie intérieure. La méditation est un état de calme, vigilant et spacieux.

La pratique de l’attention, grâce à laquelle nous ramenons en lui-même l’esprit dispersé et rassemblons ainsi les différents aspects de notre être, est appelée « demeurer paisiblement » par les bouddhistes. Cette pratique permet d’accomplir trois choses : -Premièrement, les divers aspects fragmentés de nous-mêmes, qui étaient en conflit, déposent leurs armes, se dissolvent et s’harmonisent. L’être intérieur commence alors à apercevoir la splendeur de sa nature fondamentale.

                      -Deuxièmement, la pratique de l’attention désamorce notre négativité, notre agressivité et la turbulence de nos émotions, héritées directement de notre manque d’initiation et des nombreuses vies qui ont précédées la notre. Plutôt que de les refouler ou de nous y complaire, il importe ici d’en reprendre le pouvoir, la maîtrise, avec une sympathie, une générosité et une reconnaissance aussi ouvertes et vastes que possible.  Tout malheur est bon quand on sait l’interpréter. La bonne interprétation est celle de la vie qui s’offre à partir du fait dans l’au-delà du fait ; du fait qui n’est plus subi mais transcendé. « Cette générosité est si chaleureuse, si douce et si agréable qu’on se sent enveloppé et protégé par elle comme par un manteau de soleil » disent les maîtres tibétains.

                       -Troisièmement, cette pratique dissout et élimine en nous le mal et la dureté, dévoilant et révélant ainsi notre Bon Coeur fondamental. Alors seulement commencerons- nous à être utile à autrui. Nous aurons quitter notre «  tunique de peau », l’apparent, le futile, pour revêtir l’essentiel : le Christ. L’essentiel, l’utile c’est l’Amour. «  En supprimant graduellement en nous toute dureté et agressivité grâce à la pratique de l’action, nous permettrons à notre Bon Cœur authentique, à cette Bonté fondamentale- notre vraie nature- de resplendir et de créer l’environnement chaleureux au sein duquel s’épanouira la vie de tout être véritable »dit Sogyal Rinpoché. La méditation est une cause puissante d’éveil de soi-même pour autrui! En effet, l’esprit ordinaire ne reçoit que des apparences d’intensité et de profondeur très différentes de la nature de l’esprit.

 Le travail de libération de notre vie de son conditionnement au fait, lui permet de passer la porte des hommes, celle de l’intériorité, et quitter la terre d’exil, de la servitude, pour rentrer dans celle de la maîtrise. C’est le passage de l’insouciance, de l’inconscience, de l’incapacité, de l’irresponsabilité, à la volonté, le courage, la force, le pouvoir de prendre de plus en plus, de mieux en mieux, toutes ses responsabilités.

« Laissez venir à moi les petits enfants » dit le Christ. L’enfant plongé dans les eaux du Baptême, passe de la mort à la vie, par la libération et la purification (l’eau, la vie) de son âme et de son esprit, du péché originel, la tentation de l’extériorité qui entraîne sa chute. « Si,par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. »Romains 6,4. Grâce au Baptême, la Résurrection apparaît, dès cette vie sur terre, dans le « Ici et Maintenant » du Christ, comme la possibilité de revivre en soi, selon Sa Parole : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». L’intériorité de l’homme est la transcendance de son humanité.

C’est le temps de la Passion du Christ, du redressement de l’homme, de son passage de l’horizontalité à la verticalité, de son retour à la conscience, de son élévation spirituelle (sa croissance) qui définit le « lèves-toi et marches » du Christ au paralytique. L’homme responsable est un homme debout et en marche, qui chaque jour, franchit de nouvelles étapes dans sa vie, dans sa relation à lui comme à l’autre. Il réoriente sa vie par une marche libératrice vers son cœur, l’ « orient » de sa vie. C’est une résurrection, une capacité retrouvée à vivre en lui, avec lui, pour lui ; « charité bien ordonnée commence par soi-même! » ; C’est « l’Ordo ab Chao »:l’ordre intérieur dégagé du désordre extérieur. Chaque détachement d’un fait, est une mort et résurrection. Ces morts et résurrections successives transforment l’homme pour que le monde se transforme autour de lui !

La mort spirituelle est une libération croissante  qui mène l’Homme à l’unité de la vie en lui, avec lui, pour lui, en vue de s’unir de plus en plus, de mieux en mieux, au monde.C’est le retour au Vivant (à l’être qui vit « en »lui). « L’homme ordinaire est en vie. Seul le sage est vivant » ; dit Sénèque dans la vie heureuse.

La mort spirituelle est le Chemin de la Sagesse ; c’est la mort initiatique qui ramène l’Homme au Christ (au cœur de lui-même) ; c’est la mort symbolique, qui redonne du sens à la vie par le détachement du fait. C’est l’Exode du peuple juif : du peuple qui quitte la Terre d’exil (l’extériorité) pour la Terre sainte (l’intériorité).Elle libère l’homme des goûts, des envies, des besoins,des illusions, des sentiments, des concepts intellectuels, de son ego, pour vivre le sens de la nécessité du devoir (des deux voirs)…

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »Jean 3, 35-36.

« Écoutes Israël ! Quand donc écouteras -tu ma Parole avec ton cœur ? Sans quoi il n’y aura sur cette terre que pleurs et grincements de dents » Deut, 8.

 

« Tout au long de l’histoire, les saints et les mystiques ont paré leurs réalisations de  noms divers et leur ont donné des visages et des interprétations variés ; mais fondamentalement, leur expérience est celle de la nature essentielle de l’esprit. Les chrétiens et les juifs l’appellent « Dieu », les hindous « le Soi », « Shiva », « Brahman », « Vishnou » ; les mystiques soufis la nomment « l’Essence cachée » et les bouddhistes « la Nature de Bouddha ». Au cœur de toutes les religions se trouve la certitude qu’il existe une Vérité fondamentale, et que cette vie, ici et maintenant, offre une opportunité sacrée d ‘évoluer et de la réaliser ». (Sogyal Rinpoché)

Le mystère de la foi dès lors s’accomplit…

 

La mort spirituelle concerne «  l’enfant de Dieu ».

 

LA   MORT  DIVINE

 » Ceux qui veulent connaitre la perfection du bonheur (il n’y a pas de bonheur sans perfectionnement) et la beauté qui est cachée aux yeux des hommes, doivent cultiver cette qualité de l’amour : vous devez être détaché de tout et cependant tout aimer  »  dit Krishnamurti.

C’est la mort ontologique, génératrice et créatrice de vie. A l’écoute de Saint Paul nous disant : « ce n’est pas moi qui vit ; c’est le Christ qui vit en moi », l’Homme qui vit en christ reçoit la vision du Christ vivant et ressuscité d’entre les morts.

« Nous nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères ». (1 Jean 3-11)

L’Homme ne rencontre l’Amour Infini et Éternel de Dieu qu’en plongeant  dans l’abîme insondable de son être qui le mène à son cœur. « Vous devez renoncer à tout ce que vous avez, tout ce que vous êtes, y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde » dit le Christ aux Apôtres. La croix du Christ symbolise la verticalité de l’être ; l’esprit de l’homme tourné vers le Ciel (l’Esprit) et non vers la Terre (la Matière) . La vocation divine, c’est la voix de l’action qui participe à la création d’une vie meilleure, d’un monde meilleur. « Au lieu de chercher à plaire aux hommes, vous feriez mieux de chercher à plaire à Dieu ! » dit le Christ. « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent ». « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux! ». Pour cette raison et toute autre, le Seul et Véritable Maître c’est le Christ ! Car, « nul ne pourra retourner au Père sans passer par moi », dit Jésus. Ce qui plaît à Dieu c’est l’unité. C’est l’unité de la vie en soi comme en l’autre qui constitue le corps mystique du Christ dont Il est la tête. Cette unité de vie est le fruit de l’Amour de Dieu établi selon Ses Commandements : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force ; et, tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

« Ce qui fait que Dieu est Dieu cela repose sur son détachement impassible : de là, sa pureté, sa simplicité, son immutabilité. Si donc l’homme doit devenir semblable à Dieu, cela ne peut être que par le détachement : de là, sa pureté, sa simplicité, son immutabilité. Et ces qualités produisent une ressemblance entre Dieu et l’Homme. Cette ressemblance est produite par la Grâce, qui ne fait qu’élever l’Homme au- dessus du temporel  et le purifie de tout ce qui est passager. » dit Maître Eckhart.

Ce détachement impassible est la mort divine qui rend l’incarnation du Verbe possible. « Pourquoi Dieu s’incarne en l’Homme ? C’est pour que l’Homme devienne dieu. L’Amour manifesté en l’Homme, à travers l’Homme,est la divinité de l’Homme. C’est le pur amour, l’amour désintéressé de l’Homme pour l’homme… C’est le cœur pur, Marie, la Matrice de Feu de l’arbre des Séphiroths des Hébreux (l’Arbre de la Sagesse de l’Homme : son arbre de vie).

La mort divine c’est la vie de la symbolique opérative : celle de la Bonne Nouvelle ; celle qui consiste à l’écoute nouvelle, la vision nouvelle, pour une vie sans cesse renouvelée. « Celui qui vient à moi, n’aura plus jamais faim ni jamais soif, car il sera devenu lui-même la source d’eau vive et éternelle ». A l’écoute de la Parole, il devient le « Bon Samaritain ». C’est le passage de l’avoir à l’être…

L’amour est une grâce : c’est la Miséricorde de Dieu. « Même si  le méditant abandonne la  méditation, la méditation n’abandonne pas le méditant. »dit Dudjom Rinpoché. La méditation, la prière, ne sont pas stagnations mais actions à la source de l’action. « Celui qui se dénude de soi-même et de Dieu, est dégagé de tout agir. Alors Dieu agit Lui-même en lui, libre qu’Il est d’agir »dit Jean Tauler.

La mort divine est celle de la Transfiguration : « Croyez-moi : je suis dans le Père , et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles -mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom,moi, je le ferai. »Jean, 14.

Les «  parfaits »  sont ceux qui cherchent sans cesse la perfection : plaire à Dieu ! Car, « comment voulez-vous aimer Dieu que vous ne voyez pas, si vous n’aimez pas l’autre que vous voyez ? » dit Saint Paul.

La vie est respiration : inspiration et expiration. La mort survient quand l’inspiration ne fait plus suite à l’expiration ; quand l’expir, l ‘amour des hommes, ne reçoit plus l’inspir, la lumière de l’esprit.

 

La  mort divine  concerne « le fils de l’Homme ».  

 

LA  MORT  ESSENTIELLE

C’est la mort mystique de l’homme qui vit éternellement en christ…

Apocalypse14,13 : J’ai entendu une voix qui venait du Ciel. Elle disait :Écris : Heureux dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs peines, car leurs actes les suivent ! » C’est la Grâce de l’Esprit Saint qui sauve le monde !

« Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là  qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.Quand paraîtra le christ, votre Vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire ». Lettre de Saint Paul apôtre aux Colossiens3, 1-4.

« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé !»L’orgueil de l’homme depuis la Genèse entraîne sa chute.Son humilité (sa pauvreté)permet son élévation. Le mystère de Dieu s’accomplit dans le cœur du fidèle qui a su faire taire son ego dans son retournement au Père. « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux »dit le texte des Béatitudes. L’âme de l’Homme parvenu au tréfonds de son être, est élevée par la main de Dieu à des champs de conscience dont il ne peut avoir conscience, car « comme Dieu est constitué ,l’âme l’est aussi ; car ci elle ne l’était pas , elle ne pourrait pas devenir Dieu, ni par la Grâce ni au-dessus de toute grâce. Et pourtant  l’âme doit devenir plus grande encore, à l’image de l’Amour divin »dit Maître Eckhart. C’est le Temps de la Contemplation où le cœur de l’Homme devient le Temple de l’Homme et le Temple de Dieu.

La mort essentielle, c’est la vie de l’Homme couronnée de la Sagesse et de l’Intelligence de Dieu.C’est l’esprit de l’Homme tourné vers le Ciel, à la quête du Sens qui vient du Ciel. « Demandez on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira !» Ev de Matthieu. La mort essentielle est le passage de l’être individuel à l’être personnel :celui qui prend conscience qu’il n’est personne sans l’Autre ; et que s’il n’est personne pour l’autre, c’est qu’il n’est encore personne pour lui. C’est celui qui sait Maintenant qu’il n’est personne sans les trois Personnes : le Père, le Fils  et le Saint Esprit.

La mort essentielle est la Matrice du crâne de l’Arbre des séphiroths des Hébreux : le Christ ressuscité et vivant au cœur de l’apôtre.C’est le prisme qui donne à la vie de l’homme la Seule et Véritable Lumière…

« Ne laisse jamais nos vies tout au long du jour manquer à la Lumière ; recharge-les du poids d’amour qui les entraînent vers le Père » demandent les apôtres au Christ.

La mort essentielle est la mort salvatrice qui ouvre les portes de la vie éternelle.

« Les dons que le Christ a faits, ce sont les Apôtres et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le Corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la Foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans Sa plénitude. » Éphésiens, 4.

« Même parmi ceux qui obtiennent une naissance humaine, rares sont ceux qui ont la bonne fortune d’entrer en contact avec les enseignements. Et ceux qui prennent véritablement ces enseignements à cœur et les concrétisent par leurs actes sont encore plus rares ; aussi rares, en vérité, que des étoiles en plein jour »dit Sogyal Rinpoché.

« Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec Lui dans la gloire. » Colossiens 3, 1-4  La mort essentielle est le retour auprès du Dieu Vivant … 

 » C’est en vous séparant et vous délivrant de toutes choses, en dérobant entièrement et sans réserve votre esprit à vous-même et à tout le reste que vous monterez vers le rayon suressentiel des divines ténèbres « . Jean Tauler ( Le Livre de la pauvreté spirituelle ). C’est la  » nuit mystique  » signifiée par Saint Jean de la croix.                                                                                                                                                                                                                              

 La mort essentielle concerne « le fils de Dieu ».

 

 

Les différentes morts symboliques sont autant de portes de passage à de nouveaux champs de conscience qui changent le cours de la vie des hommes sauvés par le Pardon du Père accordé au Fils sur la croix disant : « pardonnes leur Seigneur… ils ne savent pas ce qu’ils font! ».

Il faut mourir à son ego pour renaître à la vraie vie : passer de la mortification à l’ombre du fait, à la vie éternelle;de la faillite de l’être matériel, à la richesse de l’être spirituel ;de la complexité de la dualité, à la simplicité de l’unité ; du sommeil, à l’éveil de la conscience par la découverte de la symbolique ; du sentiment, à l’amour;de la sensibilité, à l’intelligence du cœur ;de l’inconscience animale, à la connaissance réelle de la nature de l’esprit ; de la chute dans les ténèbres, à l’élévation à la Conscience Suprême…

 Les bases de cet entraînement constituent ce que l’on appelle « les trois outils de la sagesse »:la sagesse de l’écoute et de l’entente, la sagesse de la contemplation et de la réflexion, et la sagesse de la méditation.Grâce à ces outils, nous sommes amenés à nous éveiller de nouveau à notre vraie nature et à découvrir, puis à personnifier, la joie et la liberté de notre être véritable – ce que nous appelons la sagesse du non-ego », dit Sogyal Rinpoché. Nous échapperons ainsi à la tragédie que constitue la chute continuelle dans l’illusion et le retour incessant dans la ronde douloureuse des naissances et des morts, des compensations et des décompensations. Cette vie représente la seule occasion et le seul lieu qui nous soient offerts pour nous préparer au salut de nos âmes, et nous ne pourrons le faire que par une pratique spirituelle assidue et fervente. « Nous devons vivre chaque jour comme si nous allions mourir demain »disent les bouddhistes. C’est la Méditation du Bouddha, la Sagesse de Confucius, l’Ésotérisme des maîtres soufis, l’Amour du Christ… qui donnent le sens de la vie sur terre : faire des mortels des vivants…

Quand l’homme redevient vivant, il rend le monde vivant et l’univers tout entier se rend vivant en son cœur : c’est une grâce de L’Esprit que de voir et de savoir que si les petits-enfants sont le fleuve, les enfants la rivière, les parents le torrent, les grands-parents le ruisseau, les arrières grands- parents la source, de la vie sur terre, et que cette source à son origine au ciel, car tout vient du Ciel, pour se jeter dans l’Océan infini de la vie. Les uns ne peuvent exister sans les autres : c’est l’interdépendance du monde essentiel et du monde phénoménal. Il ne s’agit donc pas , pour ceux que nous considérons comme disparus physiquement, de ne pas continuer à vivre…et de les voir vivants au cœur des vivants !  

 

En résumé, les trois morts sont des champs de conscience essentiels à la vie : « la mort spirituelle » est renaissance à la vraie vie, la vie intérieure, la vie en soi, avec soi, pour soi ; « la mort méditative » est accession à la vie spirituelle faite de partage et d’amour ; « la mort contemplative » est renaissance(résurrection) à la vie céleste, à l’élévation de la nature immortelle et infinie de l’esprit à la Conscience Suprême.

Blake écrit : « Si les portes de la perception étaient purifiées, toute chose apparaîtrait…telle qu’elle, infinie ».

 » Les processus de purification, aussi douloureux que nécessaires, traversent toute l’histoire; ils traversent la vie des hommes qui se sont donnés au Christ. Dans cette purification, le mystère de la mort et de la résurrection est toujours présent. Les hommes vont souvent trop loin dans leur quête d’expansion ; ce qui a trop poussé, à travers l’exaltation de l’homme, doit être, comme la vigne, émondé.  » De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus si vous ne demeurez pas en moi  » ( Jean 15, 1-8). C’est seulement à travers ces processus de mort que la fécondité se préserve et se renouvelle « . Benoît XVI

Les eaux du Baptême, l’Initiation, régénèrent la vie de l’être humain, vouée autrement à la mort, à la dénaturation, à la chute en suivant l’instinct de son animalité. Par son intériorisation, par la reconstruction du temple de sa vie intérieure, l’homme retrouve sa nature divine originelle par l’Amour du Christ, il est racheté du péché originel et élevé à la conscience de sa surnature essentielle.  » Il est vrai qu’avec le temps et petit à petit, on peut arriver à n’avoir plus besoin de mourir au péché, en ce sens qu’on aura pu atteindre un tel degré de perfection que les créatures et les hommes ne trouveront plus rien à mortifier ; on se sera tellement détaché  de soi-même  et de tout  ce qui est créé que tout sera devenu, selon l’expression de Saint Paul,  » ordure et balayure de la rue « . Mais encore faut-il convenir que cette mort multiple et variée est tellement secrète et cachée que les hommes ne peuvent en juger. Toutefois, ce qui est certain et ce qu’on ne doit pas oublier, c’est que jamais en ce monde l’homme n’arrive à un tel état de mort spirituelle, à une telle perfection de vie que Dieu ne trouve quelque chose encore à mortifier en lui. Par conséquent, l’homme pauvre et détaché de tout se livrera bien à l’action mortifiante de Dieu, mais non à celle de la créature qui ne trouve plus rien à détruire en cette âme « . Jean Tauler

N’oublions pas que nous sommes des voyageurs du temps hors du temps. La vie sur terre n’est qu’une étape ; nos corps un refuge temporaire !

                        

VEILLEZ  ET  PRIEZ

Beaucoup sont enlevés par une mort soudaine et imprévue : Car le Fils de l’homme viendra à l’heure qu’on ne pense pas. Quand viendra cette dernière heure, vous commencerez à juger tout autrement de votre vie passée, et vous gémirez amèrement d’avoir été si négligent et si lâche.

Qu’heureux et sage  est celui qui s’efforce d’être tel dans la vie qu’il souhaite d’être trouvé à La mort ! Car rien ne donnera une si grande confiance de mourir heureusement, que le parfait mépris du monde, le désir ardent d’avancer dans la vertu, l’amour de la régularité, le travail de la pénitence, l’abnégation de soi-même et la constance à souffrir toutes sortes d’adversités pour l’amour de Jésus-Christ.

Etudiez-vous maintenant à vivre de telle sorte qu’à l’heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de craindre. Apprenez maintenant à mourir au monde afin de commencer alors à vivre avec Jésus Christ. Apprenez maintenant à tout mépriser, afin de pouvoir aller librement à Jésus Christ. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les chose du monde ne sont rien. Conservez votre cœur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente.

Trop de vies donnent la mort ; alors qu’une seule mort suffit à donner toute la vie …

 

LA PRUDENCE

LA PRUDENCE

Les 4 vertus cardinales (Clémence – tempérance – Prudence – Force) figurent les quatre points du carré, qui est le symbole de la matière et dont le centre est la Justice (le 5).

Ces 5 vertus sont la quintessence de la vie sur terre. Elles portent en elles et donnent le sens de l’équilibre et de l’harmonie entre la vie intérieure et la vie extérieure, la Justice symbolisant le centre de cette vie intérieure.

Les vertus qui montrent la voie de l’intériorisation, le seul chemin menant à la Justice, sont la Clémence et la Tempérance. La Prudence et la Force sont l’expression, dans la Création, de la Justice.

L’homme n’est pas vertueux, il est rendu vertueux.

Toutes les vertus sont théologales. Elles viennent du Ciel, de Dieu qui en est la source. Le Théos, c’est à dire le verbe de Dieu, l’incarnation de l’Esprit de Dieu, se transforme dans la matière de l’homme en Logos, en parole vivante et en acte d’amour.

La Prudence appartient à la faculté appétitive et non cognitive. La faculté appétitive est la réponse à la saveur de la quête dans la relation à Dieu. La faculté appétitive fait référence au texte de l’Evangile de Jean 6 : « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ni jamais soif car il sera devenu lui-même la source d’eau vive et éternelle ». La faculté cognitive émane du besoin intellectuel. L’une ramène à la connaissance ; l’autre se rattache au besoin de savoir.

Saint Augustin : « La Prudence est un amour qui choisit avec sagacité ce qui lui est utile de ce qui lui fait obstacle ». « La Prudence est la connaissance des choses qu’il faut vouloir et des choses qu’il faut fuir ».

Le prudent, c’est le prude à ce qui ment : le chaste – le pur – l’humble. Son détachement lui procure la vision de l’au-delà en vue de l’action.

Le prudent est le maître qui signifie le choix de l’amour. Il incarne le Un fondateur, l’Image (l’Unité rétablie entre Dieu et l’homme), fondement de la Vraie Vie dans le monde (la Ressemblance). Le prudent est celui qui n’agit que par la Grâce de l’Amour de Dieu.

Saint Isidore : Le prudent est le « porro videns » (comme voyant loin). Le prudent est le clairvoyant ; il lui est donné la vision du lointain, de l’au-delà du fait.

Saint Augustin : « La Prudence est un amour discernant bien ce qui amène à tendre vers Dieu de ce qui peut l’en empêcher ».

La Prudence symbolise cette intention pure de communiquer, de vivre et partager la Vraie Vie.

Le prudent considère le devenir et non le présent.

La Prudence ne concerne pas le conseil dans la raison ni l’élection dans l’appétit : la Prudence n’est concernée ni par le goût ou l’envie, ni par le choix de la raison. La Prudence ne s’applique pas au fait ; elle est vision de l’au-delà du fait. La réussite de la Prudence ne consiste pas dans la simple considération mais dans la participation au Grand Œuvre de la Création. C’est la Prudence de Maître Hiram, dans le silence de sa mort, qui permet la construction du Temple de Salomon (du temple de la vie intérieure de chacun dans le secret de la relation à Dieu). Le Silence est le symbole du secret, de ce qui se crée dans la relation de l’homme à Dieu.

« Devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’Edifice » dit Jésus aux Apôtres. Le sens de cette pierre vivante est de se rendre vivante dans sa relation à l’autre. Le vivant est l’être universel qui vivant en lui, vit avec l’autre pour l’autre, en lui comme en l’autre, en l’autre comme en lui. Et là, la reconstruction du Temple de Salomon s’accomplit au regard de Dieu.

Maître Hiram est la Pierre Angulaire fondamentale de l’Edifice qu’est la Création de la Vie ; Jésus est la Pierre Angulaire Triomphale, et c’est une seule et même pierre. Maître Hiram, comme Jésus, est éternellement vivant, car étant mort au fait, il est mort à sa mort dans le fait.

Le prudent a une volonté propre car détachée de tout fait. C’est la Volonté de Dieu qui le rend prudent. Il n’est prudent que grâce à Dieu. Le prudent n’est ni dans l’avoir ni dans l’être ; il se positionne (se pose dans Sion) dans l’au-delà. Sa vision est verticale même si sa traduction peut apparaitre horizontalement.

Est-ce une « faculté appétitive » ou une « faculté cognitive » ?

Faculté appétitive : ce par quoi nous sommes nourris. Elle est déterminée par la réponse à l’Appel de la vie intérieure. Cela évoque la Manne du désert (Deutéronome). L’homme a écouté la Parole de Dieu qui le ramène à la Jérusalem terrestre de son cœur, parce-que l’homme initié prend conscience qu’il a déserté son cœur. Cette Manne du désert, c’est la Parole de Dieu qui suffit à nourrir, non plus son corps qui est dans le besoin d’avoir, mais son âme et son esprit pour qu’il soit ramené à la nécessité d’être. L’être matériel a toujours besoin de nourrir son corps sans que jamais cela soit suffisant. L’être spirituel est appelé à enrichir son âme et son esprit de la Parole de Dieu.

Faculté cognitive : ce qui émane de la conscience de l’homme (intellect inférieur) dans sa vision claire du monde. L’Intelligence Supérieure met l’être en relation avec la Conscience Supérieure ; c’est l’Être conscientisé, celui qui a reçu la Conscience, en vue de l’amour.

Le prudent est le pur, le chaste, le prude détaché de ce qui ment.

« Seulement dans la raison pratique, ou aussi dans la sagesse spéculative ? »

Prov (10,3) : « La prudence est sagesse pour l’homme ! »

Or la sagesse consiste principalement dans la contemplation. Donc de même la prudence. La contemplation se situe au cœur de l’Homme qui devient à la fois le temple de l’homme et le Temple de Dieu. Ces deux temples sont les deux sens de la relation de l’Homme à Dieu et de Dieu à l’Homme. Au cœur de l’Homme, il n’y a plus que le Sens qui se traduit en symbole, en reflet du Sens dans la création. Le Maçon spéculatif est celui qu’espère Dieu dans le reflet de Son Image. L’Image est la pureté de l’Homme. L’Image de Dieu c’est l’Image de l’Au-delà, c’est le Sens de l’Au-delà. L’Au-delà de l’Image, c’est la Ressemblance. La Ressemblance est le Sens de l’Image. Le Maçon spéculatif reflète le Sens. L’opératif signifie l’union de l’Esprit et de la Matière. Le Spéculatif signifie l’union de Dieu à l’Homme : Dieu s’unit à l’Homme et lui confère Son Image en vue de refléter Son Esprit. La Prudence s’occupe de la recherche du Vrai.

L’imprudent est dans le déterminisme de sa vie par le fait. Le prudent vit dans la ferme détermination, c’est-à-dire la ferme volonté à l’action. Le premier est passif, le second acteur.

Prov (23,4) : « Mets une mesure à ta prudence », ce qui veut dire « Sois prudent pour mesurer ! ».

A propos des vertus en général : « La vertu rend bon celui qui la reçoit, et bonne l’œuvre qu’il accomplit » (L’œuvre qui s’accomplit à travers lui, autrement dit la participation au Grand Œuvre).

L’art est ordonné à une fin particulière (guerre, médecine, …) alors que la prudence en mesure l’au-delà. La Parole des Proverbes n’est pas à entendre comme si la prudence devait être elle-même mesurée ; mais en ce sens qu’il faut toujours imposer à toute chose la mesure de la prudence. Seule la prudence permet de mesurer ! La justesse découle de la prudence : c’est la sagesse du juste.

La Prudence n’est pas une vertu particulière car elle n’a pas d’objet propre. Elle est la « droite raison de l’action » dit Aristote. La Prudence permet de mesurer le degré de l’action ; c’est donc une sagesse car elle s’établit dans le pour, et non pas une raison établie par rapport, d’où sa droiture. La « juste mesure » est la mesure (la Prudence) de l’application de la Justice. La Justice témoigne de la Prudence : elle en est l’application. Depuis la venue du Christ, la Justice s’applique grâce à l’Homme, l’homme parvenu au cœur de lui-même pour se rendre à la Justice. Rendu à la Justice, il lui est rendu la justice d’être juste : la capacité retrouvée d’être Juste, d’être capable d’œuvrer grâce à la Justice. Le Tempérant se rend à la Justice. La fin de la Tempérance est signifiée par la Prudence. L’Homme, c’est le tempérant parvenu à la Justice du cœur où il est rendu prudent. C’est le vivant en christ ressuscité, à la croisée des chemins de l’humain et du divin. La Justice appliquée au monde, c’est l’Amour (horizontalité). Et, dans sa relation à Dieu c’est la Force (verticalité).

Le sens de la Prudence est de permettre à l’Homme d’illuminer sans aveugler. Elle filtre et canalise la Lumière de la Justice. Le cœur de l’Homme est le diaphragme de l’Amour de Dieu en vue de la Justice. La Prudence n’est pas une vertu car elle ne ramène pas l’homme à Dieu. C’est une grâce divine en vue de l’amour dans l’Esprit de Dieu. La Tempérance – la Justice – la Force sont des vertus dans le sens qu’elles transforment l’Homme en Être tempérant, juste et fort par la grâce de la Prudence. Toute vertu émane de Dieu pour ramener l’homme à Dieu. C’est pourquoi la prudence est une qualité et non une vertu !

L’Espérance, la Foi et la Charité n’appartiennent qu’à Dieu : ce sont des attributs de Dieu. Les vertus sont données à l’homme en vue du don de l’Homme dans sa ressemblance à Dieu. La nudité de l’Homme tient à son dépouillement de Dieu. En revêtant l’armure du Christ, il retrouve la Puissance de l’Esprit qui l’unit à Dieu. Maître Eckhart : « L’homme arrivé au cœur de lui-même est par grâce ce que Dieu est par nature ».

Il n’y a donc pas de vertus morales et théologales : il n’y a que des attributs de Dieu reçus en grâce par l’Homme en union à Dieu.

La Prudence est donc une qualité appétitive (qui suscite la faim) pour un esprit de Justice épris de l’Amour de Dieu. La Prudence a pour Principe de rendre les vertus vivantes. La vision du cœur nous donne à voir ce qui est juste, car ce qui est juste c’est « Ce qui parle » (la Parole) au cœur de l’Homme, ce qui se révèle à manifester. La manifestation pour l’Elu c’est le manifeste (la Loi) dans l’action. L’Homme épris de Justice est celui qui oriente sa vie vers l’amour inconditionnel, selon la Loi : « Aimes ton prochain comme toi-même (comme toi-même tu es aimé de Dieu).

L’Homme qui reçoit la vision du cœur donne à voir ce qu’est le cœur ; et à travers lui ce que c’est que d’être vivant …

Selon la Parole du Christ : « Devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’édifice », la Maçonnerie est l’acte qui participe de cette construction  (et non pas à cette construction). L’homme vertueux est un homme construit et façonné par la Sagesse et l’Amour de Dieu. Et c’est cette construction qui participe à la construction d’une vie meilleure et d’un monde meilleur.

La reconstruction du temple de sa vie intérieure, sortie des décombres de sa déstructuration mentale, affective et comportementale par le monde sensible, ramène l’homme à la sainteté d’une vie purement spirituelle.

Un travail passionnant est un travail qui nous ramène à la Passion du Christ.

Pour le Christ, ne sont semblables, autrement dit frères, que ceux qui marchent ensemble vers leur cœur dans le seul but de rendre gloire à Dieu et de vivre selon Sa Ressemblance. Les « Semblables » sont ceux qui vivent en esprit. C’est le « Et » de la Vie Spirituelle par la grâce de l’Esprit Saint qui constitue l’ensemble, c’est-à-dire l’Edifice.

Au regard de Dieu, les semblables sont ceux qui sont en capacité d’être assemblés, et non pas de s’assembler. « Partout où vous vous réunirez en mon nom (la raison pour laquelle nous sommes assemblés), je serai parmi vous » Paroles du Christ.

N’est vertueux que celui qui ne peut plus se penser ni être perçu comme vertueux. Il n’est rendu vertueux que par la Grâce de Dieu.

La Prudence établit-elle le milieu des vertus morales ? Non, car elle est établie au milieu des vertus morales c’est-à-dire au cœur de l’Homme. Les vertus sont une exigence de Dieu ; la Prudence un don. « Rares sont ceux qui vivent dans l’exigence de sens absolu qui les habite ! » A. Abécassis (théologien Juif).

La Prudence est la droite règle des actions ! En ce sens elle est impérative. C’est-à-dire qu’avant l’action il faut veiller à la Prudence. Sans la Prudence (le détachement) l’homme ne peut que réagir et non agir. La Prudence permet l’agir divin par le non-agir humain. Le prude (le chaste, le pur) n’a aucune intention propre. C’est l’amour qui signifie la Prudence.

Toutes les vertus sont des actes : le « ce », la dernière syllabe des quatre vertus cardinales, est ce qui « signifie » la connaissance de l’Être : L’Être qui voit naître en lui comme dans le monde « ce qui » est juste – tempérant – prudent et fort. Le « ce » est le signe de la Présence de Celui qui est à travers l’être. Tous ces actes sont amour car, émanant du cœur ils sont inconditionnels. Ils sont sources de vie dans la Création. Ce que l’homme ordinaire appelle « fait », l’Initié le nomme Matière : matière à écouter, à voir, à comprendre, à vivre. Le profane en appelle à tout autre que lui ; l’éclairé est porteur du Saint Nom qui nomme toute chose « amour ». La Matière est pour l’être, invitation à la « Participation de la construction de l’Edifice », au Grand œuvre de Dieu. Ce qui était extérieur devient intérieur pour transformer l’être en « pierre vivante ».

En conclusion : Le Prudent, dans sa relation au monde, est le symbole du maître, qui met de la mesure et de l’évaluation dans tout ce qui doit être.

 

 

LE CARÊME

LE CAREME

 

Ou, pourquoi Jésus a prié pendant quarante jours dans le désert ?

 

Le mot carême a la même étymologie que les mots charisme et kérygme. L’être charismatique est celui qui vit la chrismation, l’incarnation du Verbe dans sa vie en christ ; le kérygme étant l’évangélisation, la révélation de la Lumière des fidèles aux incroyants.

Le Carême est cette chair (le charisme) que Dieu aime et qui aime ! Ce qui est « cher » au regard de Dieu, c’est le « Monos », l’Unité : l’unité de l’esprit, de l’âme et du corps ; unité de vie de soi en soi ; unité de vie de soi en Dieu, de Dieu en soi.

Le Temps du Carême est défini par les 40 jours de Jésus en prière dans le désert : Dieu (Jésus) nous prie de ne plus déserter notre cœur pour vivre en christ et être sauvé de la tentation du Satan qui s’emparerait, avec la faiblesse de l’homme, de son âme et de son esprit, pour devenir le « Diabolos », le diviseur, le séparateur.

 

Le temps de la prière est invitation au détachement du monde extérieur, à la libération de l’âme et de l’esprit du conditionnement de la vie à la matière, de la pureté et de la simplicité de l’intention de mettre sa vie dans les mains de la Volonté de Dieu.

Elle est symbole de l’incarnation de l’homme en l’Homme- de Dieu en l’Homme, pour que l’Homme devienne dieu. « Dans l’Amour, nous sommes des dieux auprès de Dieu » selon Saint Paul.

 

Avec la venue de Jésus, les 40 ans de l’Ancien Testament se sont transformés en 40 jours du Nouveau Testament ; comme si, avec la venue de Dieu sur terre, avec Sa Présence, son aide, tout devenait plus à la portée des hommes, plus proche !

En fait il s’agit toujours d’un Seul et Même Temps, d’un Seul et Même Jour ; D’une Seule et Vraie Lumière : une Lumière au-delà de toute lumière ; un temps en dehors de toute temporalité.

Les « ans » signifiant le « En », l’intériorité ; les « jours », la Lumière qui transforme le cœur de l’Homme en Vérité.

« 40 » c’est le carré de la Matière ; le « 10 », c’est le Yod des Hébreux, l’Incarnation du Verbe, au cœur de l’Homme, de la Manifestation de Dieu dans Sa Création. Ce 10, c’est le Un, c’est Dieu au cœur de l’Homme ; le centre de la croix du Christ qui étend Sa Sagesse et Son Amour dans les 4 directions de l’Espace.

 

Lorsque le Satan, le Révélateur, vient reprocher à Jésus de demeurer en prière, alors qu’Il est censé venir sauver le monde, c’est pour signifier que « nul ne pourra sauver le monde », si ce n’est Dieu par la Grâce de L’Esprit Saint en chaque homme !

La prière de Jésus est de signifier qu’Il est le Chemin du cœur, la Vérité libérée des illusions, et la Vie : l’Au-delà de tout fait. Le temps de la prière est le temps du premier Au-delà, le temps de l’Au-dedans, de l’Eau du dedans, de l’intériorité, du Baptême. Dieu ne reconnaît pas les siens aux mérites de leurs activités, mais à leur vie selon la Foi qu’Il a placé en chacun d’eux : la Révélation de la Foi se fait au cœur de l’Homme ; et dans le monde à partir du cœur de l’Homme : sa prudence c’est de voir toute chose avec son cœur ; sa force, c’est sa justice qui est de toujours agir avec son cœur, avec l’aide de « sa » Conscience Suprême !

Lorsque le Satan encore, lui dit « qu’Il va mourir de faim et de soif », c’est oublier qu’Il est le Pain de la Vie Nouvelle et Éternelle ; et  que, « celui qui vient à moi, n’aura plus jamais faim, ni jamais soif, car il sera devenu, lui-même, la source d’eau vive et éternelle… »

C’est la « Manne du Désert » : la Parole de Dieu qui nourrit l’âme et l’esprit de l’Homme, qui lui donne et redonne sans cesse la volonté et le courage d’aimer. Elle est le passage de l’avoir à l’être, du besoin à la nécessité, de l’extériorité à l’intériorité, où l’Homme doit puiser au plus profond de son être la force que Dieu lui donne dans Sa Fidélité. C’est la Foi que Dieu place en l’Homme, en chaque homme. L’incroyant n’est rien d’autre que celui qui ne s’est pas encore rendu au cœur de lui-même, au centre de sa propre vie : à la croix du Yod (le « Y »), du Saint Nom de Dieu, YHWH, qui donne du sens à sa vie qui n’est plus dès lors limitée à son seul fait !

Le Temps du Carême est le temps du détachement de tout fait, y compris de notre propre fait ; tel est le sens du Jeûne, de mourir au fait de ce que nous étions (nos cendres), et renaître à Pâques, avec le Christ, Grâce au Christ, à la Vie Éternelle…

« Au cœur de l’Homme, le bois du supplice se transforme en Arbre de Vie » St Paul.

 

 

HYMNE : Pour accueillir sa grâce, voici le désert immense :

                   Le lieu de nos refus est le lieu de sa patience.

                  Le Christ attire à Lui tout homme :

                   Le temps du désir se prolonge encore ;

 

                  Pour nous mener vers l’aube, voici qu’une nuit commence.

                  Demeure notre cœur dans la paix et le silence :

                 Le Christ est près de nous, Il veille,

                  Lumière promise au monde qui dort.

 

 

21 Mars 2017

 

 

NOËL

NOËL

Mot magique qui renferme beaucoup de sens, qui suscite, génère, crée Le Sens.

Le « Noun » est le symbole de la sur-vie dans d’autres dimensions. En hébreu, le « Noun » est le poisson. Le N de Noël annonce l’ère des poissons ; de l’unité rétablie entre les Eaux d’En-haut et les Eaux d’En- bas : c’est le rétablissement de la Vraie Vie sur Terre. Elle est l’unificatrice des multiples. Elle est établie par la Connaissance du « El », de Lui, de Dieu dans Sa Volonté permanente d’Amour pour l’Homme.

Ce qui est nouveau à Noël c’est que ce nouveau pour l’Un est nouveau pour tous. Ce qui est nouveau c’est que ce qui était loin de nous, dans l’au-delà de l’au-delà, ce qui échappait à nos sens devient présent au regard de notre intelligence à tel point qu’elle s’en trouve transformée en véritable Intelligence : celle du cœur. Le mystère de Noël c’est le mystère de l’Incarnation qui ne peut être perçu que par celui qui choisit de s’intérioriser, pour aller au cœur de lui-même, là où crèche l’Amour.  C’est le symbole de la crèche qui marque le passage du temps ordinaire au temps hors du temps. La Fête de  Noël est celle de notre cœur qui retrouve la joie de nous voir vivre pleinement en nous-mêmes, avec nous-mêmes. Noël c’est le temps pour tous, le temps qui a été promis pour générer la vie, le temps nécessaire pour transformer la créature en créateur. L’absence de temps, ou le temps limité par le fait, devient un temps infini, éternel. Avec la naissance de Jésus commence notre résurrection, notre passage du fait à l’esprit, notre retour au Ciel, au plan divin. Résurrection qui trouvera sa plénitude avec Pâques. Avec la Fête de la Résurrection du Seigneur Jésus. Enfants de Dieu, en suivant Sa Parole nous devenons Ses Fils, membres de Son Corps dont Il est la Tête. Plénitude donc et non fin car participant Toute entière à la Vraie Vie.

 Avec Noël nous ne fêtons pas une ère nouvelle mais l’Ere Nouvelle et Eternelle : celle de l’Incarnation de l’Esprit Saint. En transformant son corps en crèche vivante, en crèche intérieure à l’image de la Crèche qu’il laissait toujours extérieure, l’homme se prépare à recevoir l’Esprit Saint sans lequel il ne peut « comprendre » (recevoir et vivre) l’Amour. L’Esprit Saint peut alors s’incarner comme Jésus s’incarne en Marie. C’est la Lumière divine qui se manifeste dans la nuit pour transformer les ténèbres en lumière de vie : c’est « le Jour Nouveau ».

Il y a ainsi trois manières pour l’homme de fêter Noël :

  • Une manière païenne
  • Dans le fait religieux (la religiosité)
  • Dans l’esprit de la Religion

 

Les deux premières manifestent d’éducations différentes. Quant à la dernière elle exige une entière liberté vis-à-vis de tout concept reçu depuis des générations. Une liberté qui est le fruit de l’Amour de Dieu dans l’exigence pour l’homme de sa mort à son ego. Chaque Noël devient alors « un miroir » dans lequel il est nécessaire de vérifier que nous sommes bien toujours vivants, que nous incarnons véritablement cet « Homme Nouveau ». A partir de Noel le bonheur de vivre se transforme en joie  profonde de se vivre pour celui qui cherche avec un cœur sincère et pur.

Pour l’homme qui fête la Nativité (la Volonté de Dieu de naître en l’Homme pour le faire renaître à la Vraie Vie) tout ce qui est nouveau devient une nouvelle source de vie, de joie et de paix…

Le Sacrifice du Fils témoigne de l’effacement de Dieu pour que l’Esprit Saint s’incarne en l’Homme, en chaque homme retourné à la Bethléem (« La Maison de la Paix ») de son cœur pour marcher vers sa Jérusalem (« Le Shalom –le salut- par le retournement à Dieu- le Je »). «  Il faut se laisser pénétrer du Yod (de la semence divine) et le laisser croître en nous » dit Annick de Souzenelle. Noël est alors fête de la Présence, pour l’Homme qui revit en lui, avec lui, avec Lui. C’est le sens de la réponse à la question du Christ sur la croix : « Père pourquoi, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Le vide de son humanité appelle l’Incarnation de l’Esprit et l’accueil du Verbe créateur.

Noël est la Fête qui annonce le retour possible de la créature à son Créateur (l’Espérance) en suivant le Chemin (Le Christ) qui le ramène à  l’Image (l’Être pur) pour aller à la Ressemblance  par l’Incarnation du Verbe qui témoigne de la Grace de l’Amour…

 Dieu se fait tout petit dans «  l’étable » (symbole de l’humilité nécessaire pour l’établi-ssement de la Loi : « Maintenant que Tout est établi, J’ai soif » Parole du Christ sur la croix) en présence de l’âne – symbole de la fidélité à la Parole- et du bœuf symbolisant le souffle divin- pour que l’Homme devienne grand !

Dans la Grace de Noël l’Homme retrouve le sens de l’Au-delà…Le cœur de l’Homme devient alors centre ontologique de la vie dans la Création…

Avec Noël s’ouvre la porte du Salut de l’humanité. Le cœur de l’Homme retrouve la joie par le retour du non-être à l’Être. Noël annonce la Pâque et le Corps Glorieux du Christ contre la mort. L’Incarnation porte en elle le message de l’ex carnation. L’Être charismatique est porteur de la bannière de la Résurrection. Retourné à son cœur l’Homme retrouve son âme et le sens de l’Être par l’élévation de son esprit en communion avec Dieu. C’est la « Grande Nouvelle » : avec la venue du Christ, tout ce qui est nouveau tient au cœur de l’Homme…

 

« Mon beau sapin, roi des forêts… » L’homme a tôt fait de s’approprier les dons de la nature ! Dans chaque maison il est coutume de «  faire le sapin » pour Noël ; de faire rentrer la nature dans la demeure familiale. Son feuillage persistant toujours vert, porte l’espérance d’une vie meilleure, comme une flèche tendue vers le ciel, le Royaume… Sa forme triangulaire représente la vie trinitaire de la famille : le père, la mère, l’enfant.

Si la crèche est le point de rencontre avec l’Autre, le sapin est le point de rassemblement de toute la famille réunie en cercle autour de lui. Les guirlandes symbolisent le lien familial, la continuité de la vie familiale de génération en génération ; les lumières qui l’illuminent, l’esprit, la volonté de se retrouver tous ensemble ! L’étoile à la pointe du sapin est « l’étoile du matin », le Christ retourné vers le Père, grâce auquel l’Esprit Saint viendra éclairer le cœur des initiés, de ceux qui ont fait le chemin vers leur cœur… C’est l’éveil, au matin, des petits-enfants aux cadeaux de la vie.

La crèche représente la descente de l’Esprit sur terre ( l’Immanence) ; Le sapin représente la Transcendance de la vie terrestre, de l’esprit de l’homme tourné vers le ciel, vers l’au-delà, vers la vie quittant les ténèbres de l’hiver pour le renouveau du printemps. L’incarnation de la vie devient, avec le temps, élévation de la conscience pour les uns ; de l’âme et de l’esprit pour d’autres !

La fête de Noël est totale pour ceux qui ne séparent pas l’existence de la vie, l’esprit de la matière, « en faisant » la crèche et le sapin… Le cœur de l’Homme est éternellement rempli de joie de voir la vie terrestre comme céleste : la Vraie Vie !