LA  SYMBOLIQUE DU VERITABLE CHEMIN 

« Lèves-toi et marches… » dit le Christ au paralytique. Tous les matins symboliquement il faut se lever et prendre son fardeau (pour ne laisser à personne de « porter » le poids de nos insouciances, inconsciences, incapacités, doutes, angoisses, soucis, contrariétés…toute sorte de fait, d’événements susceptibles de peser sur notre vie). C’est le chemin intérieur qui libère de la pesanteur et évite la « chute ». «Celui qui vient à moi verra que mon joug est facile à porter (le serviteur de Dieu) et mon fardeau léger (le don de Dieu : la charité). » Parole du Christ.

Sur le chemin nous marchons en christ avec le Christ ; c’est-à-dire avec un cœur nouveau. « A chaque jour suffit sa peine ! » : chaque nouveau jour se transforme en jour nouveau, en « lumière » nouvelle. Chaque jour (la lumière) dans sa plénitude (la suffisance –seule véritable valeur pour l’homme sorti des ténèbres) se donne à voir, à écouter, à comprendre, à vivre : le cœur est transformé en cœur nouveau. C’est dans ce but que le Christ affirme : «  Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».

La compréhension de ce chemin repose sur l’humilité, condition nécessaire à l’agir divin. Le sens du chemin va bien au-delà de sa seule conception. Il est défini par le sens de l’au-delà. Il est le sens de sa vie dans sa relation au monde. C’est le sens de l’au-delà de soi, comme du chemin, qui en définit la vérité, l’authenticité. Il ne s’effectue pas dans l’éphémère mais dans l’indéfinissable. Il obéit à une volonté tout autre que la sienne. Il est invitation à la vie pour le partage.

Ce chemin de vérité nous évite les faux chemins de la conquête de la renommée qui mènent la vie dans le tombeau de la matière. C’est le chemin de la conversion, du retour de la créature à son Créateur en passant par Sa Création. Le chemin par nature est ontologique (générateur de vie) car il se déroule dans la Nature : le « Tout » devient « un ».

Le chemin du cœur est celui qui mène au cœur de la Vie, au Sacré Cœur. La consécration de sa vie est l’établissement du sacré dans sa relation à soi comme à l’autre. Le chemin nous met en disponibilité, en capacité, de la réaliser. C’est le Chemin de l’Amour : « En celui qui garde fidèlement sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous reconnaissons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. » 1 Jean. 2, 5-6. C’est le chemin de la passion du réveil de l’âme.

Le chemin est témoignage de la verticalité de l’être qui a franchi la porte étroite des Hommes. Il signifie le passage de l’horizontalité (la mort) à la verticalité (le mouvement, la vie). C’est le chemin de l’homme « debout » et en marche, de l’homme conscient et fermement déterminé à parcourir le chemin qui le sépare de l’autre, de Dieu en l’autre. C’est la quête du « Soi » : de cet autre moi, en moi ; comme de cet autre moi en l’autre. Le but du chemin c’est la rencontre de l’autre grâce aux retrouvailles de soi. Le chemin est une résurrection de l’unité rétablie en soi pour pouvoir s’unir à l’autre. Ce chemin de l’Amour est le chemin du partage, du pardon et du sacrifice : tout ce qui nous est donné de recevoir est à donner à vivre. Le Chemin n’est pas « mon » chemin ; il est la possibilité offerte pour tous de se mettre en chemin. Isaïe 55, « Cherchez le Seigneur tant qu’Il se laisse trouver. Invoquez-Le tant qu’Il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme pervers ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées au-dessus de vos pensées.» Être en chemin c’est marcher vers le devenir de l’Être ; c’est être en devenir. C’est le chemin de l’intention permanente, de l’attention constante intérieure, de la méditation, de la prière.

Le chemin est une Grâce de la miséricorde et une icône de la résurrection. L’Initié, l’homme ayant reçu la Lumière, quitte les ténèbres de la matérialité et marche en conscience vers son être spirituel : le retour à l’image (la pureté par le détachement) le mène à la ressemblance (l’amour inconditionnel).

Ayant quitté les chemins de l’absence, le « chemin »  mène au cœur de la présence …

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