LA TEMPERANCE

LA TEMPERANCE

La tempérance est une vertu humaine, émanant du fait, et est, par conséquent, considérée comme la moins digne des vertus cardinales.

« Cardinale » vient de « cardo-inis » : gond, pivot, point d’ancrage ; ce qui signifie le cœur de l’homme, c’est-à-dire le centre ontologique où la vertu cardinale devient le principe initiatique qui rend l’homme vertueux. Plus l’homme est proche de son cœur, plus il est stable et plus il est fort.

Les vertus morales (humaines) sont le fruit des vertus fondamentales (divines) d’Espérance, de Foi et de Charité. Ces vertus morales permettent l’ouverture des portes du cœur et de l’esprit, à la Vraie Vie.

La tempérance est une « belle » vertu, pour l’être qui se trouve encore dans le besoin de reconnaissance. Mais étant une vertu relative au fait, elle est aussi un voile au désir profond qui anime le cherchant de la béatitude. C’est une vertu qui demeure « extérieure » à son cœur. Elle signifie l’acquisition de la rationalité par une « aptitude naturelle à la vertu », selon Aristote. La tempérance n’est pas spirituelle, mais rationnelle.

A toute vertu correspond un don. Il n’y a pas de don qui corresponde à la tempérance. Le don signifie la Vertu. Elle est en cela Don de Dieu. C’est l’au-delà du Don. Le Don céleste se transforme en don terrestre.

La tempérance est le « temps fini de l’errance » : le temps qui signifie que l’homme n’est pas encore parvenu au cœur de lui-même, mais qu’il tend vers celui-ci. La tempérance ne témoigne d’aucune évolution verticale : elle est progression constante de la vie en soi, contribuant à son amélioration dans sa relation au monde. Elle est le reflet dans le monde du rétablissement de la vie intérieure, ce qui favorise le calme et la douceur extérieure. La marche vers l’unité permet le détachement de la dualité. C’est l’ordre intérieur qui fait sortir du chaos extérieur. La tempérance est une vertu qui permet de s’extraire du chaos.

La tempérance redonne à l’homme la crainte de Dieu.

La Crainte de Dieu : Dieu craint que l’homme ne conforme pas sa vie à Sa Parole de Sagesse et d’Amour, et qu’il continue à vivre selon ses gouts, ses envies, ses besoins. Le « don de crainte » invite à éviter d’offenser Dieu en permettant à l’homme d’aller à la rencontre de l’expression de la tempérance. La crainte de Dieu est salutaire parce qu’elle libère l’âme et l’esprit de l’homme des doutes, des angoisses, des craintes et des peurs relatives au fait. Elle correspond à la vertu d’Espérance. La Loi fait autorité pour rendre l’homme vertueux. Ce qui reprend le principe qu’ « il n’y a pas de loi sans autorité ; ni d’autorité sans crainte ! ».

La tempérance a donc le pouvoir de ramener l’homme à Dieu en retrouvant la crainte de Dieu.

La tempérance est honorable en ce sens qu’elle résulte du combat mené contre la tentation.       Saint Augustin : « Point de salut sans combat dans son intériorité ».

Saint Augustin : « Il appartient à la tempérance de se garder pour Dieu intègre et irréprochable ».

Saint Ambroise : « Dans la tempérance, c’est surtout la sérénité (la paix) de l’âme qui est considérée et recherchée ».

L’Homme retrouve son âme au cœur de lui-même ; et retrouvant son âme, il retrouve ensuite l’esprit. Pour le Maçon, les trois principes réunis, corps-âme-esprit, constituent « l’équerre » de sa vie.

La Beauté est la traduction de la Justice. Elle est l’image de la Vérité. La tempérance écarte de la tentation ; la Force maintient sur le chemin qui mène au cœur ; la faiblesse en détourne. La Force rend l’être inébranlable. La tempérance, en effet, écarte ce qui allèche l’appétit à l’encontre de la raison. La tempérance est le fruit de la raison ; la Force, le fruit de l’esprit. Un être qui a perdu la raison ne peut plus être tempérant, et au fur et à mesure de la tempérance, la raison s’efface. Le besoin de la raison est relatif à la force du fait devant la faiblesse de l’esprit. La Force est le fruit de l’esprit, ce qui signifie qu’en tant que fruit de la raison, la tempérance est la moins digne des vertus. La « faiblesse » de la tempérance est d’avoir besoin, au commencement de la vie initiatique, de la raison.

La tempérance a une beauté relative : elle tient au raisonnement par rapport au fait ; c’est une beauté du besoin. La véritable beauté appartient à la contemplation. « A la tempérance appartient la grâce de la modération » dit Saint Ambroise. Il appartient à la vertu morale de conserver le bien de la raison contre les passions qui s’opposent à la raison. Une vertu morale permet la mesure, l’évaluation du sens. La connaissance du sens permet la mesure (la raison) devant le non-sens. Dans la tempérance, on est dans un sens relatif et non absolu. La force permet de rester ferme, inébranlable, devant les difficultés. La force est de ne pas fuir, mais de combattre le non-sens. La tempérance permet de garder la raison devant les tentations. Les deux, tempérance et force, contribuent à l’intégrité de l’Homme au regard de Dieu, de Sa Justice, dans la perspective du Salut. Plus l’homme est tempérant, plus il recouvre la force. La tempérance dans son principe, renferme la nécessité de l’intériorisation de l’homme, dans le but de le rendre tempérant dans sa relation au monde. L’homme tempérant signifie et symbolise, au regard de l’autre, sa nécessaire intériorisation.

L’être tempérant s’attriste de moins en moins de l’absence des biens désirables. La Force permet l’affermissement dans la confrontation avec les maux. La tempérance concerne les convoitises, et la Force les craintes et les faiblesses. L’existence n’est que la traduction de la résultante entre ces deux vertus : l’une rationnelle et morale (humaine), et l’autre spirituelle (génératrice et créatrice de vie) et théologale (divine).

Tant que l’homme n’est pas parvenu au cœur de lui-même, tant qu’il est sur le chemin de la tempérance, la dualité entre la faiblesse de l’humain et la force du divin peuvent encore s’opposer en lui.

Tant que l’homme est sur le chemin de la tempérance, il demeure injuste dans sa relation à lui, dans sa relation au monde ; certes de moins en moins, mais tant qu’il sera tempérant, il sera injuste, et ce jusqu’à qu’il parvienne au cœur de lui-même. Au cœur de l’homme, la tempérance s’efface devant la Justice, l’homme s’efface devant Dieu. De la même manière que la tempérance s’efface devant la raison, au cœur de l’homme la tempérance s’efface devant la Justice. Au cœur il n’y a plus de tempérance.

Dans l’Ancien Testament, l’exode du peuple juif symbolise la tempérance qui est notre traversée du désert, pour nous rendre dans la terre sainte de notre intériorité.

Dans le Nouveau Testament, la tempérance est symbolisée par la Passion du Christ, en particulier lorsqu’il dit : « vous devez renoncer à tout ce que vous avez, vous êtes, y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde. » En suivant la Passion du Christ, l’homme passe de l’horizontalité de la tempérance à la verticalité de la Justice.

L’homme a été doté par Dieu de la raison, pour qu’il puisse vivre selon la sagesse. Cette sagesse est manifestée non par la tempérance, mais par le chemin de la tempérance. La tempérance est le chemin de la sagesse.

La raison de l’homme est intellectuelle ; sa sagesse retrouvée est spirituelle. Le chemin de la sagesse de l’Ancien Testament, c’est le retour en Terre Sainte. La sagesse du Nouveau Testament est l’exigence de vie de la Passion du Christ.

Si l’homme est doté de la raison, il est doué de la sagesse ! La tempérance est le chemin de la Sagesse de Dieu. Par le suivi de ce chemin, l’homme manifeste la sagesse, et non plus la raison.

Quelle est la règle de la tempérance ? Il ne semble pas que la règle de la tempérance doive tenir compte des nécessités de la vie présente : la tempérance ne s’exprime pas par rapport au fait, mais essentiellement pour la vie de l’homme. En effet, ce qui est supérieur ne prend pas sa règle dans l’inférieur ! Or la tempérance, puisqu’elle est une vertu de l’âme, est supérieure aux nécessités du corps. La règle de la tempérance ne doit donc pas être prise selon les nécessités du corps. La tempérance ordonne la vie en dehors des exigences de l’existence. La tempérance elle-même a pour fin et pour règle la béatitude, mais les choses dont la tempérance fait usage ont pour fin et pour règles les nécessités de la vie humaine. La tempérance considère la nécessité dans son rapport de convenance à la vie : elle n’est pas reniement ni tolérance, mais prise en considération de l’évènement en vue du perfectionnement relationnel à soi et au monde.

La tempérance est une vertu morale et non théologale car elle permet la mesure. Elle doit être toutefois évoquée sur deux plans : dans son principe et dans sa manifestation.

Le tempérant est celui qui a repris le chemin de son cœur (le Principe) pour pouvoir être tempérant dans sa relation au monde. Elle n’œuvre dans la relation au monde qu’en tant qu’expression du temps fini de l’errance. Sans l’unité intérieure retrouvée, il n’y a pas d’unité extérieure possible. Dieu ne peut être Tempérant que pour son peuple, qui suivant la Loi de Moïse retourne en Terre Sainte … Moïse est le prophète qui a fait sortir le peuple Juif (des Justes) de l’errance. Dans l’esprit la tempérance est, comme toute vertu, principielle (Principe descendant du Ciel).

Toute acquisition intérieure doit porter son fruit à l’extérieur. « Vous avez été choisis afin que vous alliez au cœur de vous-mêmes, et que vous portiez du fruit » Parole du Christ aux Apôtres.

La tempérance est-elle une vertu cardinale ? Les vertus cardinales concernant la vie terrestre de l’homme, trouvent leur source dans la vie céleste. En ce sens, elles sont aussi théologales. La tempérance terrestre est le reflet de l’Espérance céleste. L’Espérance de Dieu est la Vision du Père faisant sortir l’homme de l’errance. La tempérance est la réponse de l’homme à l’attente de Dieu, car « retourner à soi c’est retourner à Dieu qui est en soi » dit Annick de Souzenelle. L’espoir, à l’inverse, signifie le conditionnement de la vie au fait.

La tempérance est le chemin horizontal du retour du fils vers le Père ; la crucifixion étant le chemin vertical.

La primauté de la tempérance tient à la force de la raison pour un retour à sa vie intérieure. L’ « Homme de Désir » est l’homme qui se laisse désirer par Dieu. Il est celui qui ne désire rien de par lui-même. C’est du Désir de Dieu que vient le désir de l’homme d’aimer, car seul Dieu est Amour.

La tempérance est-elle la plus importante des vertus ? Il est plus facile de porter un jugement que de réfréner ses pulsions et ses convoitises. La tempérance apparait (extériorité) comme d’autant plus nécessaire et meilleure qu’elle est d’un usage plus fréquent. C’est elle qui mène à la prudence et à la force dans la soif de la Justice. Elle ne prime sur la force que dans le sens où elle est première sur le chemin de l’exode. La tempérance fait appel à la persévérance dans la constance ; la force à la temporalité. La tempérance est un retour à la source de sa vie pour y puiser la force d’aimer dans la multitude car l’Amour de Dieu est inconditionnel.

Vices opposés : insensibilité et intempérance.

L’être tempérant n’est pas insensible, mais détaché du sensible pour pénétrer le royaume de l’intelligible. Le pouvoir de la tempérance est de permettre à l’homme de dominer, de maîtriser de plus en plus sa sensibilité. La symbolique de l’être parvenu à la Justice est de témoigner dans le monde de la transformation de ses sentiments en pur amour de Dieu, dans l’amour inconditionnel de l’autre. Plus l’homme se rapproche de son cœur, plus il est discipliné, rigoureux, ferme, sévère ; ce qui ne signifie nullement qu’il serait devenu insensible ou indifférent. Le combat intérieur contre les convoitises ne signifie pas l’insensibilité par rapport au monde extérieur. L’existence n’étant que le reflet de la vie intérieure ! Il est donc nécessaire d’œuvrer dans son intériorité comme dans son extériorité. Le point définissant le cercle ; le cercle signifiant le centre. L’esprit ne peut être dissocié de la matière. L’intempérance est puérile puisqu’elle est relative au fait, occultant la grandeur d’âme et d’esprit. La tempérance, à l’inverse, ramène l’homme vers une possibilité de croissance, de verticalisation de l’esprit par le salut de son âme. La tempérance redonne le sens de la nécessité. L’intempérant est celui qui a perdu sa volonté, son courage. Le lâche est celui qui renonce à la volonté.

La lâcheté : c’est lâcher le principe d’aimer. Elle est manque de volonté nécessaire (faiblesse) pour créer le lien qui nécessite la force.

Les vertus cardinales mènent au cœur et émanent du cœur. Elles sont le garant et la source de l’harmonie à partir du point d’équilibre.

Les vertus potentielles d’une vertu principale sont les vertus secondaires ; en certaines autres matières où l’on ne rencontre pas la même difficulté. Elles observent une mesure identique à celle qu’observe la vertu principale envers la matière principale qui est l’homme lui-même. Il faut distinguer en cela la tempérance, qui émane de l’ordre intérieur- de la modération, de la continence ou de la clémence qui se réfèrent à l’ordre extérieur.

La principale difficulté que rencontre l’homme, c’est l’homme lui-même. La tempérance est d’une exigence absolue ; ces vertus potentielles ne sont que relatives. Le sens de la modération trouve sa plénitude dans la sagesse de Confucius : « Celui qui n’exige rien de lui ne peut rien demander à l’autre. »

 

Les 4 vertus cardinales (la Clémence – la Tempérance – la Prudence – la Force) figurent les 4 points du carré, symbole de la matière et dont le centre est la Justice. La quadrature du cercle, c’est quand l’esprit est enfermé dans la matière. Il ne sort de ce labyrinthe infernal que par le cœur-centre à partir  duquel il trace un rayon d’action qui définit la vie au-delà de la matière. Il est sorti de son rayon d’activité pour accomplir sa divinité (son acte d’amour dans le monde).

Les vertus qui maintiennent l’équilibre et l’harmonie de la vie dans la création sont la Clémence, la Tempérance et la Prudence. Elles montrent la voie de l’intériorisation.

La Justice avec la Force sont sources de vie dans la création. Le sens de la vie, c’est l’au-delà. La Force et la Justice sont l’au-delà de la Clémence, de la Tempérance, et de la Prudence.

 

L’essentiel de la lumière portée sur la tempérance émane d’un travail de synthèse de la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin.

 

L’ EFFET PAPILLON

L’   EFFET   PAPILLON

Ou comment se transformer pour transformer le monde

 

 

«  Le battement d’aile d’un papillon à l’équateur peut entraîner un tremblement de terre à l’autre bout du monde … ». Cette réflexion bouddhiste nous signifie l’interdépendance des phénomènes terrestres ; de là, la nécessité pour l’avenir de l’humanité de ne plus s’enfermer dans ses égoïsmes respectifs.

Avant de voir un papillon battre des ailes, la chenille doit se transformer ; et pour cela, elle s’intériorise dans sa chrysalide, sorte de chambre de conscience nécessaire pour passer de la chenille condamnée à ramper sur le sol, à la beauté du papillon qui vole dans le ciel.

 

Le monde matériel, terrestre, est essentiellement réactionnel, c’est-à-dire mortifère ; le Royaume spirituel est transcendant, strictement amour ; autrement dit générateur et créateur de vie.

« Nul ne pourra rentrer dans le Royaume, s’il ne redevient petit enfant… »Les quatre Évangélistes rappellent cet ordre fondamental du Christ. « Le véritable adulte est celui qui sait redevenir petit enfant, abolir son mental et se laisser porter par l’événement vers la Terre nouvelle de son être, en acceptant de ne rien comprendre (de ne plus se faire prendre par le fait pour ne plus tomber dans le jeu du fait). Là sur cette Terre nouvelle l’Intelligence lui sera donné ( l’Intelligence de Dieu : Sa Sagesse , Son Amour) ; il n’accusera personne, mais se remettra totalement en question pour que la lumière la plus pure pénètre en lui et que « les œuvres de Dieu se manifestent en lui » nous dit Annick de Souzenelle. La Sagesse de Confucius est de nous dire la même chose : « Celui qui se juge avec rigueur et  sévérité et reprend l’autre avec complaisance, évite les mécontentements ». Mécontentements de soi et mécontentements de l’autre.

Bouleversante aventure que celle de l’Homme !

Plus bouleversante encore celle du Fils de Dieu, le Christ, Je Suis, poursuivant sa Kenosis (sa « contraction » divine) jusque dans le corps animal de celui qu’Il crée : c’est l’Incarnation de Dieu en l’Homme pour que l’Homme devienne dieu, dit Saint Paul : c’est la genèse de l’Homme-dieu.

 

Mais l’homme dans le péché (l’extériorité) régresse dans la situation de sixième jour de la Genèse et reste confondu avec le monde animal, esclave de ses pulsions et proie du Satan. Son esprit dévoyé investit l’éros dans le seul monde extérieur de la sexualité et de l’acte procréateur : l’Éros divin générateur et créateur de vie au-delà de la création a disparu de son cœur. Son âme psychique est dévorée par le Satan qui en mange la poussière (multiplicité de ce qui pouvait devenir unité et fécondité) car, « quand le cœur s’en va où la passion l’entraîne, le cœur n’est pas réglé mais agité et troublé » dit Confucius ; et son corps que ne soutiennent plus ses corps plus subtils (âme et esprit),éteints, s’éteint à son tour. L’homme se livre à un processus de mort et son corps n’est plus qu’un objet de plaisir et de désir, dans lequel et pour lequel l’amour est absent. Sans les valeurs morales et spirituelles, la vie de l’homme n’est plus définie que par les valeurs matérielles qui font que l’homme existe mais ne vit pas. L’homme se livre à un processus de mort et l’on comprend que ce corps animal soit appelé en hébreu, Goph, cadavre. Le Christ le signifie pleinement en disant à l’un des siens : « Laisse les morts enterrer les morts, toi suis-moi. Va porter la Nouvelle du Royaume de Dieu. »

 

 L’immensité, malheureusement, des humains font le choix inconsciemment de la mort : ils refusent d’écouter, de voir, de comprendre ce qui est juste et bon d’être, de dire, de faire, ce qui est  nécessaire à la vie du monde à venir. Le besoin de satisfaire à des goûts, des envies, des besoins d’avoir, prévaut sur le sens de la nécessité d’être. Les illusions, les sentiments, les besoins de reconnaissance, les différentes actions dans lesquelles il est facile de se donner bonne conscience ; toutes ces satisfactions de l’Ego, prévalent sur la nécessité d’aimer son prochain comme soi-même. La sensiblerie témoigne chaque jour davantage de l’incapacité de l’homme à s’aimer, à transcender sa sensibilité, pour témoigner de cet amour à son conjoint, ses enfants, sa famille, ses amis, ses compagnons du devoir… Et ce, pour une simple raison que l’homme ne croit plus en Dieu. Or c’est Dieu Seul qui est Amour. « Sans l’Amour de Dieu, vous ne pouvez rien faire ! » Jn, 15.

 « Laissez venir à moi les petits enfants », ou«  Heureux les cœurs purs le Royaume de Cieux est à eux ! »Cette phrase du Christ signifie la pleine nécessité du Baptême. Les Enfants, au regard de Dieu, sont les êtres qui travaillent à redevenir humbles, simples et purs. Les « purs »sont ceux qui œuvrent pour la vie de l’autre, des autres,comme de la leur, qui font le sacrifice de leur vie : qui font de leur vie une union sacrée à Dieu pour la vie du monde.Nous voyons, comme fruit de l’inconscience des générations passées, de plus en plus d’êtres privés de la raison d’aimer ; qui sacrifient leur existence et celle des autres.

« Je suis le Semeur ; ma Parole est la Semence ; Vous devez porter le fruit de cette Semence » dit le Christ. Celui qui s’aime peut semer de l’amour. La colère, la jalousie,la valorisation des uns par rapport aux autres, sème la haine dans toutes les familles du monde entier !

« Qui n’a ni Dieu, ni maître, a Satan pour Maître » dit Saint Augustin. Depuis la genèse de l’humanité, l’homme a fait inconsciemment le choix du Satan qui entraîne sa chute en enfer ! Son inconscience transmise de génération en génération le fait tomber en enfer ; dans lequel il devient lui-même l’enfer pour lui et tous les autres, et crée l’enfer. C’est « le peuple d’Israël qui a toujours, comme du temps de Moïse, la nuque raide » : « Vous avez beau avoir des oreilles, vous n’écoutez pas ; vous avez beau avoir des yeux, vous ne regardez pas ; car l’amour vous fait peur !»Mc, 5. Pour recevoir l’Amour de Dieu, « vous devez renoncer à tout ce que vous avez, à tout ce que vous êtes, y compris vous -mêmes, pour porter ma croix dans le monde » dit Jésus; la Croix, étant la verticalisation de l’être. « Renoncer »signifie « se détacher »:sortir de l’esclavage pour retrouver la maîtrise.

Depuis la chute d’Adam et Eve, l’homme est condamné à se penser, à se croire, parce qu’il n’est pas (parce qu’il n’est plus).Il a fait le choix de la fausseté : des illusions, des sentiments, des besoins de penser, de croire, en oubliant de témoigner de ce qu’il est, en témoin de son amour inconditionnel de la vie. C’est pour cette raison que Dieu nous a envoyé Son Fils nous dire : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». La Sagesse et l’Amour de Dieu étant universels, ce Chemin est celui qui ramène l’Homme au cœur de sa « propre vie » où il est juif, parce qu’il est juste ; chrétien, parce qu’il consacre sa vie à la création d’un monde meilleur (« Devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’édifice) ; et musulman, parce qu’il se met sous le regard de Dieu à l’écoute de Sa Parole de Sagesse et d’Amour. « Celui qui se soumet » (étymologie du mot « musulman ») , c’est celui qui est humble, qui a « tué l’infidèle »(22e sourate du Coran), c’est-à-dire son propre ego, pour accomplir la troisième et dernière des prophéties : celle de la Vie Céleste, de l’Homme qui tourne toujours son regard vers Dieu.

La verticalité de la Croix du Christ en montrait le sens ; le pur esprit de l’Homme est le témoin de la Vérité dès cette vie sur terre, dans cette vie sur terre, pour cette vie sur terre.

L’intellect de l’homme le détourne de cette vérité, pour faire de la religiosité, qui n’est pas la religion, un instrument de division, de séparation, de conflit, et de guerre infinie, au service du Satan. Tant que l’homme sera gouverné par son orgueil, qu’il n’aura pas aboli son mental, il continuera à se penser, à se croire, à penser et à croire, qu’il a raison et que l’autre a tort. Il pratiquera le non-sens du « baptême » civil sans Jean le Baptiste ; et du « mariage civil » qui ne peut être qu’union civile. Les défenseurs de la laïcité ( du laïcat amputé de la spiritualité) s’acharnent à défendre le droit de l’horizontalité en opposition catégorique à la verticalité ! Comme si les êtres spirituels s’opposaient à travers le Mariage (l’Age de Marie)  à l’union civique ; comme si l’Esprit s’opposait à la Matière !

L’être matériel est condamné à se penser et à se croire parce qu’il n’est pas ; car si il était il ne se penserait pas. La pensée de l’homme occulte sa vie  dans l’esprit: la vie spirituelle est la vie au-delà du fait de ce qu’est ou n’est pas l’autre, de ce qu’il fait ou ne fait pas. Le sens de la vie spirituelle amène l’Homme à faire dans une quête inconditionnelle de l’unité. Il ne conditionne pas sa vie au fait ; il fait. « L’Amour est fort comme la mort »Cantique des cantiques , Ch 8 : comme la mort coupe de la vie ; l’amour coupe de la mort !

« Jésus n’est pas venu apporter la paix mais le glaive »Jn, 3. Ce glaive est la Parole de Dieu qui coupe l’homme du fait, de ses attaches au monde matériel. C’est par méconnaissance de la Parole que l’homme transgresse Ses lois de Sagesse et d’Amour! Il se retrouve, dès lors, sous la coupe de faux-maîtres, de faux prophètes, qui les assujettissent à des pensées, des croyances, diaboliques car mortifères.

L’homme inconscient est la proie du Satan-Ennemi à qui il confère la puissance, même s’il ne le sait pas, car : « qui n’est pas avec moi est contre moi » dit le Christ, dont les paroles appellent « une oreille qui entende… » une oreille qui peut-être est capable d’entendre : « celui qui ne reçoit pas l’Épée tue par l’épée ».

Le corps de l’homme est au service de l’une ou de l’autre ; il n’y a pas d’intermédiaire. Mais lorsque l’Homme reçoit l’Épée du Verbe de Dieu, il est empoigné dans la totalité de son être – Esprit, âme et corps – dans un souffle de vie illuminant, le souffle du Ressuscité.D’illuminé il est rendu illuminant. Le maître est celui qui reçoit, vit et transmet la Parole, selon le Seul et Véritable Maître. « Ce n’est plus moi qui vit ; c’est le Christ qui vit en moi » dit Saint Paul.

 

 « Celui qui retourne au cœur de lui-même n’a de cesse de combattre son ego pour combattre celui de l’autre « Il est facile d’aimer vos amis ; mais vous devez aimer vos ennemis » : les aider, les amener à l’écoute de la Parole qui est Amour. Ces ennemis sont là, c’est le miroir, le Satan, l’Adversaire que Dieu a créé, pour nous signifier que nous sommes d’abord nos propres ennemis, par nos manques d’écoute, de vision, de compréhension, de ce qu’il est juste et bon d’être, de dire, de faire, pour la vie de ce monde.

C’est notre Karma hérité de nos parents depuis des générations, des siècles, des millénaires. «  En ce qui concerne les maux dont nous ne sommes apparemment responsables : les calamités naturelles (le Déluge de Noé), les tourments occasionnés par autrui, les maladies, les accidents ; ces faits ne sont dus ni au hasard, ni à une volonté divine, ni à une prédisposition inéluctable ( les gènes), elles sont les conséquences de nos propres actions (ou inactions) ; des flèches que nous avons tirées et qui reviennent sur nous ». Matthieu Ricard (« le moine et le philosophe »). De même, Confucius : « Celui qui se juge avec rigueur et sévérité et reprend l’autre avec complaisance, évite les mécontentements ». Par le Dharma (l’enseignement des sages, des maîtres), nous allons au Samsara, à la vie meilleure.

 

« En toute chose il y a du Yin et du Yang ». Le maître est celui qui domine sa force intérieure (le Yin) comme sa force extérieure (le Yang). Ce Yin c’est le principe féminin de l’être, son Ischa, des hébreux. Le Yang, son principe masculin ; le Isch, des hébreux. L’Homme est séparé de son cœur et du Yod ( le germe divin) par le serpent (la tentation de l’extériorité).

L’homme «  marche de plus en plus sur la tête », parce qu’il occulte le plan spirituel qui est l’unité retrouvée depuis la chute du Paradis par Adam (Principe masculin de la Force, de la créature à l’Image de Son Créateur, pour la Création) et Eve ( Son Principe Féminin, pour la Genèse).

Sans l’unité retrouvée en lui , il ne peut s’unir à l’autre. « Charité bien ordonnée commence par soi-même ! » : la genèse (intérieure) et la création (extérieure) sont le sens de la Création de l’Homme !

Les Eaux du Baptême sont le sens de la conversion qui s’opère en l’Homme qui veille à toujours être dans l’esprit ; ce qui libère sa vie de l’esclavage d’une vie toujours conditionnée au fait. Ces libérations et purifications successives de l’âme et de l’esprit permettent à l’Homme de reprendre le chemin d’une marche à l’endroit, d’un chemin qui le ramène au cœur de lui-même, en sa vie en christ, où le « bois du supplice » (les combats pour la vie) se transforme en Arbre de Vie. Ce sont les Apôtres « qui ont été choisis afin qu’ils aillent et qu’ils portent du fruit ».

Malheureusement la Parole s’est perdue par le manque de Culture et de Tradition, et avec Elle l’unité entre les hommes. Et ainsi tout ce qui est sensé, originellement, être force, se transforme de plus en plus en faiblesse, et l’amour de son prochain se transforme en haine. « Si ces énergies potentielles ne sont pas retournées dans un travail d’intégration en forces de lumière, ce sont celles-là qui se retournent contre l’homme et déterminent maladies, accidents ou déferlements de violence. » dit A. de Souzenelle.

Nous avons tous un négatif qui est là pour nous empêcher d’être bien, de nous faire du bien, de faire le Bien (la genèse et la création) et nous pousser à nous faire du mal et à faire le mal…Il est là pour nous rendre de plus en plus aveugle et sourd à ce qu’il est juste et bon d’être, de dire, de faire, pour l’humanité d’aujourd’hui et, par voie de conséquence, pour celle de demain.

C’est le temps de la présence en soi qui crée le temps présent, et met l’Homme en présence de Dieu. Sans le temps présent il n’y a pas d’avenir…

Prisonnier de son ego (de son égoïsme, de son égocentrisme), dans son besoin de reconnaissance, en compensation de ses doutes, de ses angoisses, l’homme a perdu le sens de sa propre vie ; et sans vie intérieure, la vie extérieure disparaît provoquant le déluge, le déferlement de fatalités de plus en plus terrifiantes : la terreur s’empare des âmes des faibles, des humains !

 « Le Déluge, dit A. de Souzenelle, c’est l’inconscience de chacun d’entre nous. »

L’insouciance, l’inconscience de l’homme le rendent de plus en plus immature. C’est pourquoi A. de Souzenelle affirme : « L’adolescent et l’adolescente humanité d’aujourd’hui ne se rendent pas compte que celui qui n’enracine pas sa vie au plus profond de son être, ne l’enracine pas dans des terres extérieures ! » Elle ajoute : «  l’humanité toute entière n’a pas encore passé la Porte des Hommes ! » Ce qui signifie que nous sommes tous, à des niveaux différents, pour des raisons existentielles différentes, des exilés de la Vie. La Porte des Hommes est celle, qui nous permet de quitter nos terres d’Exil, pour retrouver la Terre Sainte de notre intériorité. Dans ces conditions, l’homme quitte ses yeux de chair, de faiblesse humaine, de dualité, pour se rendre à la vision du cœur. « Dans cette perspective, l’œil peut être identifié à la flèche qui traverse notre « tunique de peau » et lui assure la vision d’un monde qui transcende celui où nous emprisonne notre état de chute.Le transpercement de notre peau d’animal symbolise celui de notre conditionnement au monde phénoménal. L’œil se définit alors comme l’organe du monde transcendantal, du monde divin.

 

Nous devons rentrer dans ce renouveau charismatique qui est la Résurrection de la Chair : ce qui est cher au regard de Dieu, c’est l’unité retrouvée en soi comme en l’autre, grâce aux deux commandements du Christ : 

           -le Premier : « Tu aimeras Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit »

            -le Deuxième : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

 

Plus que jamais il est temps de ne plus penser ou de croire, mais d’agir au quotidien et porter sa croix dans le monde : le sens de la verticalité de l’être.

l’Amour est un acte qui engendre la vie ; le reste n’est que du sentiment ! Et le sentiment c’est ce qui ment ; ça n’amène que des ressentiments. L’éphémère doit s’effacer devant l’éternel ; le virtuel devant le réel ; l’homme devant Dieu…Ev selon St Matthieu : « les paroles sans les actes ne sont rien ! »

Le témoignage de la Foi c’est l’œuvre qu’elle accomplit pour la Vie. C’est la participation au Grand Oeuvre de Dieu.

C’est cette Foi qui « soulève des montagnes… ». Ces montagnes sont les Hommes fortifiés dans la Foi de Dieu : « Lui seul est mon rocher imprenable, mon salut, ma citadelle inébranlable » dit le Christ dans le psaume 61.

Cette Foi (fides,ei en latin) pour l’homme c’est sa fidélité à la Parole des sages, des maîtres, de Dieu. « Le malheur pour l’homme c’est son inculture » dit Platon. Comment alors ne pas transgresser les lois de sagesse et d’amour si on ne les connaît pas ? Alors, « demandez et vous obtiendrez ; cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira » dit Matthieu.

Cherchez le maître qui vous conduira. Car comme le dit Khaled Bentounès , maître soufi : « Le maître est un compagnon, un garde-fou, car l’orgueil est tellement puissant que celui qui a la prétention de cheminer seul a toutes les chances de se perdre ».Et « le maître extérieur n’est vrai que dans la mesure où il nous amène à cette dimension en nous-mêmes » dit A. de Souzenelle.

Les théologiens nous disent sans cesse: « Pour être sauvé il faut être sauveur ; et pour être sauveur, il faut être sauvé » . Le Sauveur c’est le Christ. Le Salut passe par le Christ ; par le retour de l’Homme à sa vie en christ : au cœur de lui-même ; où il reçoit la pleine Lumière que s’il n’est pas juif (juste), il n’est pas chrétien(aimant); et s’il n’est pas chrétien, il ne peut pas être musulman (vrai).

La Religion c’est l’Amour de Dieu Universel, Éternel, Inconditionnel…

Sans la religion, « ce qui relie » à soi comme à Dieu, il n’y a pas de religiosité possible. La religiosité est le reflet, au regard des hommes, de la religion intérieure de l’être à lui-même comme à Dieu. S’il n’est pas christique, il n’est pas chrétien ! Le Baptême mène à la Communion d’âme et d’esprit avec Dieu ; la Communion, à l’amour ; et l’amour à la Confirmation, dans la grâce de l’Esprit Saint, à la Ressemblance, qui est la genèse et la création.

Cette Religion est définie originellement par la connaissance de la Parole et de Ses commandements. Ils sont le Chemin de la Sagesse qui ramène l’Homme à Dieu : « Tu ne tueras point-Tu ne voleras point- Tu ne commettras pas d’adultère…etc » Ces dix Commandements sont le Chemin de l’Exode pour tout homme qui risque de continuer à perdre son âme, son esprit, sa vie, dans la Terre d’Exil de son extériorité. Quand Jésus est venu affirmer aux prêtres juifs, qu’Il était prêtre selon l’ordre de Melkidsédek ( de celui qui fait le sacré, c’est-à-dire l’unité), c’est pour signifier et témoigner par les miracles « qu’Il n’était pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir ! »

 

Si Allah est Grand c’est pour que l’Homme soit grand, c’est parce que l’Homme est grand : c’est l’Homme plein de Sagesse et d’Amour de Dieu, pour que Sa Volonté s’accomplisse sur la Terre comme au Ciel.

« L’Esprit Saint, l’avez-vous reçu pour avoir pratiqué la Loi, ou pour avoir écouté le Message de la Foi ? Comment pouvez-vous êtres aussi fous ? Après avoir commencé par l’Esprit, allez-vous maintenant finir par la chair (Au lieu de vous tourner vers le Ciel, allez-vous vous tourner vers l’Enfer?) Auriez-vous vécu de si grandes choses en vain (Renieriez-vous le passé de vos ancêtres) ? Si encore ce n’était qu’en vain (si vous vous contentiez tout seuls de renier) ! Celui qui vous fait don de l’Esprit et qui réalise des miracles pour vous, le fait-il parce que vous pratiquez la Loi, ou parce que vous écoutez le Message de la Foi ? » Lettre de St Paul Apôtre aux Galates, 3 .

« Retourner à soi, c’est retourner à Dieu qui est en soi »dit A. de Souzenelle, c’est retrouver le Saint Nom de Dieu, Yahvé (YHWH), « Ce qui est, ce qui était et ce qui vient ». Quand l’Homme se coupe de ses racines, il n’est plus cet arbre de vie qui croit et porte du fruit. La croyance, la Croix du Yod, du germe divin, se transforme au cœur de l’Homme en croissance, en croix du sens à donner à la vie de ce monde…Et quand l’Homme déserte son cœur, il quitte sa relation à Dieu,et, au lieu d’enfanter de la vie, se génère à travers lui, le mal, le mal-être sur terre (le mal à être), la violence et la mort.

« Vous avez été choisis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit » dit le Christ aux Apôtres. Et « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ni jamais soif, car il sera devenu la Source d’Eau vive et éternelle » .

La méconnaissance de la Parole rend l’homme in -connaissant, c’est-à-dire incapable de faire naître en lui, comme autour de lui, de la vie.

L’homme marche de plus en plus à l’envers, les pieds sur terre et la tête tournée vers l’enfer ! et c’est par un véritable renversement de la vapeur qu’il doit opérer en lui-même, en tournant à nouveau sa tête vers le Ciel, vers la Vraie Lumière, qu’il  pourra stopper ses processus d’involution et remettre l’humanité toute entière sur le chemin d’évolution. C’est le point qui définit le cercle ; c’est le cercle qui signifie le centre. C’est le un dans le tout ; c’est le Tout (Dieu) dans le un.

 

 C’est l’amour qui sort vainqueur de la mort, si toutefois l’homme reprend conscience qu’il « ne peut pas servir deux maîtres à la fois : Dieu et l’argent ». Le renoncement à l’Avoir, à avoir toujours plus, ramène l’homme à la conscience de l’être.

Comme Abram prêt à sacrifier son fils, par sa simple soumission à la Loi, sans l’intervention de Dieu il ne peut le sauver. La symbolique d’aller au sommet de la montagne est celle de l’élévation spirituelle de l’homme, celle qui fait qu’Abram devient AbraHam. Son renoncement à son fils tant désiré, est le passage de l’avoir à l’être. L’ascension, (l’accès à la montagne de Sion), transcende sa paternité biologique en Père de l’Humanité.Le sacrifice de l’agneau biologique, l’holocauste, signifie le besoin de l’homme de renoncer à l’avoir pour vivre la transcendance de son être. Il préfigure le Sacrifice de l’Agneau, le Christ, l’Être pur par essence, le passage, par la mort de l’être voué à la vie matérielle, à la vie éternellement spirituelle, « purement »divine. L’ Excarnation est le sens de l’Incarnation !

Oui ! « Dieu est grand ». Parce qu’Il est Seul à être Sagesse et Amour pour l’Homme !

Lettre de Saint Paul aux Galates,3 : « Frères, l’Écriture a tout enfermé sous la domination du péché, afin que ce soit par la foi en Jésus-Christ que la promesse s’accomplisse pour les croyants. Avant que vienne la foi en Jésus-Christ, nous étions des prisonniers, enfermés sous la domination de la Loi, jusqu’au temps où cette foi devait être révélée. Ainsi, la Loi, comme un guide, nous a menés jusqu’au Christ pour que nous obtenions de la foi la justification. Et maintenant que la foi est venue, nous ne sommes plus soumis à ce guide (la Loi). Car tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le Baptême a unis au Christ, vous avez revêtus le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre , il n’y a plus ni l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ-Jésus. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse ».

« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. » Luc, 11.

 

La justification par la Loi doit laisser place à la justice de la Foi.

« Frères, si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mènent la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le Royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix,patience,bonté,bienveillance,fidélité,douceur et maîtrise de soi. En ces domaines la Loi n’intervient pas. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. » Galates, 5.

L’homme d’aujourd’hui au service d’une vie de plus en plus égotique, se place sous la coupe du Prince de ce monde ; Ce qui a pour but de créer les conditions favorables à l’escalade de la violence et de précipiter l’humanité toute entière en enfer.

L’insouciance, l’inconscience de l’homme matériel, sont les autels sacrificateurs de la vie de ses enfants. Tant que l’homme se pensera, se croira, et ne se mettra pas à l’écoute de la Parole des sages, des maîtres, de Dieu, par son manque d’humilité, son insouciance, son inconscience, son incapacité, voire son refus catégorique d’écouter et de voir ce qui est juste et bon d’être, de dire et de faire pour la vie du monde qui l’entoure, seront autant d’autels sacrificateurs de la vie de ses enfants. Sans la certitude de la Foi, la vie du monde à venir n’est plus assurée !

 L’homme matériel prend toujours des mesures d’arrière-garde, compensatoires, sans jamais prendre la mesure de son être, et de la nécessité du devenir de son être. Quand l’homme reverra le monde avec son cœur et plus avec ses yeux de chair, il réalisera que comme il est « l’un » il peut être le « tout » ; et que ce tout signifiera qu’il est bien «  un ». Uni pleinement, parfaitement à lui-même, il s’unira au monde.  D’être strictement matériel il redeviendra essentiellement spirituel et donc universel ! Pour cela il faut que l’homme redevienne conscient que sans la Miséricorde de Dieu, son cœur comme son esprit, sont miséreux. Le « pauvre » n’est pas le « miséreux » ! Le « pauvre » est celui qui sait détacher son âme et son esprit du fait. « Heureux les pauvres de cœur et d’esprit, le Royaume des cieux est à eux ». Ev, de Matthieu. Le « miséreux » est celui qui ne possède plus rien.

Mais la misère matérielle n’est là que pour signifier, révéler la misère de cœur et d’esprit de toute l’humanité ; l’un n’étant que le reflet de tout ce que n’est pas l’autre ! Tant que l’homme continuera à construire des tours de la finance à côté de bidonvilles ou à leur place ; tant que l’homme volera, tuera,violera, assassinera, il perdra son humanité qui régressera au monde animal du 6e jour de la Genèse. Les animaux privés de raison que sont devenus les humains, disait Maître Echkart au Moyen-âge, créeront de plus en plus de bêtes sauvages et féroces. C’est par le retournement du 6e jour de la genèse en 9e jour (l’image du Yin et du Yang) que l’homme revivra dans la pleine Lumière de la Vie.

 

« Qui s’élèvera sera abaissé ; qui s’abaissera sera élevé ! »dit l’Évangile. « Les grands de ce monde »font le choix du paraître, à défaut d’être. Leur conscience, sous couvert d’humanité ou même de religiosité,n’est au service que d’intérêts plus grands, c’est-à-dire plus obscurs, pour la vie de l’humanité. « A quoi cela vous sert-il de construire de nouveaux silos quand les vôtres sont déjà pleins?Vous ne pourrez pas tout emporter ! »dit encore l’Évangile.

Le réchauffement de la planète, au-delà de l’avis des scientifiques, n’est que le reflet des flammes de l’Enfer dans lesquelles l’homme brûle le peu qu’il lui reste de sens de la vie. L’image médiatique de l’apologie de la mort, cultive la mort depuis le plus jeune âge, et crée des êtres encore plus forts qui ont désormais le culte de «  la mort extrême »! L’imaginaire devient actuel de la vie quotidienne ; le virtuel se transforme de plus en plus en réel.

« Le sens de la vie c’est de la rendre vivante »disent les théologiens. « La porte de salut c’est l’intériorité ». Le vivant est celui qui vit en lui, avec lui et pour lui ; et cette « résurrection de la chair (de l’unité de la vie en soi, pour soi) pourra rendre ce monde, de plus en plus mortifère, à nouveau vivant. C’est par le détachement impassible, par des morts symboliques qui amènent à des résurrections successives, que l’homme est rendu de plus en plus vivant…Si « l’homme ordinaire est en vie ; seul le sage est vivant » dit Confucius.

Ne cherchons plus les moyens de survivre aux désastres de l’apocalypse ; cherchons à revivre à la lumière de l’Apocalypse de Jean et de Daniel qui nous révèlent la Lumière de la Vraie Vie : tant que l’homme désertera son cœur, il créera de véritables déserts conjugaux, familiaux, sociaux, spirituels, qui créeront les déserts existentiels de la planète terre.La terre d’exil de l’homme c’est son extériorité. S’il laisse ses terres intérieures en jachère, il ne récoltera plus que ronces et épines. Il faut qu’il quitte la petite histoire de l’humanité, pour suivre le Chemin de l’Exode qui le ramène à la Terre Sainte de son intériorité pour participer à la Grande Histoire Biblique de l’Humanité. Son esprit sera alors couronné par la Grâce de l’Esprit Saint pour la sanctification de la vie du monde qui l’entoure. Par le passage de la Porte des Hommes, du sensible à l’intelligible, l’homme retrouve la symbolique de la vie. L’homme dans le fait est condamné à ne faire que constater le fait et à chercher des moyens compensatoires au fait ; l’homme éclairé reçoit le sens de la vie dans l’au-delà du fait. Et, le premier au-delà, c’est l’au-dedans (l’Eau du dedans du Baptême).

Les problèmes d’augmentation croissante de la démographie et de diminutions des richesses nécessaires à la survie des populations sont consécutifs à la désertification du cœur et de l’esprit de chacun ! L’orgueil de l’homme lui a fait quitter les terres fertiles de son cœur et de son esprit, pour les chimères d’un ailleurs qui n’est, en aucun cas, un au-delà !

La multiplication des voyages extérieurs et leur pollution atmosphérique n’a pas pour destination première de remédier à la misère du monde ! Partout dans le monde,le Satan s’est emparé de l’âme et de l’esprit de l’homme pour en faire un être strictement matériel, dont la revendication du « dieu profit » ne s’ établit que sur le terrain de la misère. Il l’a privé, vidé, de sa «  substantifique moelle » : la capacité de vivre en lui, avec lui, pour lui ; et selon la Loi « d’aimer son prochain comme soi-même », de vivre avec l’autre, pour l’autre.

Les martyrs, au contraire, dans tous les âges et toutes les cultures, ont affirmé par leur vocation de leur vie à Dieu, qu’on pourrait prendre leur vie, mais pas leur âme ni leur esprit qui appartiennent à Dieu. L’appartenance à Dieu est signifiée pleinement par le Christ sur la croix : « Père ! Ta Volonté, non la mienne ! »

Mais heureusement que les nano-technologies arrivent pour traiter toutes les maladies ! La manipulation des consciences par les médias, nous préparent, avec l’aide des instituts de recherche très compétitifs (entre eux) à la robotisation de notre vie, en attendant la robotisation de l’homme lui-même : sa transformation en robot…

Les centres de recherche sont tous des centres d’intérêts pour les hommes de la finance; est-ce-qu’ils sont tous intéressants pour la santé de l’homme et son avenir ? Le progressisme en la matière n’est pas le progrès de l’homme, en l’homme, pour l’homme. Quand l’homme cherche à se donner bonne conscience, c’est que sa conscience n’est pas pure, n’est pas porteuse de vérité, mais d’illusions ! Le transhumanisme que revendique bon nombre de « responsables » dans « un tout sécuritaire » est un progrès de la matière qui fait de plus en plus de l’homme un être matériel, esclave de la matière qu’il crée. Les biens qu’elle apporte sont de plus en plus séduisants, de plus en plus efficaces et toujours plus éphémères.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »dit Rabelais ; et « celui dont la clairvoyance ne s’étant pas loin sera bientôt dans l’embarras »dit Confucius.Si l’homme a perdu la raison, il ne pourra pas prendre à nouveau le chemin de la tempérance, du temps fini de l’errance…

Sans les quatre vertus cardinales de Justice et de son pendant la Clémence- de Tempérance- de Force et de Prudence, les hommes opposeront toujours entre eux des valeurs économiques, sociales, politiques, familiales ou religieuses…etc, définies par leur appartenance à telle culture, à telle tradition, ou à tel milieu social, sans jamais porter de regard sur l’autre avec son cœur.

 

L’avenir de l’homme ne peut passer que par l’homme, avec l’homme en l’homme. Le respect de l’homme pour la Nature passe par le retour à son humanité (sa vie intérieure) et à sa nature divine originelle ; car sans la création de la vie en lui, il ne pourra plus créer de vie autour de lui ; Il deviendra de plus « l’ homme cancer qui se détruit et qui détruit » au lieu de devenir, de redevenir, « l’homme-dieu » qui se crée et qui crée. « Pourquoi Dieu s’incarne en l’homme c’est pour que l’homme devienne dieu »dit Saint Paul.

Si l’homme n’est pas rendu à nouveau vertueux par son retour aux vertus cardinales, il ne retrouvera pas la dignité qui est sensé être la sienne. Il ne pourra dans ce cas recevoir la Grâce des trois vertus théologales d’Espérance, de Foi et de Charité ; « la plus grande étant la Charité. » affirme le Christ. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »Et,« Partout où vous vous réunirez en mon nom, je serai parmi vous. »

 

« Le 21e siècle sera spirituel ou ne sera pas ! » dit Malraux. Dieu nous enseigne sans cesse le sens véritable des mots amour, vérité, justice et paix. Ce que nous rappelle le Psaume 84 :

« Amour et Vérité se rencontrent,

Justice et Paix s ’embrassent ;

La Vérité germera de la Terre

Et du Ciel se penchera la Justice. »

Rappelons- nous encore cette intervention de Dieu pour son peuple d’Israël (du Ish, masculin de l’être, qui retourne au El, à Lui, à Dieu) : « Écoutes Israël ! Quand donc écouteras-tu ma Parole avec ton cœur ?… Sans quoi il n’y aura sur cette terre que pleurs et grincements de dents. »

La Terre Sainte de l’Humanité toute entière c’est le cœur de l’Homme, de chaque homme.

« Vous tous, enfin, vivez en parfait accord, dans la sympathie, l’amour fraternel, la compassion et l’esprit d’humilité. Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; au contraire, invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction. » 1 Pierre.

L’homme dans le fait fait le choix de la fatalité ; l’homme dans l’esprit, de la spiritualité ! « Que celui qui a des oreilles entende ! » Les 22 chapitres de l’Apocalypse de Jean sont ponctués de cette parole.

 

L’Espérance de Dieu, c’est le Père qui fait sortir l’Homme de l’errance en lui envoyant Son Fils … Elle remplit l’homme d’espoir : Elle est la Lumière qui apparaît dans le noir des ténèbres, comme le signifie ce Proverbe bouddhiste : « Si je mets ma goutte d’eau dans le creux d’une main, le soleil aura tôt fait de l’assécher ; mais si je mets ma goutte d’eau dans l’océan, le soleil devra assécher l’océan entier pour assécher ma goutte d’eau ! »

« Nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour ; car notre détresse du moment est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu’elle produit pour nous. Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel ». Ev de St Paul Apôtre aux Corinthiens (ch 2)

Nos transmutations successives au cœur de nous-mêmes par le détachement du fait, nous transforment et nous rétablissent dans la volonté, le courage et la force pour transformer le monde …

L’Homme rétabli dans son intégrité est redevenu le Temple de Dieu, le Temple de le Création !

« Détruisez ce temple ; je le rebâtirais en trois jours » … Que celui qui a des oreilles entende !

 

LA JUSTICE

La Justice

 

Saint Augustin : « Si tu ne renonces jamais à la vie vertueuse, ta bouche est muette mais ta vie est une acclamation. »

L’homme vertueux est celui qui retrouve la volonté et le courage de combattre l’Ego (l’orgueil de l’homme).

Saint Augustin : « Point de salut sans combat dans son intériorité ! »

Charité bien ordonnée commence par soi-même …

 

Par l’immersion dans les eaux du baptême, l’homme passe la Porte des Hommes, il revit en lui avec lui et pour lui. Il retrouve le plan divin de l’universel, du un qui va vers le El (Lui en hébreux). L’Homme retrouve le sens de la vie qui le ramène à Dieu le Père par la Filiation du Christ selon sa Parole « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ». l’Homme redevient ainsi le Temple de Dieu. Il est ce rempart impénétrable au vice (la tentation de l’extériorité), l’asile de la vertu, (de celui qui va vers le tu), c’est-à-dire l’intimité, la familiarité, la fraternité universelle. L’Homme vertueux est celui qui tutoie, qui approche de la face de Dieu, selon l’esprit de Saint Augustin : « Seigneur, ce n’est que devant ta face que mes yeux seront ouverts ».

Les différentes vertus « cardinales » de Justice, de Tempérance, de Prudence et de Force, et les trois vertus théologales d’Espérance, de Foi et de Charité font de l’Homme le sanctuaire de la Vérité. L’Homme libéré de la fausseté de son égo rentre en religion avec lui-même  pour se retrouver en religion avec Dieu. L’unité rétablie dès cette vie sur Terre, en soi, avec soi pour soi comme pour tous les hommes, rétablit le lien entre Dieu et l’Homme.

 

Dans notre étude, sur la quête du sens des vertus cardinales, nous nous sommes référés à la Somme Théologique de Thomas d’Aquin, et à la lumière des sages et des maîtres, des théologiens, des mystiques dont nous avons reçu la connaissance. Nous avons tenté d’apporter pour la vie du monde à venir une lumière peut être plus adaptée au monde d’aujourd’hui, ce qui a nécessité et donc initié une dispute de ces textes.

 

Les vertus sont des puissances créatrices de vie données par ce que les Maçons nomment le Grand Architecte de l’Univers, (Principe créateur de toute chose, Esprit Saint de Dieu), et qui rendent l’homme vertueux, volontaire, courageux et plein de force pour accomplir son devoir. La somme des vertus ne fait qu’un au cœur de l’Homme. Elles définissent, dans le cœur et l’esprit, des lois et des règles de sagesse et d’amour pour la création de la vie dans la Création. Ce principe est défini par la Parole du Christ « Devenez une Pierre Vivante pour participer à la construction de l’édifice ». Matthieu Ricard, moine boudhiste, dit « Il n’y a pas de bien ni de mal, il n’y a que le bien et le mal que nos pensées et nos actes engendrent. Nous sommes  responsables de nos vies comme l’architecte l’intention et le maçon l’acte, répondent de la qualité d’une maison ». L’Homme passe de l’Image à la Ressemblance par la Grâce de l’Amour de Dieu. Seul Dieu est Amour !

La Justice de Dieu est création : l’amour est acte créateur.

L’être vertueux n’est pas une finitude, mais est porteur du sens de l’infinitude. L’homme n’est jamais vertueux, il est rendu vertueux. La vertu est une capacité de l’être qui retrouve Son Image et Sa Ressemblance car le sens de l’être est de ne plus être, pour que Dieu soit. Le renoncement de l’être est la libération pour l’être, de sa vie, de toute finitude.

La vertu donne à l’homme le sens de l’au-delà. Elle porte en elle le sens de l’Universel et de l’Eternel. La vertu rend l’homme éternellement vivant. Elle porte en elle le sens de la nécessité de vivre en Dieu.

 

La première vertu à laquelle est rappelé l’homme est la Justice.

Définir le sens de la Justice de Dieu, c’est définir le sens de l’au-delà, car la Justice est divine (Dieu Seul a le sens de ce qui est juste).

L’homme ne peut plus continuer à prétendre établir ou rétablir la Justice de Dieu car Dieu Seul se rend Juste au cœur de l’Homme. La Justice de Dieu est intérieure, c’est son Amour qui en témoigne dans le monde pour le monde. Sans l’Amour inconditionnel de Dieu, l’homme demeure injuste dans sa relation à lui, dans sa relation au monde. Sénèque dans la vie heureuse dit « L’être ordinaire se mortifie à l’ombre du fait, l’être éclairé ressuscite à la lumière de l’esprit ». La Justice de Dieu ramène l’homme par la Filiation, de la finitude (la mort) à l’infinitude (la vie éternelle). C’est l’amour qui crée la vie, et la vie mène à l’au-delà du fait. Dans sa Volonté de guérir l’humanité de tous ses maux, Dieu dit à travers son Fils « qui m’aime me suive ». En Maçonnerie spéculative, c’est-à-dire en véritable miroir de l’Esprit de Dieu, la Justice est signifiée à l’apprenti lors de son intronisation.

 

L’Homme n’accède à la Justice que par la Tempérance, le temps fini de l’errance. Les Portes de la Justice ne s’ouvrent que par la Clémence (la clé à ce qui ment). L’humain vit de sentiments, de contentements, de jugements, car son âme, volée par le Satan (l’ange déchu) ne lui donne à voir que ce qui ment. La Justice de Dieu, dans son Parfait Amour a été d’envoyer son Fils pour ramener l’homme sur le chemin de la Vérité. L’intériorisation de l’homme est vérité ; son extériorité est illusion et mensonge. Lorsque apparaît la Justice, au regard de l’initié, c’est pour lui signifier qu’il est bien rentré dans le Temple de sa vie intérieure, en vue de devenir Temple de l’Homme comme Temple de Dieu ; tel est le sens de la contemplation.

 

La Justice ne peut être témoignée dans le monde qu’avec la Prudence. N’est prudent que celui qui est au cœur de lui-même. Cette Prudence symbolise le prude : le chaste, le pur, c’est-à-dire le détaché de manière impassible, de ce qui ment. La Prudence est donc une qualité de l’être sans laquelle la Justice ne peut s’accomplir.

Les vertus sont interdépendantes et contribuent pour l’Homme à son unité rétablie pour sa vie dans le monde. L’Homme juste est témoin du Christ dans le monde, pour le monde.

L’Homme juste est l’homme qui vit en christ.

Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

 

Parce que l’homme a retrouvé le sens de la Clémence, il frappe à la Porte du Temple, à la Porte des Hommes, et c’est avec la persévérance (parce qu’il a perçu l’errance) qu’il suit le chemin de la Tempérance qui le ramène à la Justice.

 

La Justice traduit la Prudence et s’exprime par la Force. Cette Force n’est plus comme pour les profanes (c’est-à-dire les humains) un système d’opposition, de réaction, de division, de pouvoir des uns par rapport aux autres, de guerre, mais c’est une puissance transcendantale pour la vie.

 

Ces quatre vertus cardinales, la Tempérance, la Prudence, la Justice, et la Force, sont les piliers de la Vie de l’Homme. Elles sont les quatre conditions nécessaires à la manifestation de la vie par la grâce de l’Esprit (le cercle) dans le carré de la Terre. Elles sont des messages de Dieu adressés à l’Homme dans Sa Volonté de le sauver.

La stabilité et l’harmonie dans la Création ne se font que grâce à ces vertus cardinales qui perpétuent la Création ; la création de vie nouvelle dans la Création ne se fait que grâce aux vertus théologales qui rendent la Création vivante.

L’enseignement de la théologie a pour mission de rendre la vie vivante, dans sa relation à soi, dans sa relation au monde. Le Logos, l’Incarnation du Verbe, signifie la Présence Eternelle de Dieu au sein de Sa Création.

Ces quatre vertus cardinales pour l’homme, sont en réalité théologales ! Elles émanent de Dieu, car « c’est par Lui que tout a été fait ». Elles permettent de retrouver son âme et son esprit (cheminement initiatique) en combattant et vainquant ses passions, comme le signifie la citation de Saint Augustin reprise en préambule.

 

Dans sa quête de la Justice, l’Homme ne peut pas se tromper et croire que c’est lui qui vient frapper à la Porte ; c’est la Volonté de Dieu qui l’amène. Lorsque l’homme croit que c’est de sa propre volonté, il est sous l’emprise de son égo. Par la Clémence, Dieu révèle à l’humain ses potentialités divines. Dieu est la clé à tout ce qui ment.

La Justice donne le sens de la Clémence, et la Clémence a pour vertu de ramener à la Justice placée symboliquement à l’Orient ; la Clémence figurant à l’Occident.

Le Christ est le soleil de Justice qui se lève à l’Orient, au cœur de l’Homme.

Pour l’humain la clémence vient après la Justice, pour l’Homme, la Clémence précède la Justice.

Le Plan Divin, depuis la chute d’Adam et Eve du paradis, est de tout ramener à l’intériorité de l’Homme pour un retour à la Genèse et à la Création.

Le Principe Créateur est Divin. Le principe destructeur est satanique.

L’un est générateur et créateur de vie, l’autre est mortifère.

 

Dans l’initiation Maçonnique, la première vertu qui est signifiée à l’Apprenti est la Justice.

Selon le rituel, le futur Apprenti prend conscience, à travers les trois voyages qu’il doit effectuer, de l’exigence du cheminement nécessaire pour se rendre à la Justice.

La divinité de la Justice est de rétablir l’unité entre l’Esprit, l’Âme, et le Corps.

 

Lors de l’initiation, il est dit : « Les lois de la justice sont éternelles et immuables. Celui, qui étant effrayé des sacrifices qu’elle exige, refuse de s’y soumettre, est un lâche qui se déshonore et se perd. »

Par la repentance et la conversion, le futur initié à la Lumière trouve la possibilité de libérer sa vie du remord.

Elle est la Vertu majeure. Sans les sacrifices qu’elle exige, l’initié ne recevra pas la Justice de Dieu, qui ne s’accomplira qu’avec la maîtrise. Au cœur de lui-même, il est rendu juste. La Justice est à la fois vision du chemin à accomplir, révélation de l’Amour de Dieu, et manifestation de Sa Bonté. La Justice est Lumière, elle éclaire le coeur de l’Homme.

Parvenu à la Justice, l’initié Franc-Maçon est élevé à la maîtrise par le Vivant, le Christ, et devient alors pierre vivante. « Devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’Edifice ».  Le Christ, Pierre Angulaire est le Maître d’œuvre de cet ouvrage, elle est Triomphale car sans la Gloire de Dieu rien n’est possible. Cette Pierre Angulaire a pour miroir la Pierre Fondamentale (HIRAM) ; fondamentale car symbolique. Hiram est le symbole du passage de la mort (l’horizontalité) à la résurrection (la verticalité) : L’Homme relevé de sa faute, son extériorité. « La chair quitte les os », l’esprit quitte la matière ; la maîtrise est signifiée par le détachement, l’inconditionnalité, c’est-à-dire la vie éternelle. Hiram, le Maître Maçon est le symbole de l’Homme-christ, de celui qui vit en christ. C’est le Christ en l’Homme, et non plus l’homme lui-même, rappelant la Parole : « L’Homme se fait tout petit pour que Dieu soit », « Il faut que je diminue pour qu’Il croisse » (la croissance étant le sens de la croix). Hiram est la Pierre Fondamentale qui préfigure la 2° venue du Christ sur Terre. L’humain ne peut pas se figurer. L’Homme au cœur de lui-même préfigure : il se prépare à figurer quelque chose que lui-même ne peut pas se figurer. Il se tient prêt, à l’image des vierges sages, à figurer selon la Volonté de Dieu, pour signifier  dans la création.

Au cœur de lui-même, devenu réceptacle de la Lumière, l’Homme n’est plus … pour être ! Le Christ s’incarne au cœur de l’Homme. Hiram est la matrice et nous retrouvons Marie.

Cette élévation, passage de la Pierre Angulaire Fondamentale, à la Pierre Angulaire Triomphale, est signifiée par la perpendiculaire (la verticalité). Le Maître est bien l’éternel Apprenti. La Maçonnerie ne commence qu’au grade de Maître ! Le seul véritable Maître étant le Christ.

La Justice est le commencement véritable de la vie Maçonnique, et elle en donne le sens.

A travers la justice se pose le problème de la Maçonnerie. Dans la temporalité, elle apparaît comme la première vertu, et n’est que la dernière à « être atteinte », si toutefois elle est accessible. Alors qu’elle est la première révélée, elle est la dernière qui se donne à vivre.

 

La Justice, bien que révélée le jour de l’initiation, ne sera vécue que lorsque le Maçon aura atteint son cœur. Alors il ne la verra plus (extérieure à lui), il la vivra : rendu à la Justice, il sera rendu juste. L’Apprenti ne peut se rendre à la Justice qu’avec la main de Dieu, des justes qui doivent refléter la Lumière qu’ils reçoivent (reflet de l’image de Dieu). Comme il a été rendu juste par Dieu, il se rend juste dans sa relation à l’autre. Ces voyages nous font passer de l’âge de la temporalité à l’âge de l’intemporalité. La Porte de la Justice est la Porte du Ciel.

Le rituel Maçonnique est le reflet de la Parole de Dieu et de son Esprit de Justice signifié par la Parole contenue dans la Bible, la Lumière du Monde.

Le Principe ne devient réalité que si la Parole révélée est véritablement vécue. La preuve de l’amour, c’est le témoignage !

Ce sens de la Justice révèle à l’homme son cœur, son centre ontologique, à partir duquel se crée la vie. L’Amour signifie la Justice par son universalité dans les quatre dimensions de l’espace. L’Amour, (à ne pas confondre avec le sentiment), acte créateur, est symbole de la Justice ; son universalité dans les 4 dimensions de l’espace en fait une vertu cardinale.

Tout est sous tendu par la Justice, elle est révélation et accomplissement de la Loi. Elle est en ce sens l’alpha et l’oméga : elle émane de Dieu. Elle est retournement à Dieu signifié à l’Apprenti dès son entrée dans le Temple, et manifestation de l’Amour de Dieu à travers la Chaîne d’Union, fraternelle et universelle.

La Justice serait pour l’homme la fin de son injustice, le but ultime à atteindre pour l’homme sur Terre, car l’homme non centré est perdu. Avec la Justice l’Homme atteint sa finitude, c’est-à-dire qu’il a fini d’être injuste dans sa relation à lui, dans sa relation à Dieu.

La Justice est pour l’être le commencement de sa vie nouvelle : la Justice étant cette Porte du Ciel porte de passage de l’Homme à l’Etre.

Cette révélation de la Justice à l’initié est en fait une formidable et exigeante invitation, qui ouvre la porte de la Vie.

Cette première vertu cardinale, et son sens théologal, permet de comprendre que les trois autres vertus de Tempérance, de Prudence et de Force, qui amènent et rendent la Justice possible, de par leur imbrication mutuelle, sont en vérité toutes théologales : la Lumière venant toujours du Ciel, le principe émanant du Principiel.

Les vertus théologales sont devenues cardinales pour permettre à l’homme sa conversion. Elles ne font pas de l’homme une personne vertueuse, elles le ramènent à la Justice, à Dieu lui même.

Le travail d’architecture est de révéler la Lumière qui mène à la Justice. Les transmutations successives, les transcendances de chaque épreuve à travers lesquelles l’initié fait l’expérience du Salut le transforment peu à peu pour que le monde se transforme autour de lui. La Clémence de Dieu mène à la Porte du Temple pour que l’impétrant entende selon Saint Matthieu : « demandez et vous obtiendrez, cherchez et vous trouverez, frappez et la Porte s’ouvrira »

 

Le cherchant de la Lumière suit la voie de la Sagesse (voie de l’intériorisation) ; il passe de l’esclavage (de l’extériorité, de la Terre d’exil) à la libération ; à l’exode qui le mène à la Terre Sainte de son intériorité, du peuple hébreux au peuple juif (au peuple d’Israël). Le Ish (principe masculin de l’être) retourne au El, et en retournant au El il retrouve son Isha, principe féminin de l’être. « Dieu créa l’Homme à son Image, Homme et Femme il les créa » Livre de la Genèse.

Le plan divin (unité de fait et de Principe) se rétablit au cœur de l’Homme, symbole depuis la venue du Christ sur terre, du paradis dans lequel tout se passe sur la terre comme au ciel.  La Justice se donne à celui qui se rend à sa rencontre. La Justice se donne à l’Homme pour l’Homme, et à travers l’Homme au monde qui l’entoure. La Justice, qui se donne au centre de la Révélation, au cœur de l’Homme, est vision de la Volonté de Dieu (de Son Esprit Créateur) dans Sa Création. Nous rappelons ainsi que Dieu a bien placé l’Homme au centre de Sa Création, et que le centre de Sa Création est le cœur de l’Homme. La Justice relève de l’Absolu, de l’Esprit et de sa Loi, alors que le jugement tient à la rationalité du profane. La vie du profane s’exprime dans le sens relatif au fait, la vie de l’initié concerne sa quête de l’Absolu. L’Esprit et sa Loi en dicte le sens.

La Justice est une connaissance que l’Initié reçoit, de ce qui est juste et bon, de dire, de faire selon la Parole de Dieu manifestée dans la Sagesse de l’Ancien Testament, dans l’Amour du Nouveau Testament, dans la Vision céleste de l’Islam. Le Juste est à la fois Juif, Chrétien et Musulman au regard de Dieu.

La Justice est signifiée par cette étincelle de vie pour tous ceux qui cherchent la Lumière, et qui au fur et à mesure de leur persévérance, dans leur volonté de suivre leur chemin initiatique, devient flamme de vie, puis pure lumière au-delà de toute lumière. L’humain (la faiblesse) devient de plus en plus Homme (la Force) pour ne plus regarder le monde avec ses yeux de chair, mais avec son cœur ; ce qui est signifié par la parabole de la femme adultère. Les transmutations, par ces libérations successives de tout conditionnement de sa vie au fait, transforment l’Homme parvenu au cœur de lui-même en Etoile Flamboyante, qui brille désormais éternellement dans les ténèbres. La religiosité est désormais l’expression terrestre de sa religion. Elle est le chemin initiatique qu’il est nécessaire de faire dans sa relation à soi, dans sa relation à Dieu, dans sa relation à l’autre. Elle est pour chaque chrétien, ce corps mystique du Christ (du Christ faisant corps avec celui qui vit en christ), constituant l’Eglise (Corps Mystique du Christ), et dont la tête est le Christ lui-même. Parvenu au cœur de lui-même, l’Homme est élevé par la main de Dieu à la conscience de l’être ; pour l’élever à une Conscience au-delà de toute conscience ! Affirmée par la Parole du Christ « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ». L’Esprit de Justice fait de l’être vivant un être conscientisé par la Grâce de l’Esprit Saint. Cette Grâce ne se révèle à l’être, en dehors de toute appartenance, que pour lui permettre de retourner à l’Être Suprême : « Nous rendons Grâce à Dieu », et « Vous devez renoncer à tout ce que vous avez, tout ce que vous êtes, y compris vous-mêmes, pour porter ma croix dans le monde » Luc 17.

 

C’est pour cette raison que l’initié est épris (esprit) de Justice, car il est dans une relation amoureuse à Dieu qui est la Justice Elle-même.

L’Esprit de Justice, contenu dans la Parole manifestée (la Prophétie), comme non manifestée (la Révélation), s’incarne dans l’être vivant en christ (le véritable initié) ressuscité d’entre les morts (monde profane) et redonne à l’Homme l’unité entre ses deux natures. L’Homme est le fruit de la rencontre entre son humanité (faiblesse) et sa divinité (Force)

Le juste de l’Ancien Testament par la conformité de sa vie à la Parole, redevient bon par la grâce de l’Amour.

La Justice consiste à conformer sa vie à la Parole, en vue de son propre salut et de tous les siens : le premier Arche d’Alliance de Noé est constitué par la conformité de la vie de l’homme à la Parole de Dieu.

Le deuxième Arche d’Alliance éternelle et toute puissante, est constitué par la vie de l’homme en christ, disposée ainsi à recevoir l’Amour inconditionnel de Dieu.

Telle est la Révélation du Nouveau Testament !

La vie n’est plus soumise à la Loi (infantilisation de l’être), elle est accomplissement de la Loi (l’âge « Adulte »).

La Justice de Dieu lave le Vieil Adam de sa faute originelle : c’est le sens du Baptême.

La Justice est principe, c’est pour cela qu’elle figure à l’Orient. Son pendant, la Clémence, figure à l’Occident pour signifier qu’elle est aussi acte. La Clémence est douceur, chaleur, « la clé à ce qui ment » dans le sens où elle ouvre la Porte du Temple. Elle est la Porte de passage du mensonge, de l’illusion temporaire du fait, à la Vérité éternelle de l’Esprit.

Le Juste voue sa vie à Dieu dans l’établissement du « pour » le monde, dans le « et », l’unité dans le monde. A l’inverse, celui qui juge l’autre (dans le par rapport) se condamne lui-même par son sens relatif au fait, obéissant à des lois psychologiques et passionnelles, en lieu et place des lois ontologiques (de genèse et de création de vie). Le jugement des hommes est mortifère ; la Justice de Dieu est libératrice, salvatrice et créatrice. Dans le monde éclairé et initié, la vie est sacrée, car elle est exclusivement consacrée à l’autre, selon la Parole du Christ « devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’Edifice ».

La Maçonnerie est une expérience universelle extra-ordinaire, au-delà de l’ordinaire, car elle est consacrée exclusivement à la création d’une vie meilleure, et d’un monde meilleur. La Maçonnerie spéculative est le reflet de l’Amour de Dieu dans Sa Création. Il est demandé aux Maçons : « Allez porter dans le monde toutes les vertus dont vous avez juré de donner l’exemple » en parallèle de la Parole du Christ aux apôtres : « Je vous envoie partout dans le monde guérir les lépreux » (ceux qui vivent selon les apparencesen référence à la « tunique de peau », « ressusciter les morts » (ramener ceux qui étaient mortifiés « à l’ombre du fait, à la Lumière de l’Esprit » dit Sénèque dans La vie heureuse – « et à chasser les démons des esprits impurs » (toutes les insouciances, inconsciences, incapacités, de tous ceux qui vivent en faux maîtres, en faux prophètes, pour assouvir leur besoin de reconnaissance.)

Le Juste est intègre car il a ré-intégré son cœur : son cœur fait partie entière de sa vie. Il est le Un qui devient le tout, pour que le Tout dignifie le Un.

Tel est le sens de l’être universel. Au cœur de sa vie, l’homme touche à l’infini et à l’éternel.

 

Dieu ne rend pas justice à l’Homme, il rend l’Homme juste. Rendre Justice à l’homme reviendrait à conditionner l’esprit au fait, au sens du mérite. L’Homme est rendu juste non par rapport au passé, mais en perspective de l’au-delà : son devenir est celui du monde qui l’entoure. Chaque prophète de l’Ancien Testament se voit, dans la Justice de Dieu, donner une Terre Nouvelle.

 

Dans l’Ancien Testament, la Justice fait appel à l’intellect, à la conscience de l’homme, d’où la Crainte de Dieu, car l’intellect s’attache à l’extériorité de l’homme. Le Crainte de Dieu vient du fait que si l’homme reste extérieur à sa vie, il ne peut se rendre à son cœur. Il craint ainsi que l’homme n’écoute pas Sa Parole. Psaume 94 : « Ecoute Israël, quand donc écouteras tu ma Parole avec ton cœur ? ». La crainte de Dieu devient la crainte de l’homme de ne pas conformer sa vie à Sa Parole. La crainte des humains est mortifère alors que la crainte de Dieu est salvatrice, libératrice, et créatrice de vie grâce à Sa Parole.

Dans le Nouveau Testament, la Justice fait appel à l’Intelligence du coeur : L’Amour est la Justice en action. L’Intelligence du cœur, c’est d’écouter son cœur pour pouvoir écouter le cœur de l’autre. Depuis le Nouveau Testament tout se passe dans un cœur à cœur. Il n’y a plus de rapport de force car la Force c’est l’Amour. Si l’amour révèle l’Intelligence du cœur, ce qui la signifie ce sont les qualités de l’être : l’humilité, la simplicité, l’immutabilité comme l’écrit Maître Eckhart.

Dans la nécessité de l’écoute de la Parole et de la pratique, Saint Matthieu reprend une question du Christ  (7.21) : « Pourquoi m’appelez-vous « Seigneur, Seigneur », et ne faites vous pas ce que je dis ? »; puis sa réponse (7.24-27) : « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à quoi il est comparable. Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! »

Le Juste devient bon par la Grâce de l’Amour. La Bonté est le sens de l’au-delà de la Justice. La Bonté devient symbole ; elle est la traduction, dans le monde, de la Justice. Dans le livre de la Genèse, Dieu dans son Esprit de Justice « vit que cela était Bon », c’est-à-dire que cette bonté est acte créateur. Comme Dieu est Esprit, cette Bonté n’est pas un état de fait, mais genèse et création. C’est Bon car c’est pour la Vie !

L’homme n’est ni bon ni mauvais, il est rendu juste pour que la vie soit bonne. Ce qui est bon pour l’homme c’est qu’il soit rendu juste. Il est bon pour l’homme que d’être juste car la justice est salutaire et porteuse de sens créateur de vie. C’est dans Sa Création que Dieu voit qu’il est bon. La bonté pour l’Homme c’est d’être créateur : d’Image (la Justice), il devient Ressemblance (la Bonté).

La bonté de l’Homme est la création de la vie dans la Création. Le fait que l’homme soit créateur est le sens du pourquoi de sa création.

La Justice est la transformation au cœur de l’Homme de la puissance créatrice de Dieu, en tant que Grand Architecte. La Puissance Créatrice, le « puits biblique du sens », au cœur de l’Homme devient alors création. Le cœur de l’Homme devient ce puits biblique qui fait de lui une source d’eau vive et éternelle, selon la Parole du Christ : « celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ni  jamais soif, car il sera devenu lui-même la source d’eau vive et éternelle ». La Bonté, en tant qu’au-delà de la Justice, c’est d’être ce que l’on n’était pas, ce que l’on ne pouvait pas être, sans la Présence au cœur de l’Homme du Grand Architecte de l’Univers, du Principe Créateur Universel.

 

Le Maçon spéculatif reflète l’image de Dieu. Il est le reflet de l’intention de Dieu, car il répond à l’Espérance de Dieu, attente de Dieu de le voir revenir à Lui pour accomplir son dessein. Il est opératif par la grâce de l’Amour. Il n’est pas opératif dans la matière ; il est opératif pour la vie de la matière : l’esprit transforme les ténèbres en lumière. Tout fait est matière à une écoute, une vision, et une compréhension  nouvelles.

Dieu n’opère pas dans la matière, mais pour la matière, à travers l’Initié. Le Maçon est messager (messe) de tout ce qui est pour la vie, il est la promesse du témoignage de la lumière, il est celui qui fait l’unité entre l’Esprit et la matière. Sans le triangle supérieur (la vie spirituelle définie par le Père, le Fils, le Saint Esprit), le carré de la matière se transforme en tombeau. Au 3° jour, le tombeau du Christ est vide car la matière ne peut contenir l’Esprit qui en symbolise l’au-delà.

La Justice du Maçon consiste à sortir de la quadrature du cercle, c’est-à-dire quitter la vie matérielle pour la vie spirituelle ; donner vie à la matière et la transformer. C’est dégager l’esprit du fait pour que l’esprit puisse donner vie au fait.

La vie du Maçon n’échappe pas au principe éternel de la Mort et de la Résurrection. Se dépouiller, renoncer à son propre fait pour renaître à la vraie vie en suivant le chemin qui ramène au cœur de son intériorité, centre ontologique de sa vie…

La Justice est transmutation en transformations successives dans une élévation édifiante et constructive de la vie, pour la construction d’un monde meilleur. Devenir meilleur est une nécessité, car « qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour » dit Confucius.

La Justice est invitation au merveilleux voyage initiatique de la vie…

 

 

 

 

Références bibliques qui ont étayé ce travail sur la Justice :

 

Lettre de Saint Paul apôtre aux Romains (8, 28-30)

« Frère, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. Ceux qu’il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a justifiés, il leur a donné sa gloire. »

Commentaires :

« Quand les hommes aiment Dieu » signifie que quand les hommes retournent à Dieu, ne nient plus Dieu, ils sont rappelés pour être ses serviteurs, des êtres libérés de l’esclavage du monde. « Aimer Dieu » c’est être créateur de vie dans Sa Création ; ce que Saint Paul appelle : « l’économie de Dieu » : l’homme redevenu capable d’entreprendre au sein de ses différentes formes de vie, participe à l’entreprise du Grand Œuvre de Dieu.

« Ceux qu’il connaissait par avance » : Dieu créa l’homme à Son Image ; cette Image reflétant dans l’Esprit de Dieu l’Image de son Fils. La multitude de ceux qui reflètent sur terre l’image de Son Fils sont appelés Frères. Tous ceux, élevés par la Grâce de l’Esprit, sont appelés Justes dans le Corps Glorieux de Son Fils : « je suis la tête, vous êtes le corps ».

Le sens de la vraie vie retrouvée dans les Eaux du Baptême, du royaume de la Prêtrise et de la Prophétie, transforme le communiant en apôtre confirmé.

 

Psaume 96 « Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ! »

Une lumière est semée pour le juste,

et pour le cœur simple, une joie.

Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !

Commentaires :

Ce psaume est à vivre en parallèle avec le Prologue de Saint Jean « au commencement était le verbe… » C’est l’Incarnation du Verbe.

 

Baruc (5, 1-4)

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Eternel. Dieu va déployer ta splendeur partout dans le ciel, car Dieu, pour toujours te donnera ces noms : « Paix de la Justice » et « Gloire de la piété envers Dieu »

Commentaires :

Jérusalem, (le shalom, le salut par le retournement au Je) : L’Homme quitte les apparences de l’humain pour revêtir le Christ, « je suis ce que je suis ».

 

Saint Paul apôtre aux Romains (3, 21-30)

Frères, aujourd’hui, indépendamment de la Loi, Dieu a manifesté en quoi consiste sa justice : la Loi et les prophètes en sont témoins. Et cette justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus Christ, elle est offerte à tous ceux qui croient. En effet, il n’y a pas de différence : tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu, et lui gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. Car le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi. C’est ainsi que Dieu voulait manifester sa justice, lui qui, dans sa longanimité, avait fermé les yeux sur les péchés commis autrefois. Il voulait manifester, au temps présent, en quoi consiste sa justice, montrer qu’il est juste et rend juste celui qui a foi en Jésus…

Commentaires :

« indépendamment de la Loi » : Le salut de l’Homme ne passe pas par la reconnaissance par Dieu de ses mérites, mais par le sens de la Vie qui est l’au-delà. L’Amour de Dieu est inconditionnel, il se manifeste pour l’Homme pour sa vie et non en fonction de son fait.

 

Sagesse (1, 1-2)

Aimez la justice, vous qui gouvernez la terre,  ayez sur le Seigneur des pensées droites, cherchez-le avec un cœur simple, car il se laisse trouver par ceux qui ne le mettent pas à l’épreuve, il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en lui.

Commentaires :

« Aimez la Justice », la Justice de Dieu est Amour pour tous ceux qui font preuve d’humilité et de simplicité « cherchez le avec un cœur simple ». L’Amour gouverne le Ciel comme la Terre.

Le Satan est Prince des ténèbres, des terres extérieures à l’homme (les insouciances, les inconsciences).

Le Christ symbolise les terres intérieures, l’élévation aux champs de conscience.

 

 

Isaïe (45, 22-24)

Tournez-vous vers moi : vous serez sauvés, tous les lointains de la terre ! Oui, je suis Dieu : il n’en est pas d’autres ! Je le jure par moi-même ! De ma bouche sort la justice, la parole irrévocable. Devant moi, tout genou fléchira, toute langue en fera le serment : Par le seigneur seulement – dira-t-elle de moi – la justice et la force ! Jusqu’à lui viendront couverts de honte, tous ceux qui s’enflammaient contre lui.

Commentaires :

Retourner à Dieu, c’est retourner au cœur de l’Homme. Les exilés se repentiront en marchant vers la Terre Sainte de leur intériorité (leur cœur) ou leur vie sera sanctifiée par la Grâce de l’Esprit Saint. Toute langue se taira pour que les Langues de Feu de l’Esprit Saint éclairent la vie de tous ceux qui demeurent encore dans les ténèbres.

 

 

Saint Clément de Rome  (troisième successeur de Saint Pierre)

Qu’ils sont heureux et admirables, les dons de Dieu, ô bien-aimés ! La vie dans l’immortalité, l’épanouissement dans la justice, la vérité dans la franchise, la foi dans la confiance, la maîtrise de soi dans la sanctification ; et toutes ces choses sont devenues accessibles à notre intelligence ! Quels sont donc les biens préparés par Dieu pour ceux qui l’attendent (cf parabole des vierges sages et des vierges folles). Le Créateur et Père de siècles, le Très-Saint en connaît seul le nombre et la beauté. Luttons donc afin d’être trouvés au nombre de ceux qui l’attendent, afin d’avoir part aux dons qu’il a promis.

Mais comment cela se fera- t-il, bien-aimés ? Si notre esprit est fixé sur Dieu avec foi, si nous recherchons ce qui lui plaît et ce qui lui est agréable, si nous accomplissons ce qui convient à sa volonté irréprochable et si nous suivons le chemin de la vérité, en rejetant loin de nous toute injustice (la crainte de Dieu).

Par lui, le Christ, nous fixons notre regard sur les hauteurs des cieux ; par lui nous contemplons comme en miroir la face immaculée et incomparable de Dieu ; par lui se sont ouverts les yeux de notre cœur ; par lui notre pensée inintelligente et enténébrée  refleurit à la lumière ; par lui, le Maître a voulu nous faire goûter à la connaissance immortelle !

Commentaires :

L’injustice de l’homme tient au seul fait qu’il ne vit pas encore, ou qu’il ne demeure pas au cœur de lui-même. A la vision du cœur, les ténèbres se transforment en lumière pour contempler la multitude et l’infinitude de la Grâce de l’Immaculée Conception : l’Homme ne peut concevoir la Volonté de Dieu ; il est nécessaire pour la vie qu’il en soit réceptacle. C’est à genoux (son humilité) qu’il fera de son cœur la terre fertile de toute spiritualité, c’est-à-dire de tout lien, de toute religion aux autres hommes.

 

Romains (4-    )

Il lui fut accordé d’être juste.

Commentaires :

La Justice ne concerne pas le fait, elle est bien une capacité de l’être.

 

Psaume 84  « Attente du salut »

 » Amour et vérité se rencontrent, Justice et paix s’embrassent; la Vérité germera de la terre et du ciel se penchera la Justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La Justice marchera devant lui et ses pas traceront le chemin… »

Dieu nous enseigne sans cesse le sens véritable des mots amour, vérité, justice, paix. Nous n’aurons jamais fini de découvrir les fruits qu’ils portent sur le chemin de la nécessité de l’être! Avec la Justice, le principe devient acte; et l’acte est principe (sens pour la vie)…Le Principiel (le Principe qui vient du Ciel) est Amour: il est acte générateur et créateur et pas seulement événement.

 

 

LE CHEMIN DE SAINT JACQUES

LE CHEMIN DE SAINT JACQUES

(un chemin initiatique dans la quête de l’Absolu)

« Quand vous butez sur toute sorte d’épreuves, pensez que c’est une grande joie. Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien. » (Jacques 1, 2-4)

Le chemin de Saint Jacques est symbolisé par la coquille saint- jacques où la créature rejoint son Créateur au centre symbolisant le tombeau, où le cherchant tombe vers le haut (l’élévation), par la rectitude de la démarche symbolisée par la partie horizontale de la coquille, le fondement du cheminement. Vers ce centre convergent les chemins de vie, les chemins initiatiques, à l’image des quatre fleuves qui mènent au sommet de la montagne de Sion ; le quatre (la matérialité) se transforme en spiritualité en passant par le un. Les retrouvailles de la dépouille décapitée de Saint jacques signifie la Volonté de Dieu de voir l’homme se dépouiller de ses pensées pour retrouver la vie spirituelle.

La coquille par sa forme concave symbolise la capacité à recevoir la Lumière pour la donner ; la main gauche qui reçoit et la main droite qui donne. L’intérieur de la coquille est blanc nacré par suite d’une disposition particulière des prismes constitutifs du calcaire, qui polarisent la lumière. Elle symbolise la purification par la transmutation au cœur. Douze sillons (de lumière) divergent du centre. Pour le pèlerin qui incarne l’initié, ils évoquent les douze tribus d’Israël, les douze Apôtres, les douze portes de la Jérusalem Céleste, les douze mois de la création. La lumière c’est la vie symbolisée par l’eau pure dont la coquille est le réceptacle. La coquille évoque la mer (la Mère, la matrice) et en corollaire, le sel : la concentration et la cristallisation des énergies, de la Force (« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s’affadir, avec quoi le salera-t-on? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens… »1 Mc 9). Elle est union entre la Terre et l’Océan, la finitude et l’infinitude, le manifesté et l’au-delà du manifesté.

Le chemin de Compostelle nous fait quitter la quotidienneté de la matière pour que l’esprit puisse s’approprier (se libérer- se purifier) ce qui est juste : la vie, l’au-delà de la matière. Le relatif, l’éphémère, l’apparent s’effacent devant les profondeurs de l’être que donne à entrevoir le chemin.

La magie du chemin s’opère avec les pèlerins, quelles que soient leurs origines, leurs motivations, leur âge, leur époque, quand l’égo de chacun s’efface, qu’aucune pensée de l’un, croyance ou pouvoir décisionnel de l’autre, ne vient faire obstacle au suivi commun du même chemin. Tout le monde respecte les signes qui indiquent le chemin du corps. Dans la quotidienneté du monde ordinaire, tout peut être source de division, d’opposition, à tout moment. Le sens extraordinaire du chemin, c’est que tout le monde marche dans le même sens pour atteindre symboliquement le même but…

Le chemin qui mène au coeur de l’être est défini par la Parole des sages, des maîtres, de Dieu qui nous indique le « véritable » chemin. C’est sa connaissance qui trace notre chemin de vie…

Le pèlerin qui se rend à Compostelle chemine vers son cœur, vers le centre ontologique de sa création, miroir de l’Archétype Universel, reflet de Son Image. Il libère sa vie de la complexité et la mène vers la simplicité : il marche en lui, vers lui, avec lui ; il se rend au point. Proverbe alchimique : «  Connais-tu le point qui est dans le carré (la matérialité) ? Connais-tu le point qui est dans le triangle (la spiritualité) ? Connais-tu le point qui va dans le cercle (l’universalité) ? Connais-tu le point, alors tout va bien ; ne le connais-tu pas alors tout est vain ! » Le chemin participe au rétablissement du Corps primordial, du Corps matriciel (union rétablie de l’esprit, de l’âme et du corps), de l’image en marche vers la ressemblance. Arrivé à Compostelle (Le Champ des étoiles), le pèlerin deviendra étoile pour briller lors de son retour, comme Jacques, parmi les siens dans les ténèbres de la matérialité du monde moderne. La dureté du chemin exige d’aller puiser au cœur de soi-même la Force qui donne la volonté, le courage, la persévérance. « Vendez vos biens et donnez les en aumône. Faites- vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où ni voleur n’approche ni mite ne détruit. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. » Ac 4.

« Le bon chemin » est celui qui nous fait passer d’un (du) pas juste au Seul et Unique Juste : le Christ (« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »). « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent ». 1 Lc 13-24. Le chemin rappelle la prévalence de l’Être sur l’avoir. « L’homme extérieur ne fait qu’exister ; l’homme intérieur est ! » dit Annick de Souzenelle. Le chemin est transmutation au cœur (le détachement ou œuvre au noir) et de plus en plus transformation (l’amour ou œuvre au rouge : «  Il suffit de se transformer pour que le monde se transforme autour de nous ») dans le but d’être élevé (la transfiguration ou œuvre au blanc : ce que l’homme ne peut pas se figurer) à sa vocation divine. La colonne vertébrale de la vie est la verticalité de l’être ! Le sac du pèlerin ne reste pesant que lorsque pèse encore en lui les insuffisances d’amour, les siennes (ses non-dits, ses non-faits) comme celles du monde qui l’entoure (les insuffisances, les inconsciences, les incapacités, les incertitudes par manque de foi). L’homme en chemin retourne à Dieu et à Sa Foi. « Comme Dieu est constitué, l’âme l’est aussi » dit St Augustin.

Le chemin est symbole du Saint Nom de Dieu YHWH (Ce qui était- ce qui est et ce qui vient) puisque Jacques assista avec Pierre à la Transfiguration sur le Mont Thabor où les prophètes Elie et Moïse s’entretinrent avec Jésus ; un Seul et même Temps pour tous les pèlerins des siècles des siècles ! Il est le chemin de tous car il est le chemin du Tout, le chemin qui mène au Un, au Corps du Christ dont Il est la Tête. Il est le chemin de la Loi qui mène à l’Au- delà : «  Aimez- vous les uns les autres comme Je vous ai aimés ! »

Celui qui prend le chemin dans l’envie, le besoin, ou par rapport à un événement particulier de son existence, ne peut le suivre que dans le sens de la nécessité du cheminement intérieur que réclame son exigence qu’il ne peut, au départ, se figurer ; et qui se traduira (ou non) par une transformation profonde dans sa vie, dans l’au-delà du chemin. Il symbolise, en cela, le passage des ténèbres de la matière à la lumière de l’esprit.

Le pas juste se transforme alors en pas du juste … La douleur (l’humain) s’efface alors pour laisser place à la souffrance (le souffle de l’errance) dans la quête du divin, du chemin qui ramène à Dieu … « Le Christ est cherchant, persévérant et souffrant » dit Luc.

Arrivés à Compostelle les pèlerins du Moyen-âge brulaient leurs vieux vêtements: ils brulaient, symboliquement le Viel Adam, l’homme extérieur, pour revêtir le Christ, l’Homme intérieur, l’Adam nouveau (l’être sans cesse renouvelé par la foi).

La légende de Compostelle raconte que c’est une étoile (toujours le Principe unique) qui aurait permis à ses disciples venus de Jérusalem de retrouver les reliques de Jacques le Majeur pour lui construire son tombeau. C’est ensuite autour du tombeau qu’aurait été construite la ville de Compostelle ; étymologiquement « le Champ des étoiles » dont le tombeau serait symboliquement le cœur de la ville et les étoiles, les pèlerins arrivés au cœur d’eux-mêmes pour recevoir la Lumière qu’ils sont censés maintenant refléter dans leur vie ; dans la nuit mystique du fidèle, de celui qui porte en lui la verticalisation de la foi, la Lumière se met à briller. Le « champ de l’étoile » c’est la vie (l’évolution, la transformation) dont le pèlerin doit maintenant témoigner, pour éclairer la nuit (l’existence) de ceux qui l’entourent. Sa vie est le symbole de l’au-delà de Compostelle marquée de sa présence en christ : la crédence de son cœur. La crédencielle devient chaque jour la croix de la lumière qui descend du Ciel … « Ne laisse jamais nos vies, tout au long du jour, manquer à la Lumière ; recharge les du poids d’amour qui les entraîne vers le Père » demandent les Apôtres au Christ.

« La Loi que le Ciel a mis dans le cœur de l’Homme s’appelle la loi naturelle (de sa nature divine originelle). L’observation de la Loi s’appelle la Voie ou la règle de nos actions. Remettre en lumière, dans les cœurs des hommes, la règle des actions que les passions ont obscurcies, cela s’appelle enseigner. Il n’est jamais permis de s’écarter de la règle de nos actions, même un instant ; s’il était permis de s’en écarter, elle ne serait plus règle. Pour cette raison, le sage prend garde et fait attention, même quand il ne voit rien qui réclame sa vigilance ; il craint et tremble même quand il n’entend aucun bruit qui puisse l’effrayer ; car pour lui rien n’apparait plus à découvert que les secrets replis de son cœur (Confucius). On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, en bien comme en mal ; et le mal que nous avons, c’est le mal que nous faisons : nous sommes responsables de nos vies comme l’architecte ( l’intention) et le maçon (l’acte) dépendent de la qualité d’une maison.

Il ne nous reste plus qu’à persévérer sur tous les chemins de nôtre vie terrestre, en se rappelant la sagesse de Confucius : « Qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour ! »

Il ne s’agit pas d’aller à Compostelle ou d’arriver à Compostelle, mais de voir ce qu’était, ce qu’est et ce que sera « Compostelle » pour la vie de ce monde et bien au-delà…

St Jacques qui nous a guidés sur « le chemin de la vie parfaite » (de la vie consacrée à la vie de l’autre), apparaissant régulièrement et symboliquement à travers les statues de pierre le représentant, nous amène à Compostelle, au cœur de nous-mêmes, pour « transformer notre cœur de pierre en cœur de chair »(Parole de Dieu à son peuple Israël). Sur la place de la Cathédrale, St Jacques nous apparaît tout en haut, pour nous signifier que le chemin maintenant n’est plus horizontal mais vertical. Mais, nous le savons:  » Beaucoup d’appelés; peu d’élus! »

Pour cela il nous faut rentrer dans la Cathédrale, dans le Temple de notre vie intérieure, dans le Temple de Dieu, plonger au plus profond de notre être pour embrasser, comme St jacques la vie en Dieu. Entourer St Jacques de ses bras, dans le Saint des Saints de la Cathédrale, c’est prendre l’engagement d’évangéliser avec lui, le monde profane!

Est-ce-que nous avons renoncé; est-ce-que nous serons toujours capables » de renoncer à tout ce que nous sommes, à tout ce que nous avons, pour porter sa croix dans le monde »? Est-ce-que la sainteté de St Jacques nous guidera toujours? Oui, Seigneur je crois! St Jacques accomplit toujours aujourd’hui, comme hier et demain sa mission…

Rendons grâce à l’Éternel.

LA FAMILLE

LA FAMILLE  : UN CHEF D’ŒUVRE EN PÉRIL …

 

La famille, la « grande famille », serait-elle devenue obsolète, ringarde, dépassée, perdue corps et biens à l’image de l’Atlantide, cette cité perdue, engloutie aux fonds de l’Océan ?

Si elle n’est pas encore perdue pour tout le monde, elle disparaît des préoccupations premières de tout un chacun avec la perte de son sens. Comment donner du sens à quelque chose quand le sens de sa propre vie a été perdu ? Comment vivre avec l’autre en ayant perdu la capacité de vivre pleinement en soi, avec soi, pour soi ? « Charité bien ordonnée commence par soi-même » ; loi fondamentale pour pouvoir participer à la vie du monde qui nous entoure.

« Devenez une pierre vivante pour participer à la construction de l’édifice » dit le Christ aux Apôtres. Cet édifice c’est une société de sagesse et d’amour dans une fraternité de cœur et d’esprit éternelle. C’est l’Église ! Elle est ce « Corpus essentiel (du Sens venant du Ciel) devenant constitutionnel » de la promesse pour l’humanité tout entière d’une vie toujours meilleure pour un monde meilleur. L’église, en tant qu’institution humaine, est le symbole de la vocation de prêtres (d’êtres toujours prêts à être) à participer à cette création de la vie dans la Création.

 

Le microcosme de cette Société Ecclésiale, c’est-à-dire religieuse, c’est la famille !

Sa constitution est basée sur la « présence » d’un père, d’une mère et du fruit de leur union dans l’amour que sont les enfants.Mais le sens de la famille se perd de plus en plus en plus avec celui de la genèse ( la création de la vie en soi) et de la création de la vie autour de soi. L’Amour en est le créateur. L’acte créateur c’est l’amour ! Le reste appartient au sentiment humain, à ses goûts, ses envies, ses besoins éphémères…qui se transforme, avec le temps,en ressentiments. L’amour est principe d’éternité de la vie, du sens de l’au-delà du fait. Le sentiment est illusion momentanée ; il porte en lui le germe de la fausseté:le fait conjugal n’est pas la vie conjugale. Le fait familial n’est pas la vie familiale. Le Christ dit à Son Père : « Que cette faux passe loin de moi ». « L’homme dans le fait est un divorcé de sa vie » dit Annick de Souzenelle. Elle rajoute :« retourner à soi c’est retourner à Dieu qui est en soi. » Sans la vie en soi, avec soi, pour soi, il n’y a pas de vie en l’Autre au cœur de soi -même ; et donc pas de vie possible dans un cœur-à-cœur avec l’autre pour l’autre. Sans la présence du père et de la mère, l’enfant n’a pas d’avenir ! Il est sacrifié sur l’autel de l’inconscience des parents dont la vie se perd dans un corps-à-corps où l’illusion, le sentiment, les apparences se substituent de plus en plus à la vérité.

 

La porte de salut c’est l’intériorité. « Point de salut sans combat dans son intériorité » dit Saint Augustin. Dans le « Symbolisme du corps humain » Annick de Souzenelle affirme que « L’humanité tout entière n’a pas encore passé la Porte des hommes ». C’est le chemin de la sagesse qui mène à l’amour inconditionnel par le détachement du fait. La porte des hommes mène à la Porte du Ciel : le cœur-centre de l’Homme. Lorsque l’homme n’est plus centré sur lui, le soleil divin qu’il est censé être disparaît : il est désorienté ! Il a quitté l’Orient de son cœur.

Le temps présent est le temps de la présence ; de la présence en soi, de la Présence de Dieu en soi, sans lequel le devenir de l’être est impossible. « Laissez venir à moi les petits enfants » dit le Christ. L’enfant de Dieu plongé dans les eaux du Baptême ( de la libération de tout concept social, économique, politique, soit-disant religieux…etc) se rend au cœur-centre de sa vie où il deviendra par la communion de son âme et de son esprit, fils de Dieu ; et par la Grâce de l’Esprit Saint, il sera confirmé, fils de l’Homme. L’adultère, la tentation de l’extériorité, s’efface avec le retour à sa nature divine originelle. Le péché originel, l’orgueil de l’homme est lavé ( définitivement pardonné) dans la conversion à la pureté, la simplicité, la virginité de Marie, la Mère de Dieu, c’est-à-dire de tous les hommes. Elle porte en Elle le sens du mariage (de l’âge de Marie). C’est le temps de la préparation aux épousailles du Christ : d’épouser la vie en soi pour épouser la vie en l’Autre ( en Dieu au cœur de soi-même) et épouser la Vie avec l’autre. Les fiançailles, la rencontre des deux familles, deviennent avec le mariage, l’union des deux familles. Sans la Mère (la Matrice de Vie) il n’y a pas le Fils ! Et, « Qui a vu le Fils voit le Père » Ev. de Jean. Autrement dit l’homme peut être géniteur sans être créateur. La femme peut être maman sans être mère ; l’homme peut être papa sans être père. Mère et père sont les qualités de l’être.

« Mère » signifie matrice de vie. La plénitude de la vie de mère est contenue dans les trois matrices, d’eau, de feu et du crâne, de l’arbre des séphiroths des Hébreux. Marie, elle-même, symbolise ces trois matrices en une seule, ce qui en fait la « Mère de Dieu », la Mère de tous les hommes. Elles sont, Elle est le réceptacle de la Lumière par sa pureté, sa virginité,sa simplicité,son immutabilité. 

« Père »signifie puissance créatrice de vie, expression même de la Vraie Vie. Il incarne l’autorité de la Loi; le fruit de l’Esprit, la Parole en action. Il n’est pas cet autoritarisme aveugle, mais le garant de l’écueil que serait une vie dans laquelle le plaisir et le désir de l’homme ne seraient pas maîtrisés et guidés par l’Eros de Dieu, Son Amour générateur et créateur…Sans le père, l’enfant n’a plus de repères! La crainte des hommes, la peur, les angoisses, n’est pas la crainte de Dieu : conformer toujours sa vie à Sa Parole.

Le mariage est le retour du principe masculin de l’être (l’extériorité de l’Homme) à son principe féminin (l’intériorité de l’Homme). C’est « l’âge de Marie », de la pureté, de la simplicité, de la vérité de ses intentions de créer une vie mariale. Ce temps ramène l’Homme au jardin d’eden de son cœur, où son âme et son esprit sont élevés à des champs de Conscience dont il ne peut avoir conscience : «  la conscience de l’être est de ne plus être pour que Dieu soit » dit Maître Eckhart. 

« S’il faut 9 mois pour faire l’enfant extérieur, il faut une vie tout entière pour faire l’enfant intérieur » dit Annick de Souzenelle : enfanter toujours une écoute nouvelle, une vision nouvelle, une compréhension nouvelle.Telle est la Bonne Nouvelle du Christ, de Noël.Le cœur-centre ontologique est le Maître disent les chinois, l’empereur, le soleil de l’Homme.

 

La Maison de Famille (et non de la famille), où tous peuvent se retrouver, est la demeure de Dieu. « Celui qui demeure en lui, voit le Fils comme le Père demeurer en lui ; et sa maison est une demeure de Dieu » Ev de Jean.

Jésus est entrain de prier dans une maison quand un de ses disciples rentre et lui dit : «  Jésus, ta mère et tes frères te cherchent ! Et Jésus répond : Qui est ma mère, qui sont mes frères, qui sont mes sœurs, si ce n’est vous qui êtes en cercle autour de moi ».La religiosité nous fait considérer le Christ comme un être extérieur à nos propres vies. La religion à nous- mêmes, la conversion à Son Chemin intérieur, le rend intime et proche.Le rayonnement spirituel de chacun signifie la présence au cœur de l’être de l’Être : « Je suis ce que je suis !»

Le Christ à dit aux Apôtres : « Vous êtes le Sel de la Terre ». Il est nécessaire pour chacun de devenir apôtre pour que sa vie ne connaisse pas cet affadissement qu’est le manque de sens à lui donner chaque jour : «  Ne laisses pas nos vies, tout au long du jour, manquer à la Lumière ; rechargez les du  poids d’amour qui les entraînent vers le Père » demandent les Apôtres à Jésus. Prions le Seigneur qu’il en soi de même pour nous tous. «  Le sens de la vie c’est de la rendre vivante » affirment les théologiens ! Le vivant est celui qui vit en lui pour voir le Vivant, en lui, rendre le monde vivant autour de lui.

Sans les retrouvailles de sa nature divino-humaine au cœur de lui-même, l’homme ne peut construire quelque chose de sérieux ; de valable, de durable.Les goûts, les envies, les besoins de sa seule nature humaine se transforment tôt ou tard en non-goûts, non-envies, en d’autres besoins. L’instabilité mentale, affective, comportementale crée une véritable schizophrénie sociologique.

Si l’être humain ne se rend pas à la Justice, rien ne sera bon pour lui (pour elle) et les siens.

Depuis la chute du Paradis, d’Adam et Eve, le premier Arche d’Alliance est celui de Noé : «  Toi seul a été juste, car toi seul a conformé ta vie à ma Parole » dit Dieu ; « Je te sauverai toi et toute ta descendance. Quant au reste de l’humanité, Je submergerai la terre des océans et Je l’emporterai ! » « Les eaux du Déluge c’est l’inconscience de chacun d’entre nous » dit Annick de Souzenelle.

Le deuxième Arche d’Alliance est celui que Moïse construit dans le désert et qu’il place sous la Tente du Grand Prêtre. La tente symbolisant le voile entre Dieu et l’homme, le voile de son inconscience, de son Ego, qui se lève dans les Eaux purificatrices du Baptême de Jean, où l’enfant de l’homme devient enfant de Dieu, «  roi, prêtre et prophète ».

« Dieu est lumière, et la plus haute lumière; un faible écoulement, un faible rayonnement venant jusqu’ici-bas, c’est toute notre lumière, encore qu’elle nous paraisse très brillante. Mais, vois-tu, Dieu foule notre obscurité, et Il a placé les ténèbres comme sa retraite (Ps 17, 12) entre Lui et nous, comme jadis Moïse plaça aussi le voile entre l’endurcissement d’Israël (cf Ex 34,33). C’est pour que sa nature enténébrée ne voie pas facilement la beauté cachée, et que bien peu méritent de voir; c’est aussi pour éviter que, si nous l’atteignons facilement, nous ne la perdions facilement aussi, à cause de l’aisance qu’il y aurait à l’acquérir; il faut que notre lumière prenne contact avec la Lumière -cette dernière l’attirant sans cesse vers les hauteurs par le désir -il faut que notre esprit purifié s’approche de la pureté absolue et qu’une partie de celle-ci lui apparaisse maintenant, et le reste plus tard,en récompense de la vertu, de l’élan d’ici-bas vers cette pureté absolue, ou plutôt de l’assimilation à elle. Car nous voyons maintenant, est-il dit,à travers un miroir et en énigme, mais alors nous verrons face à face; maintenant je connais en partie, mais alors je connaitrai comme j’ai été connu (1 Co 13, 12). Quelle est notre bassesse, et de quelle envergure est la promesse : connaître Dieu, autant que nous sommes connus de Lui! » St Grégoire de Nazianze.

 

Le troisième Arche d’Alliance , Nouvelle et Éternelle est le Christ Lui-même, Dieu Lui-même qui s’incarne en l’Homme, en chaque homme retourné à son cœur-centre, à sa vie en christ. « Pourquoi Dieu s’incarne en l’Homme ? C’est pour que l’Homme devienne dieu » ou, » Ce n’est plus moi qui vit c’est le Christ qui vit en moi » dit Saint Paul. » Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé. Moi qui suis la Lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres… » Jean 12, 44. « De même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie » St Paul 1 Co, 15. La croissance est la Croix du sens qui évite la chute continue et infernale dans les ténèbres.

Ce qui scelle ce troisième Arche d’Alliance ce sont les deux Commandements du Christ .Le Premier : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force ». Et le deuxième : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Au fil des générations passées , le fait d’avoir un enfant s’est substitué à la conscience de l’être ! Bon nombre d’enfants adoptés le sont par des parents qui ne sont pas des Fils adoptifs de Dieu. Ils ont été enfantés ou adoptés avec le cœur-organe et non avec le cœur- centre par des couples « victimes du sentiment », qu’ils soient hétérosexuels, homosexuels, ou tout simplement ,« animalement parlant », sexués. La procréation sans la création,  sans Son Principe créateur infini et éternel, est un acte purement animal qui demeure extérieur à la nature divino-humaine de l’Homme. Le fait d’avoir un enfant, sans son élévation à la conscience de l’être est » un crime contre l’humanité ». La liberté de l’enfant est libérations successives de sa vie; de son  conditionnement à une existence strictement matérielle.  La vie d’un enfant est une exigence en elle-même : une exigence pour lui et tous ceux qui l’entourent.

Sans le cœur- centre il ne peut y avoir de cercle familial; le fait, sans l’esprit, n’exprime nullement la réalité. C’est par le retour de l’homme au « El », à Lui en Hébreu, à Dieu, que l’Homme devient »re-El ». Il est passé de la fausseté, du mensonge de sa vie existentielle, à la réalité de la Vraie Vie et de son infinitude.

Après les Eaux libératrices et purificatrices du Baptême de Jean, la Bonté de Dieu s’accomplit dans   le Baptême dans l’Esprit, dans la Matrice de Feu de l’Arbre des séphirots ( l’Arbre de Vie) des Hébreux. La Grâce de L’Esprit Saint donne à l’esprit de l’Homme la Puissance créatrice de Son Amour. « Celui qui vient après moi, accomplira des œuvres bien plus grandes que moi » dit Jésus ; des œuvres qui vont au-delà de ce qui est accompli signifiant l’Amour infini de Dieu pour l’homme.

L’homme retrouve avec les vertus de tempérance, de clémence, de prudence, la force d’aimer la Vie dans un monde dans lequel la solidité, la fermeté, la stabilité, l’autorité de la Parole triomphent de la faiblesse humaine, de son insouciance, de son inconscience !

Sans retour à sa nature divine originelle, l’être humain devient un « animal privé de raison » selon Maître Eckhart, guidé par l’instinct de l’argent et du sexe, de la perversité et du vice. « Qui n’a ni Dieu, ni maître, a Satan pour maître » affirme Saint Augustin.

Dans le créationnisme, l’être humain perd son humanité dans une quête effrénée du progressisme de la Matière:sous couvert d’amélioration de ses conditions existentielles, la matière se substitue à l’homme, en compensation du vide qu’il génère en lui par sa fuite dans des biens matériels. L’homme matériel est esclave du fait, tombe dans le jeu du fait, « se mortifie à l’ombre du fait » dit Sénèque ; l’être spirituel, «  l’être éclairé ressuscite à la lumière de l’esprit » et retrouve la maîtrise.Le maître est celui qui reçoit la Lumière, qui la vit et la transmet dans le « Ici et Maintenant » du Seul et Véritable Maître, le Christ. « Celui qui connaît ma Parole et qui ne la vit pas est comme l’insensé qui construit sa maison sur le sable : quand le vent va souffler, la tempête va arriver, sa maison sera emportée. Quant à celui qui connaît ma Parole et qui la vit, il est comme celui qui bâtit sa maison sur le roc : quand le vent va souffler, la tempête va arriver, sa maison demeurera. »

L’Homme devient dès lors le « Compagnon du Devoir », des « deux-voirs »où l’autre est vu, non plus avec ses yeux, mais à la vision du cœur. Il participe au Grand Œuvre de Dieu, à « l’Economie de Dieu » dit Saint Paul ; dans laquelle, la Liberté est libérations successives … l ‘Égalité est unité de cœur et d’esprit ; et la Fraternité, amour inconditionnel de l’autre.

Sans l’Homme vivant dans le « secret de Dieu », là où s’accomplit le Mystère de Dieu, là où tout se crée…la « Res publica » n’est pas prête de voir le jour! Sans le plan divin il ne peut y avoir de plan humain et la diabolisation, la division sociétale n’est pas prête de s’arrêter sous couvert de revendications égotiques ; sociales pour les uns, économiques pour les autres.

La politique familiale ne s’effectue pas dans l’illusion d’un État- providence, mais grâce à la Miséricorde de Dieu. En effet, le cœur de l’homme est miséreux sans Dieu. Elle rend l’Homme vivant par l’exigence de Son Amour : Jésus, pour avoir prié pendant 40 jours dans le désert, nous prie de ne plus déserter notre cœur. L’extériorité c’est le désert ; l’intériorité c’est la richesse de la vie éternelle. « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif, car il sera devenu lui-même(elle-même) la source d’eau vive et éternelle ! » Il est «  le Chemin » qui évite de se perdre dans le désert de son existence, « la Vérié et  la Vie ».

 

« Le malheur pour l’homme c’est son inculture » dit Platon. Il est grand temps que l’école de la république informe ses enfants des chimères de la médiatisation, du chant des sirènes qui se font entendre de toutes parts, en les ramenant à «  La Fontaine » de leur culture, leur permettant d’être à nouveau fourmis au lieu d’écouter passivement les cigales ; de voir ces grenouilles politiciennes, économiques, scientifiques, qui se veulent toutes plus grosses que le bœuf ; De bien comprendre qui sont tous ces corbeaux, ces oiseaux de malheur qui ne veulent le fromage que pour eux…etc, etc.

Mais pour retrouver un cadre sociétal, il faut qu’il y ait un cadre scolaire et avant toute chose un cadre familial dans lequel l’éducation de l’enfant ne doit pas se limiter à son intellect, son éducation scolaire et universitaire ; elle doit concerner aussi et surtout sa connaissance spirituelle. Dissocier l’esprit de la matière continue à perpétrer l’ œuvre inconsciente de diabolisation des générations passées pour les générations présentes et futures. Les enfants bouddhistes apprennent à lire avec les textes du Bouddha ; les enfants juifs, avec la Torah ; les enfants musulmans, avec le Coran. Vu les résultats, dirait l’ homme réactionnel, il y a matière à discuter ! A part que, comme pour l’école de la république, un enseignant qui n’est pas maître, ne peut enseigner véritablement.

 

L’être ordinaire est sans foi ni loi disent les théologiens. Or, la foi c’est la certitude que demain sera meilleur si on y travaille. Chacun, on le sait trop bien, place « sa foi » en ceci ou en cela. Dieu, Lui, a placé Sa Foi en l’Homme, en chaque homme ; Il l’a créé à Son Image (Principe) pour qu’il vive selon Sa Ressemblance( Amour).« Ne craignez plus ! Un monde nouveau s’offre à vous » dit le Christ aux Apôtres.Nous sommes «  dans ce monde mais pas de ce monde ».Par le Christ, l’Homme quitte le monde du malheur, de la chute, pour le Royaume du Bonheur, de l’Esprit, du Souverain Bien. Il n’y a plus de bien ni de mal, il n’y a qu’à chercher à être dans l’esprit de faire le Bien : la genèse et  la création de la vie.

Dans les sociétés antérieures , les personnes âgées étaient appelées « les Anciens », les sages. Aujourd’hui ce sont « les vieux » perdant la tête car n’ayant plus de vie spirituelle, plus de partage, car plus d’amour. « Tu honoreras ton père et ta mère toute ta vie » est un commandement de Dieu. Malheureusement, depuis des générations , les jeunes se pensent et se croient meilleurs que leurs aînés. On ne peut certes pas leur en vouloir, compte tenu de l’héritage laissé par les générations précédentes. A part que tout le monde est de plus en plus condamné à se penser et à se croire parce qu’il n’est pas ; et, quand l’homme pense et croie, il condamne sa vie qui n’est pas limitée à son fait.Son orgueil condamne le monde qui l’entoure et le monde à venir.

 La première fois que l’Homme a pensé et a cru c’était au Paradis avec Adam et Eve. C’est ce qui a entraîné la chute de toute l’Humanité. Alors «  il faut cesser de penser, cesser de se limiter à sa petite pensée humaine, cela nous vaudra le glorieux privilège de disposer du pouvoir qui est en chacun de nous, et qui libère de l’esclavage du fait par l’entremise de l’esprit qui est divin ! » Khaled Bentounès Maître soufi.

Cantique de Zacharie : « Toi Seul réconcilies, Toi Seul régénères- que tes baptisés changent ce monde sans justice. »

La Famille n’est pas à reconstruire ; elle est tout simplement à construire chaque jour dans la Vérité, selon la Volonté…

Sans la vie personnelle (sa « propre vie »)dans laquelle l’Homme n’est personne sans les Trois Personnes du Père, du Fils et du Saint Esprit, il n’ y a pas de vie conjugale, familiale, amicale,matérielle, professionnelle, économique, politique, sociale, nationale, internationale, en un mot universelle. C’est le un qui établit le tout . C’est le tout qui signifie le un. Sans l’unité de cœur et d’esprit il ne peut y avoir d’unité de vie dans ce monde.Nous recherchons toujours des « êtres providentiels » dans nos existences. Nous ferions mieux d’attendre la « Venue du Christ dans Sa Gloire », Sa deuxième venue…

Les Lois du cœur et de l’esprit se placent bien au-delà des lois politiciennes des hommes.L’avenir de l’humanité passe par l’écoute de la Parole. « Que celui qui a des oreilles entende » : Apocalypse de Jean.

Tout ce temps passé, consacré à la médiatisation de notre existence, nous éloigne, nous détourne de l’initiation, du chemin culturel et cultuel qui nous ramène à la médiation de notre cœur, à l’enrichissement de notre âme et de notre esprit, nous enlevant ainsi le sens critique qui nous permet toujours de séparer « le bon grain de l’ivraie ». La médiatisation fait de nous des moutons ; la médiation, des bergers, des pasteurs…La proximité divine prépare notre âme à la vision du cœur pour la création de la vie. La médiatisation du monde nous amène à faire des constats soit purement mortifères, soit générateurs de réactions violentes tout autant mortifères, car véhiculant de la haine, des rancœurs, empêchant toute transcendance en vue du « pardon à ses ennemis ». Les dictatures se succéderont dans le monde tant que l’homme ne le regardera pas avec son cœur. « Il n’y a pas d’amour sans partage, sans pardon, sans sacrifice » dit le Christ. L’Amour de Dieu est inconditionnel. La vie des véritables Hommes est cet Océan Céleste de la Lumière  consacrée à l’amour de la création. Dieu a créé l’Homme à Son Image. Par l’Amour il vit selon Sa Ressemblance.Il a placé l’Homme au centre de Sa Création. Ce centre c’est le cœur de L’Homme. Mathieu Ricard, dans son livre « Le moine et le philosophe » nous dit un proverbe bouddhiste : « Si je mets ma goutte d’eau dans le creux d’une main, le soleil aura tôt fait de l’assécher. Mais si je mets ma goutte d’eau dans l’océan, le soleil devra assécher l’océan tout entier pour assécher ma goutte d’eau. L’évangélisation de nos vies passe par la Lumière qui se reçoit, se vit et se transmet…

Hymne dans le Magnificat d’avril 2016 :

La fontaine où tout reprend vie sur terre a fait lever un peuple, peuple de prêtres et de rois, vivant pour Dieu par le baptême.

Exultez, enfants nouveau-nés, vous êtes devenus lumière, forts de l’Esprit de sainteté, porteurs du Christ en sa victoire !

Revêtus de l’homme nouveau, parés du vêtement de noces,vous avancez vers son autel, accompagnés du chœur des anges.

LE CHEMIN

LA  SYMBOLIQUE DU VERITABLE CHEMIN 

« Lèves-toi et marches… » dit le Christ au paralytique. Tous les matins symboliquement il faut se lever et prendre son fardeau (pour ne laisser à personne de « porter » le poids de nos insouciances, inconsciences, incapacités, doutes, angoisses, soucis, contrariétés…toute sorte de fait, d’événements susceptibles de peser sur notre vie). C’est le chemin intérieur qui libère de la pesanteur et évite la « chute ». «Celui qui vient à moi verra que mon joug est facile à porter (le serviteur de Dieu) et mon fardeau léger (le don de Dieu : la charité). » Parole du Christ.

Sur le chemin nous marchons en christ avec le Christ ; c’est-à-dire avec un cœur nouveau. « A chaque jour suffit sa peine ! » : chaque nouveau jour se transforme en jour nouveau, en « lumière » nouvelle. Chaque jour (la lumière) dans sa plénitude (la suffisance –seule véritable valeur pour l’homme sorti des ténèbres) se donne à voir, à écouter, à comprendre, à vivre : le cœur est transformé en cœur nouveau. C’est dans ce but que le Christ affirme : «  Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».

La compréhension de ce chemin repose sur l’humilité, condition nécessaire à l’agir divin. Le sens du chemin va bien au-delà de sa seule conception. Il est défini par le sens de l’au-delà. Il est le sens de sa vie dans sa relation au monde. C’est le sens de l’au-delà de soi, comme du chemin, qui en définit la vérité, l’authenticité. Il ne s’effectue pas dans l’éphémère mais dans l’indéfinissable. Il obéit à une volonté tout autre que la sienne. Il est invitation à la vie pour le partage.

Ce chemin de vérité nous évite les faux chemins de la conquête de la renommée qui mènent la vie dans le tombeau de la matière. C’est le chemin de la conversion, du retour de la créature à son Créateur en passant par Sa Création. Le chemin par nature est ontologique (générateur de vie) car il se déroule dans la Nature : le « Tout » devient « un ».

Le chemin du cœur est celui qui mène au cœur de la Vie, au Sacré Cœur. La consécration de sa vie est l’établissement du sacré dans sa relation à soi comme à l’autre. Le chemin nous met en disponibilité, en capacité, de la réaliser. C’est le Chemin de l’Amour : « En celui qui garde fidèlement sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous reconnaissons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché. » 1 Jean. 2, 5-6. C’est le chemin de la passion du réveil de l’âme.

Le chemin est témoignage de la verticalité de l’être qui a franchi la porte étroite des Hommes. Il signifie le passage de l’horizontalité (la mort) à la verticalité (le mouvement, la vie). C’est le chemin de l’homme « debout » et en marche, de l’homme conscient et fermement déterminé à parcourir le chemin qui le sépare de l’autre, de Dieu en l’autre. C’est la quête du « Soi » : de cet autre moi, en moi ; comme de cet autre moi en l’autre. Le but du chemin c’est la rencontre de l’autre grâce aux retrouvailles de soi. Le chemin est une résurrection de l’unité rétablie en soi pour pouvoir s’unir à l’autre. Ce chemin de l’Amour est le chemin du partage, du pardon et du sacrifice : tout ce qui nous est donné de recevoir est à donner à vivre. Le Chemin n’est pas « mon » chemin ; il est la possibilité offerte pour tous de se mettre en chemin. Isaïe 55, « Cherchez le Seigneur tant qu’Il se laisse trouver. Invoquez-Le tant qu’Il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme pervers ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées au-dessus de vos pensées.» Être en chemin c’est marcher vers le devenir de l’Être ; c’est être en devenir. C’est le chemin de l’intention permanente, de l’attention constante intérieure, de la méditation, de la prière.

Le chemin est une Grâce de la miséricorde et une icône de la résurrection. L’Initié, l’homme ayant reçu la Lumière, quitte les ténèbres de la matérialité et marche en conscience vers son être spirituel : le retour à l’image (la pureté par le détachement) le mène à la ressemblance (l’amour inconditionnel).

Ayant quitté les chemins de l’absence, le « chemin »  mène au cœur de la présence …

MEDITATION DE PÂQUES

Tandis que la Nature explose à l’arrivée du printemps, l’Homme retrouve la Paix de la Résurrection.

Le combat de l’ « hiver », de la vie contre la mort est terminé. La conversion est accomplie : le Vivant de toute éternité a accompli l’éternité pour les vivants !

Le bois du supplice s’est transformé au cœur de l’Homme en Arbre de l’Éternel Printemps de la Vie.

 

LE MARIAGE

C’est l’âge de se marier… Le temps venu de témoigner dans sa relation à l’autre d’une croissance (un ordre de grandeur et non une grandeur) suffisante pour faire naître la vie dans sa relation à soi comme à l’autre ; « il faut se laisser pénétrer du Yod de la Semence divine et la laisser croître en nous » dit Annick de Souzenelle. Dieu se fait tout petit en l’homme pour que l’homme devienne grand. Tel est le mystère de l’Incarnation qui renferme le mystère de la vie, de l’évolution de la nature humaine…

L’enfant est le symbole de «  l’humain » : il renferme en lui la potentialité des valeurs morales de justice, de tempérance, de prudence et de force, rappelées et données par l’éducation parentale, par les parents, ceux qui se sont rendus ensemble au Père, ceux qui se sont rendus à la Justice pour devenir bons. Les valeurs morales sous tendent les vertus théologales d’Espérance, de Foi et de Charité. L’enfant naît pur et ne devient impur que sous l’influence de la matérialité de son existence si ses parents ne veillent pas à ce qu’il demeure dans l’esprit en suivant la Loi de l’Esprit qui le met sans cesse dans l’écoute et la vision  de l’amour.

Il est donc nécessaire à l’humain qui est dans la chute, dans le conditionnement de sa vie à la matière, de retourner au divin qui est en lui ; il redevient Homme, créé à l’Image de Dieu, pour marcher vers Sa Ressemblance sur le Chemin de l’Amour, de l’acte créateur constant et permanent et pas que procréateur. « L’éros sexuel (l’étreinte entre deux créatures) sans l’amour (l’Eros) n’est qu’animal ; et, avec lui, sacré. », dit Annick de Souzenelle. Le faire divin est ce qui crée (le sacré) la vie dans la création. C’est consacrer sa vie (par la Grace de l’Esprit) à la création.

Plus que jamais aujourd’hui, l’avoir l’emporte sur l’être par une quête effrénée du besoin de posséder pour tenter de combler les vides croissants de soi, en soi, pour soi comme pour l’autre. La fuite perpétuelle dans la matérialité a pour but de mettre l’homme en exil de son intériorité, de sa capacité à se vivre pour pouvoir vivre l’autre. Aujourd’hui,  les enfants naissent toujours plus « en exil », c’est-à-dire en dehors de toute écoute, vision, compréhension de ce qu’il est juste et bon pour l’homme d’être, de dire, de faire…

Faire naître des enfants à la vie ne signifie pas, malheureusement pour eux, être capable de faire naître de la vie en eux, pour eux. Une naissance limitée à l’acte procréateur d’une progéniture  fait  de cette nouvelle créature un enfant de l’homme et non un Fils de l’Homme! Ces troubles mentaux, comportementaux, psycho- affectifs ne sont que le reflet du vide, du manque d’amour de ses parents et bien avant eux de leurs arrières- arrières grands-parents…La chute de l’homme continue !

Sans le retour à la Terre sainte de son intériorité, l’homme perd son âme et son esprit dans les goûts, les envies, les besoins d’une psyché de plus en plus infantile. L’éducation se voulant la meilleure possible ne peut remplacer l’élévation. Sans la croissance, la verticalité de l’homme, son élévation, son évolution, cet enfant ne peut progresser et comme le dit Confucius : « Qui ne progresse pas chaque jour, régresse chaque jour. » Le progressisme promis par les gens de la « res publica » n’est que le progrès du cynisme, du détournement des lois originelles nécessaires à la vie de l’homme, voire de leur renoncement catégorique par le reniement des lois de la vie et de la nature, pour faire des lois à des fins strictement politiciennes et/ou mercantiles . L’homme n’a toujours pas fait son écologie : le travail de purification de son âme, de son esprit, de sa vie. Il ne cesse de créer des pollutions qui sont d’abord mentales, comportementales, conjugales, familiales, physiques à travers tout un tas de sorte d’abus, dont il ferait bien de s’occuper tout en s’occupant, bien sûr mais pas seulement, de celles de la planète. La preuve de l’amour c’est le témoignage et « charité bien ordonnée commence par soi-même » !

Le formatage collectif aux goûts et aux envies de quelques uns, aux besoins de reconnaissance de ceux qui ne sont pas dans la Connaissance (dans la capacité à faire naître en eux comme autour d’eux de la vie) génère un obscurantisme personnel, une occultation des capacités intrinsèque de chacun, pour valoriser toujours l’apparition d’un être qui présiderait aux destinées de tous ou d’un état carrément providentiel. Or toutes les « grandes civilisations », grecque, romaine, inca…etc , toute ces « démocraties », ces « républiques » ont disparues du fait de leur manque de Sagesse, qui n’est pas la rationalité, et d’Amour. Le normatif n’est qu’une acceptation de ce qui apparaît comme normal ; en aucun cas le témoignage du recours aux normes ontologiques (aux lois créatrices de vie) que l’homme reçoit au cœur de lui-même de l’Esprit universel des Sages, des Maîtres, des Prophètes, des Saints, de toutes les cultures et les traditions. L’Ego, l’orgueil de l’homme l’amène à renier Dieu pour pouvoir se croire dieu. Il veut profiter de la satanée triade (du satan diabolique : principe diviseur, séparateur) : jouissance,  possession, pouvoir. Le sentiment est humain ; l’Amour est divin. Le sentiment c’est ce qui ment. L’Amour est Vérité car il est seul créateur de vie. Il est source de vie constante, éternelle car il est le seul sens de l’Au-delà. Confucius rappelle que « celui dont la clairvoyance ne s’étend pas loin sera bientôt dans l’embarras ». « L’être ordinaire se mortifie à l’ombre du fait, l’être éclairé ressuscite à la lumière de l’esprit » dit Sénèque.  L’homme dans le fait raisonne à partir du fait ; l’homme dans l’esprit cherche à la lumière de son cœur ce qu’il est juste et bon d’être, de dire, de faire pour créer de la vie.

Le désir d’un enfant le fait naître « en exil » si aucun désir de vie pour cet enfant ne l’entoure. C’est la présence de ses parents unis dans leur principe masculin et féminin, homme comme femme, dans cette union retrouvée entre leur être extérieur et intérieur, dans ces épousailles de la vie retrouvée, sauvée de la séparation de ces deux entités énergétiques, de cet Adam retrouvant son Ève pour ne faire plus qu’un, que l’enfant divin (le Fils de l’Homme) peut naître pour que vive l’enfant extérieur (l’enfant de l’homme), fruit de cette union dans l’esprit comme dans le fait. La mort de cet enfant divin a pour conséquence la mort de la vie de cet enfant extérieur ; vie qui n’est pas limitée à son fait. La présence de ses parents, de ses parents en esprit, le font naître en devenir. Sa vie devient dès lors perfection dans sa relation à lui comme à l’autre, selon la Loi : « Aime ton prochain comme toi-même ». Sans l’accession à la Lumière de son cœur, à cette Lumière divine, de création, l’enfant n’accèdera pas au 7e jour de sa création (le 7, le chiffre de la perfection). Occultant sa nature divine originelle d’être créateur dans la création, il retournera au 6e jour de sa créature dont la potentialité inaccomplie le range au rang des animaux. Le détournement par l’homme de ces lois ontologiques l’amène à opter pour des lois à la source d’une véritable jungle, avec la bonne conscience d’en mettre quelques uns en cage. L’humanité devient de plus en plus un cirque, mais sans « la piste aux étoiles » ! Le culte retrouvé de divinités, à travers l’affairisme désinformateur, coupant l’être de l’information de son cœur, permet le plus grand reniement de Dieu, du Principe unificateur des êtres de Sa Création. L’humain, demeurant extérieur à lui fait le choix délibéré du « diabolos » des grecs, de la division, de la séparation, dans une soif de plus en plus inassouvie du « par rapport », au détriment « du pour », signifié par les oppositions, les réactions.

Pour faire naître des enfants à la vie nous avons maintenant recours pour ceux qui ne sont pas capables, ou pire qui ne s’en croient pas,  à un assistanat politique et médical. L’homme n’œuvrant plus dans l’amour, sa vie vide d’un esprit qui lui est propre, perd sa raison d’être à la recherche de systèmes compensatoires qui l’avilissent en le rendant de plus en plus indigne. Esclave de ses goûts, de ses envies, de ses besoins, dont il ne maîtrise ni le sens, ni la portée, il vit le « après moi, le déluge ! » malgré Noë et le premier Arche d’Alliance depuis la chute. Malheureusement la chute continue et le déluge aussi.

 L’un des textes fondateurs de toute civilisation, diront certains, est le récit biblique d’Adam et Ève. C’est le récit de l’Androgynie originelle, qui n’est pas que physique, comme aujourd’hui, mais essentiellement spirituelle c’est-à-dire génératrice et créatrice de vie. Le sens de « la côte d’Adam à partir de laquelle Ève aurait été créée » n’a de sens que de séparer le côté masculin du côté féminin de chaque être en vue de la reconnaissance de ces deux principes dans le face à face à l’autre pour ne faire qu’une seule chair (ce qui est cher au regard de Dieu) et laisser s’établir l’Unique dans la grâce de l’unité. L’Homme et la femme côte à côte, ne faisant qu’une seule chair, sont seuls à pouvoir enfanter, à leur tour, l’Image, et pouvoir la guider ensemble sur le chemin de la ressemblance. C’est sa ressemblance dans l’amour de Dieu qui propulse l’enfant dan le bonheur de ressembler au Père comme à la Mère. Tel est le sens de la vie éternelle. Malheureusement l’homme s’oriente de plus en plus vers une sexualité animale et n’est plus sexuellement spiritualisé. C’est parce que l’homme aime son principe féminin et que la femme aime son principe masculin qu’il peut le reconnaître dans l’intimité de l’autre quand l’armure du faux chevalier tombe. Cette reconnaissance du lien intime de la vie en soi comme en l’autre, sans privilégier un principe (masculin ou féminin) plus que l’autre, a pour but la création de la vie dans la Création et pas que la procréation . Il nécessite la présence de l’Être dans le renoncement de l’Ego qui conditionne la vie au besoin d’avoir. C’est l’absence de connaissance qui conduit l’homme vers un besoin constant de reconnaissance ! La thématique du chapitre de la Genèse d’Adam et Ève est celle de la tension existentielle entre  la nécessité de la loi- qui rend les relations possibles et structure l’être humain –et l’incapacité foncière de l’être humain à s’y plier. L’intention profonde n’est pas d’expliquer comment le monde en est arrivé à une telle comédie sociale,  mais à mettre à nu les circonstances qui mènent, partout et de tout temps (ce n’est pas d’aujourd’hui !), à la transgression, ainsi que les conséquences qui en découlent. Les conséquences de la transgression se résument dans la notion d’aliénation. Quand l’être humain ne reconnaît pas les limites qui lui sont imposées dans le cadre de la vie défini par la Loi (« l’Arbre de la Connaissance du Jardin d’Éden», les relations se disloquent : relations avec Dieu, qui n’est non seulement plus reconnu mais renié, et par voie de conséquence, dans le couple, entre êtres humains et animaux et avec la nature entière.

 Le détournement de sa nature originelle, « quand le cœur s’en va où la passion l’entraine », dit Confucius, écarte pour l’homme toute possibilité de maintenir l’équilibre et l’harmonie entre son esprit, son âme et son corps, comme dans sa relation à l’autre par voie de conséquence. «  Point de salut sans combat dans son intériorité » dit Saint Augustin ; l’existence n’étant que le reflet de la vie intérieure cette absence d’équilibre dans sa relation à soi ne peut que se traduire par un déséquilibre relationnel au monde environnant. Sans l’unité en soi il ne peut y avoir d’unité dans sa relation à l’autre. C’est pourquoi les lois sociales ne sont pas là pour garantir un ordre naturel des choses, mais sous tendues par l’égo de l’humain à en justifier son détournement par une recherche d’intérêts et de compromissions qui dépassent de plus en plus l’entendement. Coupé du mystère de l’Incarnation, l’humain, étranger aux lois ontologiques, adopte un comportement de plus en plus étrange, étranger à ce qu’il est sensé être originellement. Coupé de Dieu, il se coupe de Son Fils, de sa capacité à recevoir l’Esprit Saint, de tout principe créateur. L’union à Dieu seule, permet l’union entre les êtres et évite les désunions, les divorces, par la capacité à vivre toujours dans l’au-delà, à ne plus « mortifier sa vie à l’ombre du fait, mais à ressusciter à la lumière de l’esprit », comme dit Sénèque dans « la vie heureuse ». Seules les lois universelles de sagesse et d’amour peuvent garantir dans leur application inconditionnelle l’unité entre les êtres. Le culte de la précipitation dans le temporel efface de l’esprit de l’homme le sens de l’universel et la paix qui en découle.

Les voiles se lèvent de plus en plus des comportements inversés masculin comme féminin depuis des générations qui n’ont cessé de traverser l’existence dans le jeu compensatoire  insensé (vide de sens) de la perte de capacité de chaque homme et de chaque femme à se vivre comme tel dans sa relation à lui ou à elle, comme à l’autre. Le détournement de sa réalité première l’empêche de vivre toute autre réalité. La complicité de deux êtres ne s’établit qu’à travers leur complémentarité et non leur quête d’égalité ou de liberté. L’une se situant dans l’établissement du « pour l’un comme pour l’autre » ; les deux autres dans « le vécu de l’un par rapport à l’autre ». Les déviances sexuelles ne doivent nullement être jugées ou condamnées mais comprises comme émanant d’une multitude de compensations, le plus souvent inconscientes, depuis des générations. Seul le retournement aux lois d’amour et de sagesse amène l’homme à se rendre à la Justice divine pour que la vie lui soit rendue dans tous ses principes. La vie émane de son cœur et permet à l’homme de passer de la créature à l’être créateur…

La vie mariale (la vie en « Marie ») crée le Matriarcat qui préside au Patriarcat ; la mère et le père, archétypes ontologiques, créent les conditions de l’Alliance retrouvée. Chaque être, homme comme femme, vivant centré sur lui, vit en Mère – réceptacle de la Lumière divine – et en Père – émetteur de cette Lumière. « L’anneau d’or » (le métal le plus pur signifiant dans sa circonvolution – le cercle- l’esprit de l’universalité) repasse au doigt de celui et de celle qui retendent leur main vers Dieu, espérant recevoir la Grace d’aimer. Le paradigme fondamental de l’ontologique est l’Amour ! Le sentiment est humain et s’accompagne régulièrement de ressentiments qui ne manquent jamais de lui faire suite. Seul l’amour est créateur de vie.

Faire naître un enfant à la vie a pour corollaire ontologique, naturel à l’homme, de faire naître de la vie en cet enfant. Malheureusement le fait d’avoir un enfant occulte souvent de par son entourage sa capacité à être. Ainsi le fait d’avoir un enfant, comme de l’adopter, ne signifie pas toujours pour lui de la part de ses parents la capacité à s’aimer véritablement pour l’aimer selon la Loi : « Aime ton prochain comme toi-même ». La preuve de l’amour étant le témoignage de l’écoute, de la vision, de la compréhension de ce qu’il est juste et bon d’être, de dire, de faire pour soi comme pour l’autre. Aucun père ni aucune mère ne peut demander à son enfant ce qu’il n’exige pas de lui-même ou d’elle-même. L’absence de stérilité biologique n’exclut pas la stérilité ontologique. C’est une des raisons pour lesquelles la stérilité masculine augmente dans nos civilisations existentialistes, matérialistes. La femme étant amenée à vivre de plus en plus à travers son être extérieur, son principe masculin, elle se détourne de son principe intérieur féminin. L’homme de l’exil, à tendance à se féminiser, dans un rapport de force, de volonté, de courage, de responsabilité qu’il abandonne. « L’homme en exil est un divorcé de sa vie » dit A. De Souzenelle. Il ne peut donc que se séparer de l’autre ! « L’homme ordinaire est en vie ; seul le sage est vivant » dit Confucius. Le sage étant celui redevenu capable de vivre l’intériorité de sa vie. Interrogeons- nous : ne sommes nous pas des tueurs, souvent les premiers auteurs inconscients de nos meurtres ? Le premier homme né dan cette situation d’exil, Qaïn, se vit en rapport de force avec son frère et le tue. Les villes qu’il construit, les civilisations qu’il édifie, si admirables soient-elles, les systèmes philosophiques érigés en certitudes auxquelles il oblige, les découvertes scientifiques dont il ne contrôle plus les applications, l’ensemble de ses œuvres mues par un orgueil insensé qui préside à son illusion d’être devenu Dieu, tout est source de mort. Que d’êtres sacrifiés dans les retombées ignorées des lois ontologiques transgressées ! Paradoxe absolu qui n’est autre que l’affrontement de nos deux natures en chacun de nous : l’homme animal a si peur de l’autre, l’Homme ontologique présent en lui, et dont il a la nostalgie et qu’en même temps il redoute. L’homme en exil a peur. L’homme en devenir n’a que de la volonté et du courage pour « courir le risque d’aimer » en apôtre du Christ vivant et ressuscité en lui. Qui sait aujourd’hui que, dans sa liberté fondamentale, l’homme a choisi l’éloignement de Dieu, et donc l’ignorance, la douleur et la mort ? Sa relation magique au Dieu tout extérieur à lui, qu’il s’appelle Bouddha, Jésus, Mahomet ou Shiva, Incarnations vivantes qu’il s’invente toutes puissantes pour les convoquer, dans ses croyances, à l’obligation de l’arracher à son drame, cette relation illusoire continue  de s’effondrer au fil du temps ; ayant perdu la foi en lui autrement dit la Foi que Dieu place en lui. Mais avec elle s’effondre toute relation car, incapable de se reconnaître responsable de ses maux et d’accepter une autre logique que la sienne qui n’est qu’intellectuelle ou basée sur l’affect ou le non-affect, le Logos (le vécu selon la Parole de Dieu) qui le conduirait vers Dieu, il rejette Dieu. Par rapport à l’infantilisme primaire du concept qu’il a encore de Dieu, il est de plus en plus dans une phase réactionnelle de même niveau, car c’est avoir encore un concept de Dieu que de se penser capable de pouvoir le rejeter. Et la mort continue de mordre en l’homme son cœur enveloppé des voiles de son égo qui le sécurisent faussement pour mieux étouffer sa vie. Il ne pose sur ses épaules que les têtes illusoires des nouveaux principes que lui dictent ses éthiques, ses idéaux, ses désirs, momentanés, les projections mentales inconscientes que lui fixent les buts qu’il donne à sa vie animale, tout objet derrière lequel il se cache. L’Histoire d’Adam et Ève cachant leur sexe, devenu symbole de la honte, derrière la feuille du figuier, après avoir abandonné l’Arbre de la Connaissance se répète sans fin… Heureusement pour l’homme que dans sa vie animale se déploie une présence divine, subtile, aimante et aimantant la vie insensée, inconsciente de l’homme vers une proposition de sens et de conscience. Ce sont les deux mains tendues de Dieu, les deux branches de l’Aimant, qui redonnent à l’homme le signe de l’Espérance, de l’Attente de Dieu de l’Homme au Ciel, au Royaume de l’Esprit, de son salut et de sa sortie du monde. Pour cela l’homme perdu dans les ténèbres du fait a souvent recours à un être ou plusieurs êtres charismatiques qui, vouant entièrement leur vie à Dieu, sont les témoins de Sa Présence sur terre et frappent à la porte du cœur de ceux qui ont des oreilles pour entendre, comme dit Jean à chaque chapitre de son Apocalypse. Si l’homme ne révèle (apocalypse) pas de la vie, c’est la maladie et la  mort qui se révèlent à travers lui ! Tout apôtre du Christ est un Être sauvé pour être sauveur. « Qui m’aime me suive » a dit le Christ aux Apôtres : celui qui s’aime peut aimer, créer de la vie. « Quant aux autres laissez les morts (à l’écoute, à la vision) enterrer les morts ». Parce que l’homme n’est pas entré dans une dimension d’Homme, il ne peut faire naître son Fils intérieur et son enfant extérieur alors meurt. C’est la croissance de la Semence divine en l’Homme qui fait naître en lui, pour lui comme pour le monde qui l’entoure une grandeur d’âme et d’esprit. Sans l’Amour de Dieu pour l’homme sa vie est stérile et mortifère, perdant le Sens jusqu’à ne plus avoir de sens. Nous assistons à une fin d’humanité mais pas de l’Humanité. « Beaucoup d’appelés, peu d’élus » dit la Bible. La multitude des Êtres concerne tous ceux qui vivent en symbiose dans le passé comme le présent et l’avenir.  La loi du nombre ( de la troupe) dans leurs différentes manifestations n’a pour but qu’un besoin de reconnaissance généré par leur peur de la solitude. La solitude pour l’être spirituel est tout autre ; elle est l’attitude du Seul, de l’Unique : de l’Être dans son face à face à Dieu. Le sentiment de solitude de l’être humain n’est procuré que par l’absence de Dieu dans le cœur et l’esprit de celui qui s’en est détourné librement. C’est le renoncement à son libre-arbitre qui l’attache à son égo, qui le libère et le fait sortir de son esclavage. Ainsi peu d’êtres se rendent capables d’élire l’Amour dans leur cœur, la Sagesse dans leur esprit et tant que l’homme se pensera, il ne sera pas. Tel est le sens de l’homme redevenu Être. Seule l’humilité (l’humus, la terre fertile de la spiritualité) rend possible la Semence divine et lui permet de croître en chaque homme qui en fait preuve ; sa vie en témoigne.

 Les lois du cœur et de l’esprit sont les cadres de la vie sociologique –et non sociale qui en découle-les sources de la vie en société. Or le microcosme de la société c’est la famille. L’absence ou la déstructuration de la famille détruisent la société. Sans le microcosme il n’y a plus de macrocosme. Les lois de la famille encadrent le temps présent- le temps défini par la présence d’esprit des parents à travers l’esprit de leurs enfants. Sans ce temps présent il n’y a pas de devenir pour eux possible. Elles sont le garant de la Culture et de la Tradition, en reconnaissance d’un aujourd’hui fruit du passé, et source d’un futur possible, à la lumière de l’éternel recommencement de l’humanité. Elles garantissent la maîtrise et la confiance pour tous. L’Homme ne retrouve la Foi (la certitude) que par la Grace de l’Amour témoignant de la Loi : « Aides-toi et le Ciel t’aidera ».

 La véritable Filiation est une filiation spirituelle de l’homme, sans laquelle il meurt à toute autre filiation possible. Il est donc temps pour l’homme qu’il retrouve le chemin de son cœur car il est la source de la vraie vie pour la création. Le mariage est pour cela le garant de la Tradition judéo-chrétienne avec  toutes les autres traditions et cultures depuis la nuit des temps. Mais qui dit Culture et Tradition dit conservation du passé dans le  présent pour l’avenir. La matérialité de la vie par des goûts, des envies, des besoins temporels mène l’homme dans le «diabolos » des grecs,  le diviseur, le séparateur. La vie spirituelle de l’homme le transforme en « monos », en unificateur. Le retour à la Terre Sainte de son intériorité (Ancien Testament) en suivant les Sages et les Prophètes, jusqu’à la Jérusalem terrestre de son cœur, dans lequel il pénètre en christ, fait de l’homme comme de la femme une épousée du Christ, de Dieu, l’Époux. Sauvé de notre attachement au fait, de notre esclavage en terre d’exil, notre vie en christ voit et témoigne du Sauveur de l’humanité. Le mariage témoigne véritablement des épousailles et de toutes leurs promesses de Vraie Vie. S’il est un engagement dans la dignité de l’Image retrouvée, le mariage est sens de la Prière de Dieu pour l’homme : «  Partout où vous vous réunirez en mon Nom, Je serai parmi vous ». Sans le recours au bon sens de l’Homme, l’humain tombe de plus en plus dans l’insensé ; et au lieu de créer de la vie, se créent à travers lui le mal, la maladie et la mort…

Les lois sociales ne sont que temporelles et non éternelles et ne servent qu’à promouvoir l’égo de l’homme et son cortège d’involutions, de régressions qu’il se plaît à nommer pourtant comme acceptation d’une soi-disant évolution. Tout devient illusion, songe et mensonge, virtuel et non réel (re-El, Lui, Dieu en Hébreu) car séparé de la nature originelle de l’Homme, ontologique (génératrice de vie) c’est-à-dire divine, éternelle.

Le mariage véritable (dans l’esprit) est le témoignage de l’amour de l’homme pour la Vie et de sa volonté de le partager, selon la Parole du Christ : « Il n’y a pas d’amour sans partage, sans pardon, sans sacrifice (sa capacité à faire le sacré-ce qui crée) ».  Or, qu’y a-t-il de plus sacré que la Vie ? Et renaître à la Vraie Vie c’est retrouver la capacité à faire naître la vie dans le « Ici et Maintenant » du Christ.

Le mariage avec l’autre est un engagement avec l’autre pour la Vie, pour sa création dans la Transcendance, dans un au-delà qui ne le limite plus, qui ne l’enferme pas dans des concepts, au nom de leur nouveauté, mais le libère. Il est volonté créatrice au-delà de la procréation. La véritable volonté c’est de ne plus avoir de volonté pour que la Volonté puisse s’accomplir !

 La vocation de l’homme à Dieu, au Principe Créateur de toute chose, fait de l’Homme en croissance un roi- prêtre et prophète, patriarche dans sa famille vivante en esprit, sauveur d’une humanité perdant son âme dans des lois humanistes, qui sont autant de chemins qui mènent à l’inconscient collectif en cherchant à perdre celui qui n’est personne sans les Trois Personnes : le Père- le Fils et le Saint-Esprit.  

Toute loi humaine n’a de sens (de valeur) que dans le respect de la Sainte Loi. En dehors d’Elle toute décision n’est que la traduction de la dégénérescence et de la décadence constante de l’humanité. « Toi, dis le Christ, qui accomplis tes devoirs dans le respect des Droits de l’homme, sans l’amour tu n’es qu’un serviteur inutile »… L’Amour n’a pour but que d’éviter à l’homme de privilégier le sentiment qui préside à ce monde de pleurs et de grincements de dents.

Que l’homme retourne à la Vraie Vie, en suivant le Christ (en vivant en christ) affirmant : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » et l’humanité et ses enfants sera sauvée… De personnelles que sont ces énergies au départ du chemin, elles touchent soudain au collectif, car plus l’Homme s’accomplit et tend à l’unité, plus il devient universel. En « Terre promise » qui recèle le Noyau de l’Être, il libère l’énergie nucléaire qu’il est et devient YHWH, « Je Suis », l’ultime Réel, la Vérité, Un avec tous, pour tous. L’Homme repositionné à la verticale de l’Arbre de la Connaissance est connaissance totale…

 

LA RESURRECTION

La résurrection signifie le renouveau, la renaissance, le printemps de la vie, le retour à la beauté de la vie originelle .

La résurrection rythme le retour à la Réalité de la Vie. C’est l’éveil de tout ce qui sommeillait en nous et qui n’était pas encore manifesté.

La résurrection est le salaire de la foi. Elle témoigne du salut toujours possible en condamnant la mort du fait. La Résurrection du Christ manifeste l’Amour de Dieu au-delà de la mort dans le principe de la Vie : l’éternité. La Résurrection justifie le chemin de l’ Evangile qui ramène le pèlerin à la vraie vie. Par Sa Vie, Sa Mort et Sa Résurrection, réunies dans le principe d’unité de l’Esprit de Dieu, le Christ est la manifestation de l’immortalité.

La mort pour le chrétien n’est pas naturelle, ce n’est pas une fatalité mais une ascèse nécessaire de l’appartenance pour connaître la liberté. Pour comprendre la mort il faut saisir la globalité de la vie. L’ego sépare le corps de l’âme  et de l’esprit.

Le Christ n’appartient pas au passé, Il est nôtre avenir au-delà de ce que nous pouvons être. Il est la promesse qui (qu’Il) nous est donnée de vivre. Intégrer la Vie c’est accomplir sa vie dans sa plénitude à l’image du Christ. Le but de la vie c’est la Vie. Ne plus s’appartenir pour appartenir à la Vie.

Vivre la résurrection c’est quitter son enveloppe charnelle pour prendre corps à la vie en faisant corps avec le Christ. Le corps vivant est le corps dans sa plénitude. Le corps est tout ce qui prend forme, tout ce qui a du sens, tout ce qui génère la vie par la transcendance du fait. Le corps est tout ce qui donne de la consistance à nôtre vie. La chair c’est le noyau de cette vie que renferme le corps. C’est parce que  la chair est tellement chère à nôtre cœur que l’Amour triomphera toujours de la mort. La mort c’est la rupture avec le «  Je suis »,Yahvé, le Nom qui nous donne un autre nom : celui de Vivant. La mort c’est l’absence totale de foi. La Miséricorde de Dieu c’est Sa Foi et son Amour qu’IL place en l’homme pour le rétablir dans son intégrité. Le corps vivant c’est le corps dans la plénitude du « Je suis » ; le Je et l’Etre c’est Jésus. L’Alliance du Non-manifesté et du manifesté. La mort c’est la rupture avec le je suis, le corps fondamental. Dieu est le fondement de ce qui prend corps, de ce qui fait corps. Ce qui prend corps c’est ce qui prend du sens ; le sens de la vie c’est le retour à Dieu. Le sens de la résurrection c’est le passage du fait à l’Esprit. L’abandon de l’ego pour que la Volonté de Dieu s’accomplisse transforme le cœur de l’homme en véritable réceptacle de l’Esprit Saint, ferment de la vie nouvelle. L’humilité, la simplicité, sont les conditions nécessaires pour participer, dès maintenant, à la vie du Christ.

Le scandale de la chute (et non sa tragédie), tient à la résignation. L’innocence et non l’inconscience permet au corps de devenir adulte et ainsi de faire l’expérience de la création, comme un enfant dans sa pureté fait l’expérience de la vie. Le mystère de la résurrection se révèle dans la désaliénation au moi pour appartenir à la vie. Le Christ est celui par qui l’orgueil est terrassé. La résurrection est le fondement de la Parole de l’Evangile. La Parole est la preuve de la Résurrection. La Vérité tient au triomphe de l’Esprit sur le fait, de la Vie sur la mort.

Le christ par sa mort, en terrassant l’orgueil, nous a donné un nouveau corps. Thomas en voulant voir le cadavre du Christ touche à la résurrection. C’est le passage de la vue à la vision, le témoignage du retour au non-manifesté, de la Présence de la Sur-nature au- delà de la nature. La Résurrection transforme la vue obscure du fait en vision claire de l’Esprit. Elle manifeste le point de  rencontre de la Volonté de Dieu sur terre comme au ciel. Le Royaume, la vision de Dieu et l’union à Christ sont les privilèges du vouloir.

Grâce à la Résurrection du Christ le mur de la séparation disparaît. Ainsi le « Ou » s’efface devant le « Et ». L’Unité entre les deux mondes est rétablie. L’Œuvre de la Résurrection nécessite du temps ; le temps de l’accueil, de la culture de la Parole, de la conscience universelle pour préparer Nôtre résurrection, la Résurrection du Corps que nous formons avec l’Autre. En effet le salut passe par l’Autre. Saluer l’Autre c’est témoigner le Vivant dans l’autre. Comprendre le Mystère de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ c’est intégrer à sa propre vie son message d’Amour universel, en ne laissant personne sur le bord du chemin. Saluer l’Autre est une bénédiction qui témoigne de la victoire de l’Espérance sur le désespoir, de la Transfiguration sur l’imagination. Nous nous sauvons en saluant l’Autre, en mettant en lui toute nôtre espérance, en rompant avec la tragédie de nôtre ego.

Pour le chrétien la mort n’est pas naturelle ! C’est son espérance de vie nouvelle. Sa première mort et résurrection c’est le baptême : de l’immersion du vieil homme émerge l’homme nouveau, purifié pour vivre avec le Christ. Par l’onction il reçoit l’Esprit saint et se trouve transformé. Par l’eucharistie il fait corps avec la vie du Christ : la Vie en Christ, grâce à ces trois sacrements, c’est quand le Christ vit en soi. Le « Ici et maintenant » du Christ est ainsi accompli pour vivre la Beauté de sa Vie (Sa plénitude), la sagesse de Sa Passion, la promesse de sa Résurrection dans la mort.

Dieu aime tous les siens. Les athées comme les croyants seront ressuscités mais seuls les témoins de Son Amour vivront dans la Béatitude. Dès cette vie sur terre il nous faut affirmer la Volonté de Dieu, pour que Sa Volonté s’accomplisse.

La Parole bénit, affirme, confirme le salut… (Le Verbe incarné, Sa Vie, Sa mort et Sa Résurrection, les Apôtres et tous les Saints et maintenant nous-mêmes pour  donner un sens à nôtre vie).La vie nouvelle est une vie conforme à nôtre nature profonde, à nôtre essence et non nôtre apparence. C’est le point de rencontre de sa nature humaine exempte de tout pêché, et de sa nature divine. La résurrection n’est pas seulement fait, elle est porte de passage où nous recevons de nouveaux dons, de nouvelles possibilités de vie.

Saint Grégoire Palamas dit dans son Homélie sur la Transfiguration : « La lumière de la Transfiguration du Seigneur n’a pas  commencé et n’a pas pris fin, elle resta incirconscrite (dans l’espace) et imperceptible pour les sens, bien qu’elle fut contemplée par les yeux corporels… Mais par une transmutation de leur sens les disciples du Seigneur passèrent de la chair à l’Esprit ». Pour voir la Lumière divine avec les yeux corporels, comme l’ont vu les disciples sur le Mont Thabor, il faut participer à cette lumière, être transformé par elle dans une mesure plus ou moins grande ; Dans une autre Homélie, Saint Grégoire de Théssalonique dit : « Celui qui participe à l’ énergie divine devient lui-même Lumière ; il est uni à la Lumière, et avec la Lumière il voit, en pleine conscience, tout ce qui reste caché à ceux qui ne reçoivent pas cette grâce ».

De l’image de l’Homme créé par Dieu, en passant par la création de l’Homme à Sa Ressemblance, la Résurrection participe au Principe du retour à la vie éternelle auprès de Dieu, à l’accomplissement total du renouveau perpétuel de la Vie. Vie éternelle ou vie n’ayant plus besoin d’être renouvelée puisqu’à La Source, elle est devenue en Unité, Source de Vie.